ANX053

但以理书 4 的“七期”:是七年,还是不确定的时间?

这个说法在本章中多次出现,特别是在关于尼布甲尼撒的宣告中。亚兰文使用名词 עִדָּן (ʿiddān),复数为 עִדָּנִין (ʿiddānîn)。其意义…

13 分钟 2节经文 1卷书

1. Le texte dit « sept temps », non « sept années »

L’expression apparaît à plusieurs reprises dans le chapitre, notamment dans l’annonce concernant Nabuchodonosor.

L’araméen emploie le substantif עִדָּן (ʿiddān), au pluriel עִדָּנִין (ʿiddānîn).

Le sens fondamental est celui d’un temps, d’une période, d’un moment déterminé ou d’une époque.

Le mot ne signifie donc pas lexicalement « année ».

Cette première constatation est essentielle.

Traduire directement l’expression par « sept années » revient déjà à interpréter le texte.

La traduction littérale « sept temps » conserve mieux l’indétermination du terme araméen.

2. Daniel connaissait un vocabulaire permettant de parler d’années

Cette distinction est d’autant plus importante que le livre de Daniel sait exprimer explicitement une durée en années lorsqu’il le souhaite.

Lorsque le texte veut parler d’« années », il dispose d’un vocabulaire spécifique.

L’absence de ce terme dans Daniel 4 invite donc à ne pas transformer immédiatement עִדָּן (ʿiddān) en unité chronologique fixe.

L’auteur a choisi « temps » ou « périodes ».

La question devient alors : dans ce contexte particulier, quelle durée ces périodes représentent-elles ?

3. Les quatre occurrences structurantes de Daniel 4

L’expression des sept temps n’apparaît pas comme une information secondaire.

Elle rythme tout le récit.

Elle est d’abord annoncée dans le rêve.

Elle est ensuite reprise dans l’interprétation donnée par Daniel.

Elle apparaît une nouvelle fois dans la sentence céleste au moment de l’accomplissement.

Enfin, le récit indique que la période arrive effectivement à son terme.

Cette répétition montre que le nombre sept et la durée possèdent une véritable fonction structurelle.

Il ne s’agit donc vraisemblablement pas d’une simple manière vague de dire « pendant quelque temps ».

4. עִדָּן (ʿiddān) dans le livre de Daniel

Le même terme apparaît ailleurs dans la section araméenne de Daniel.

Son emploi le plus important pour la comparaison se trouve en 但以理书 7.25, dans l’expression traditionnellement traduite :

« un temps, des temps et la moitié d’un temps ».

L’araméen utilise là encore עִדָּן (ʿiddān).

Dans ce contexte, le terme possède manifestement une valeur temporelle structurée.

L’expression distingue un « temps », plusieurs « temps » et une fraction de « temps ».

Cela montre qu’un ʿiddān peut fonctionner comme une unité de durée.

Mais le verset ne fournit toujours pas, par le mot lui-même, l’équivalence mathématique « un temps = une année ».

Cette équivalence doit être établie à partir du contexte et des parallèles.

5. Daniel 7 apporte néanmoins un argument important

L’expression de 但以理书 7.25 devient particulièrement intéressante lorsqu’elle est rapprochée des formulations apocalyptiques ultérieures.

Le schéma « un temps, des temps et la moitié d’un temps » est généralement compris comme une période de trois temps et demi.

Dans l’Apocalypse, des durées parallèles sont exprimées sous les formes de quarante-deux mois et de 1 260 jours.

Ces équivalences ont joué un rôle majeur dans l’interprétation d’un « temps » comme correspondant à une année prophétique de douze mois.

Mais cette démonstration concerne d’abord le langage apocalyptique de Daniel 7 et de l’Apocalypse.

Il faut donc être prudent avant d’importer automatiquement cette équivalence dans Daniel 4, qui appartient à un récit narratif et non à une vision eschatologique de même nature.

6. Sept jours sont-ils possibles ?

Lexicalement, si ʿiddān signifie simplement « période », on pourrait théoriquement envisager une période courte.

Le récit rend cependant l’hypothèse de sept jours très difficile.

La description physique de Nabuchodonosor suppose un état suffisamment prolongé pour que son apparence soit profondément altérée.

Ses cheveux deviennent comparables aux plumes des aigles et ses ongles aux griffes des oiseaux.

Même en tenant compte du caractère imagé de la comparaison, une seule semaine paraît insuffisante pour rendre compte de la scène.

Sept jours doivent donc être considérés comme très improbables.

7. Sept semaines ?

Une durée de sept semaines serait plus longue, mais elle demeure difficile à concilier avec l’intensité de la description.

Le texte veut manifestement donner l’impression d’une dégradation prolongée.

De plