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يهوذا الإسخريوطي، أحد الاثني عشر

يُدرس في هذا المقال يهوذا الإسخريوطي، المشهور بخيانته، ويستكشف المقال اختياره واحدًا من الرسل الاثني عشر والتبعات اللاهوتية لهذه الخيانة. يثير النص أسئلة حول العلم المسبق الإلهي وتمام الكتب والمسؤولية الإنسانية، معتمدًا على الأناجيل ومحلّلًا الدوافع المحتملة ليهوذا.

63 دقيقة يهوذا الإسخريوطي خيانة رسل 91 آية 14 سفرًا

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مقدمة

إن شخصية يهوذا الإسخريوطي تثير منذ زمن طويل أسئلة كثيرة. فقد صار اسمه شبه مرادف للخيانة، حتى إن وجوده بين التلاميذ الاثني عشر قد يبدو عسير الفهم. كيف استطاع المسيح يسوع أن يختار رجلًا سيُسلمه؟ هل فوجئ بتصرفه، أم كان يعرف منذ البدء نهاية هذه القصة؟ تمسّ هذه الأسئلة شخص يهوذا، ورسالة يسوع، وتمام الكتب، والعلم المسبق الإلهي، والمسؤولية الإنسانية.

Dans cette étude, nous chercherons à examiner les principales données bibliques concernant Judas l’Iscariote. Nous verrons ce que les Évangiles disent réellement de lui, quelles motivations ont pu contribuer à sa trahison, comment comprendre le rôle des principaux sacrificateurs, ce que représentent les trente pièces d’argent, et de quelle manière concilier les récits de sa mort ainsi que ceux concernant l’achat du champ du sang. Enfin, nous tenterons de répondre à la question centrale : le Messie Jésus savait-il que Judas allait le trahir lorsqu’il l’a choisi parmi les douze (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.64, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.70-71) ?

أولًا: يهوذا بين الاثني عشر

Judas l’Iscariote fait pleinement partie du groupe des douze choisis par Jésus. Son nom apparaît dans les listes apostoliques données par les Évangiles synoptiques, où il est souvent mentionné en dernier, avec la précision qu’il est celui qui livra Jésus (إِنْجِيلُ مَتَّى 10.2-4, إِنْجِيلُ مَرْقُسَ 3.13-19, إِنْجِيلُ لُوقَا 6.12-16). Après sa mort, il disparaît de la liste donnée au début des Actes, où Matthias prend sa place (أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 1.13-26).

Il importe de souligner que Judas n’était ni un disciple de passage ni un simple sympathisant. Il appartenait au cercle le plus proche du Maître. Il a entendu son enseignement, assisté à ses miracles, partagé la vie commune du groupe et reçu, comme les autres, une place dans le collège apostolique. C’est précisément ce qui rend sa trahison si grave : elle ne vient pas d’un ennemi extérieur, mais d’un homme admis dans l’intimité du Messie (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.18, اَلْمَزَامِيرُ 41.10).

Jean rapporte une parole particulièrement forte de Jésus : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l’un de vous est un diable » (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.70-71). Cette déclaration montre que Judas a bien été choisi par Jésus lui-même. La question n’est donc pas de savoir s’il était vraiment l’un des douze, mais de comprendre pourquoi Jésus l’a choisi et conservé dans ce groupe jusqu’au bout.

ثانيًا: ما تقوله الأناجيل عنه

Les Évangiles demeurent relativement sobres sur la vie personnelle de Judas. Contrairement à Pierre, André, Jacques, Jean, Philippe ou Matthieu, son appel n’est pas raconté. Nous savons seulement qu’il est appelé Judas l’Iscariote et qu’il est désigné comme fils de Simon (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.2, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.26). Son surnom le distingue des autres Judas mentionnés dans le Nouveau Testament.

ورغم هذا التحفظ، تبرز بعض العناصر بوضوح. كان يهوذا يمسك الصندوق المشترك للجماعة (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 12.6، إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.29). فكان يشغل إذن وظيفة عملية مهمة، تفترض قدرًا من الثقة بقية التلاميذ. لا شيء يشير إلى أنه كان موضع شك. بل على العكس، في العشاء الأخير، عندما يكلّمه يسوع، يظن التلاميذ أنه يخرج ليشتري ما يلزم للعيد أو ليعطي شيئًا للفقراء (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.27-29). وهذا يبيّن أن يهوذا بقي، في نظر الجماعة، رجلًا جديرًا بالثقة.

Jean fournit cependant un renseignement décisif : Judas était un voleur, et il prenait ce que l’on mettait dans la bourse (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 12.4-6). Le texte ne précise pas comment cette réalité fut connue plus tard, mais Jean l’affirme avec clarté. Cela permet de mieux comprendre la logique intérieure du personnage. La trahison ne surgit pas dans un cœur demeuré sain jusque-là ; elle apparaît comme l’aboutissement d’une corruption déjà installée.

ثالثًا: الدوافع المحتملة لخيانته

Les Évangiles montrent explicitement que l’argent a joué un rôle dans la décision de Judas. Il alla trouver les chefs des prêtres et leur demanda ce qu’ils étaient prêts à lui donner s’il leur livrait Jésus ; ils lui comptèrent alors trente pièces d’argent (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.14-16). De ce point de vue, la cupidité est bien l’un des mobiles de sa trahison. Le témoignage de Jean sur les détournements dans la bourse commune confirme cette orientation (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 12.6).

Cependant, il est possible que l’argent n’ait pas été le seul facteur. Plusieurs disciples espéraient encore une délivrance politique d’Israël. Après la crucifixion, les disciples d’Emmaüs confessent leur déception : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël » (إِنْجِيلُ لُوقَا 24.21). Cette parole montre que certains attendaient du Messie une intervention visible, nationale et politique. Il n’est donc pas impossible que Judas ait partagé, au moins en partie, une telle attente.

Si tel fut le cas, il aurait pu être déçu par l’attitude de Jésus, qui refusait de se laisser faire roi (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.15) et n’entrait pas dans la logique des mouvements nationalistes ou zélotes de son temps. Sans pouvoir l’affirmer avec certitude, on peut donc envisager que sa trahison soit née de plusieurs causes conjuguées : l’amour de l’argent, une déception devant un Messie qui ne correspondait pas à ses attentes, et une corruption morale déjà ancienne. Les Évangiles ajoutent à cela l’action du diable. Luc dit que Satan entra dans Judas (إِنْجِيلُ لُوقَا 22.3-4) et Jean précise que le diable avait déjà mis dans son cœur le projet de livrer Jésus (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.2). Cette influence démoniaque n’efface pas la responsabilité de Judas ; elle montre plutôt que son cœur a laissé le mal s’enraciner au lieu de le repousser.

رابعًا: الصلات برؤساء الكهنة

كان القادة الدينيون يبحثون منذ مدة عن وسيلة للقبض على يسوع دون إثارة اضطراب بين الشعب (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.3-5، إِنْجِيلُ مَرْقُسَ 14.1-2، إِنْجِيلُ لُوقَا 22.1-2). وكانت خدمة يسوع العلنية، وتنديداته بالرياء الديني، والسلطان الذي كان يمارسه على الجموع تجعل منه تهديدًا في نظر . فاحتاجوا إذن إلى فرصة مناسبة للإمساك به بعيدًا عن الجمع.

C’est dans ce contexte que l’offre de Judas prend toute son importance. Luc rapporte que Judas alla s’entendre avec les chefs des prêtres et les chefs des gardes sur la manière de leur livrer Jésus (إِنْجِيلُ لُوقَا 22.3-6). Ce n’est donc pas seulement une trahison morale ; c’est aussi une collaboration concrète avec les autorités qui cherchent à faire disparaître le Messie. Judas leur apporte ce qu’ils ne possédaient pas : un accès discret au Maître, loin de la foule, dans un lieu et à un moment favorable.

Le rôle de Judas n’était pas de permettre une identification impossible, comme si Jésus était inconnu, mais de faciliter une arrestation sans agitation populaire. Jésus enseignait publiquement dans le temple (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.55), mais l’arrêter en plein jour devant les foules pouvait provoquer des réactions imprévisibles. Judas fournit donc l’occasion recherchée, en conduisant la troupe au lieu où Jésus se retirait habituellement avec ses disciples (إِنْجِيلُ لُوقَا 22.39, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 18.1-5).

Matthieu est le seul évangéliste à préciser la somme convenue entre Judas et les chefs des prêtres : trente pièces d’argent (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.14-16). Ce détail a une portée symbolique considérable. Dans l’Ancien Testament, trente pièces d’argent correspondent au prix d’un esclave (اَلْخُرُوجُ 21.32). Le Messie est ainsi évalué au prix dérisoire d’un serviteur blessé ou perdu. Le contraste est saisissant entre la dignité de Jésus et le montant auquel il est livré.

يربط متى بعد ذلك هذا المبلغ بنبوة زكريا، حيث يتلقى النبي ثلاثين من الفضة أجرةً محتقرة، ثم يطرحها في بيت للفخاري (زَكَريَّا 11.12-13). ولهذا، بعد ندم يهوذا وإرجاع المال وشراء حقل الفخاري، يرى متى في ذلك تمام الكتاب (إِنْجِيلُ مَتَّى 27.9-10). ومع أن متى يذكر إرميا، يبدو أنه يجمع هنا عدة موضوعات نبوية، لا سيما موضوعات زكريا وإرميا حول الفخاري والدينونة والحقل (إِرْمِيَا 18.1-6، إِرْمِيَا 19.1-13، إِرْمِيَا 32.6-15).

Quant à la valeur réelle de ces trente pièces, il est difficile d’être absolument précis. Elles représentaient néanmoins une somme relativement modeste à l’échelle des grands prêtres, même si elles pouvaient paraître significatives pour un homme du peuple. Le contraste avec le parfum de grand prix versé par Marie est frappant, puisque ce parfum est estimé à trois cents deniers (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 12.3-5). Cela renforce l’idée que la trahison de Judas ne peut probablement pas s’expliquer par l’argent seul. Une somme aussi limitée ne semble pas suffisante pour rendre compte, à elle seule, d’un tel acte.

سادسًا: موت يهوذا: متى ولوقا

يُروى بطريقة مختلفة عند متى وعند لوقا. يقول متى ببساطة إن يهوذا، بعد أن طرح الفضة في الهيكل، انصرف ومضى وخنق نفسه (إِنْجِيلُ مَتَّى 27.5). أما لوقا، في سفر الأعمال، فيؤكد من جهته أن يهوذا سقط على وجهه وانشق من الوسط وانسكبت أحشاؤه كلها (أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 1.18). وللوهلة الأولى قد يبدو هذان الوصفان متنافيين.

غير أنه يمكن فهمهما على أنهما متكاملان لا متناقضان. فمتى يذكر الفعل الأول وهو الانتحار؛ ولوقا يصف حالة الجسد الذي وُجد بعد ذلك. ويمكن تصوّر أن يهوذا شنق نفسه في مكان وعر، وأن جسده سقط بعد ذلك وتمزق. يبقى هذا التفسير فرضية توفيقية، لكنه يتيح الأخذ بالنصين دون التضحية بأي منهما.

Quoi qu’il en soit, les deux récits s’accordent sur l’essentiel : la fin de Judas est dramatique, honteuse et étroitement liée au prix de sa trahison. Matthieu insiste sur ses remords, sur son aveu — « J’ai péché en livrant le sang innocent » — et sur son suicide (إِنْجِيلُ مَتَّى 27.3-5). Luc, lui, souligne le caractère public et frappant de sa mort, au point que le lieu devint connu de tous (أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 1.19). Les deux regards se complètent donc plus qu’ils ne s’opposent.

سابعًا: حقل الدم: من اشتراه؟

Une autre difficulté apparente concerne l’achat du champ du potier. Selon Matthieu, Judas rapporta les trente pièces d’argent aux principaux sacrificateurs, et ce sont eux qui décidèrent d’utiliser cette somme pour acheter le champ du potier afin d’y ensevelir les étrangers (إِنْجِيلُ مَتَّى 27.3-8). Pourtant, Luc déclare à propos de Judas : « Cet homme a acquis un champ avec le salaire du crime » (أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 1.18).

La solution la plus simple consiste à reconnaître que Luc n’entend pas décrire la transaction de manière juridique, mais attribuer le champ à Judas parce qu’il a été acheté avec l’argent provenant de sa faute. Les sacrificateurs ont matériellement effectué l’acquisition, mais le champ demeure lié à Judas par son origine morale. C’est son argent, le prix de sa trahison, qui a servi à cet achat (أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 1.18-19).

هذه الطريقة في الكلام تتوافق مع الاستعمال الكتابي. فيُقال إن سليمان بنى الهيكل، مع أن عمّالًا هم الذين نفّذوا الأعمال (اَلْمُلُوكِ ٱلْأَوَّلُ 6.1-14، أَخْبَارِ ٱلْأَيَّامِ ٱلثَّانِي 3.1). وكذلك يُقال إن سكان أورشليم صلبوا يسوع، بينما الجنود هم الذين رفعوه فعليًا على الصليب (إِنْجِيلُ مَرْقُسَ 15.24، أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 2.23). فمن المشروع إذن أن يُنسب الفعل إلى من هو سببه العميق. ومن المرجح أيضًا أن الثلاثين من الفضة لم تكفِ وحدها لتغطية كامل كلفة الأرض، وأن السلطات الدينية أكملت المبلغ اللازم. وهذا لا ينتقص شيئًا من أن الحقل اشتُري بأجرة الظلم (إِنْجِيلُ مَتَّى 27.6-8).

Ce terrain fut appelé à la fois champ du potier et champ du sang (إِنْجِيلُ مَتَّى 27.8, أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 1.19). Le premier nom semble lié à l’usage ancien du lieu ; le second rappelle à la fois l’origine de l’argent et la fin tragique de Judas. Matthieu y voit l’accomplissement des Écritures en lien avec les trente pièces d’argent et le champ du potier (إِنْجِيلُ مَتَّى 27.9-10, زَكَريَّا 11.12-13).

ثامنًا: هل كان يسوع يعلم؟

La question centrale demeure la suivante : le Messie Jésus savait-il, lorsqu’il choisit Judas, que celui-ci allait le trahir ? Le témoignage de l’Évangile de Jean conduit fortement à répondre oui. Jean affirme que Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.64). Quelques versets plus loin, Jésus déclare : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l’un de vous est un diable » (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.70-71).

D’autres passages de Jean vont dans le même sens. Jésus connaît Nathanaël avant même qu’il ne s’avance vers lui (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 1.47-48). Il n’a pas besoin qu’on l’informe au sujet des hommes, car il sait ce qu’il y a dans l’homme (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 2.24-25). Il perçoit les pensées de la foule et le murmure intérieur de ses disciples (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.15, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.61). Jean présente ainsi Jésus comme le Verbe fait chair, manifestant une connaissance qui dépasse celle d’un homme ordinaire (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 1.1, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 1.14).

Il faut cependant comprendre cette connaissance à la lumière de l’incarnation. Jésus a véritablement assumé la condition humaine : il prie toute une nuit avant de choisir les douze (إِنْجِيلُ لُوقَا 6.12-13), il grandit en sagesse (إِنْجِيلُ لُوقَا 2.52) et il vit dans la dépendance du Père (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 5.19, رِسَالَةُ بُولُسَ ٱلرَّسُولِ إِلَى أَهْلِ فِيلِبِّي 2.6-8). Néanmoins, selon le témoignage explicite de Jean, il reste difficile de soutenir qu’il aurait ignoré jusqu’au dernier moment ce que Judas allait faire (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.21). Il semble plutôt que Jésus révèle alors publiquement ce qu’il savait déjà.

تاسعًا: لماذا اختاره وأبقاه؟

Si Jésus savait ce que Judas ferait, pourquoi l’avoir choisi parmi les douze et pourquoi l’avoir gardé jusqu’à la fin ? D’abord, il faut exclure l’idée d’une erreur de jugement. Jésus ne s’est pas trompé sur Judas. Le choix de cet homme ne résulte ni d’une ignorance ni d’un manque de discernement. Il s’inscrit dans le déroulement même de la mission du Messie (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.64, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.70-71).

Ensuite, le maintien de Judas parmi les douze participe à l’accomplissement des Écritures. Lors du dernier repas, Jésus cite le psaume évoquant la trahison d’un proche qui partage son pain (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.18, اَلْمَزَامِيرُ 41.10). Ce maintien ne traduit donc pas une faiblesse de Jésus, mais sa pleine conscience du chemin qu’il doit suivre jusqu’à la croix (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 10.17-18, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 17.12).

Enfin, Jésus laisse Judas aller jusqu’au bout de sa propre responsabilité. Il ne l’expulse pas dès les premières manifestations de son mal, mais lui laisse le temps de révéler ce qu’il porte dans son cœur. Judas reçoit les mêmes enseignements que les autres, il partage la même table, il bénéficie jusqu’au bout de la patience du Maître (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.20-25, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.21-27). Cela met en lumière à la fois la patience de Jésus et la gravité de l’endurcissement de Judas.

عاشرًا: النبوة والحرية والمسؤولية

Le dernier repas éclaire particulièrement le lien entre prophétie et responsabilité. Jésus déclare : « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi » (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.18-19), reprenant ainsi le (اَلْمَزَامِيرُ 41.10). La trahison de Judas n’est donc pas un accident imprévu, mais un événement déjà connu de Dieu et annoncé dans l’Écriture.

Cela ne signifie pas pour autant que Judas ait été privé de liberté. La Bible affirme à la fois que Dieu connaît d’avance ce qui doit arriver et que l’homme demeure responsable de ses propres actes (إِشَعْيَاءَ 46.9-10, إِشَعْيَاءَ 55.10-11). Jésus dit que l’Écriture doit s’accomplir, mais il déclare aussi : « malheur à cet homme par qui le Fils de l’homme est livré » (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.24). Judas agit donc librement, tout en accomplissant ce que Dieu avait annoncé.

Les Évangiles montrent d’ailleurs une progression dans son endurcissement. Le diable met d’abord dans son cœur le projet de livrer Jésus (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.2), puis Judas s’enfonce davantage dans sa décision jusqu’au moment où Satan entre en lui (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.27). Il ne s’agit pas d’une contrainte mécanique, mais d’un abandon volontaire au mal. Ainsi, la souveraineté divine et la culpabilité humaine apparaissent ensemble dans le drame de la Passion (أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 2.23, رِسَالَةُ يَعْقُوبَ 1.13).

خاتمة

L’étude de Judas l’Iscariote met en lumière une réalité profondément troublante, mais essentielle pour la compréhension des Évangiles. Judas fut bien l’un des douze. Il a vécu au plus près du Messie Jésus, entendu son enseignement, vu ses œuvres et partagé la vie du groupe. Pourtant, il a laissé le mal croître en lui jusqu’à livrer son Maître pour une somme dérisoire (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.14-16, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 12.4-6).

Les textes bibliques conduisent à penser que Jésus ne fut pas surpris par cette trahison. Selon Jean, il savait dès le commencement qui le livrerait (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.64, إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 6.70-71). Il n’a donc pas choisi Judas par erreur. S’il l’a gardé parmi les douze, c’est à la fois parce que cet acte entrait dans l’accomplissement des Écritures et parce qu’il laissait Judas aller jusqu’au bout de sa propre responsabilité (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 13.18, اَلْمَزَامِيرُ 41.10).

Judas n’apparaît ni comme un innocent emporté malgré lui, ni comme un simple instrument passif. Il agit librement, coupablement, et son acte s’inscrit pourtant dans le dessein souverain de Dieu (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.24, أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 1.16, أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 2.23). C’est sans doute l’enseignement le plus difficile de cette étude, mais aussi le plus important : la prescience divine n’annule pas la liberté humaine, et l’accomplissement de la parole de Dieu ne supprime jamais la responsabilité morale de l’homme.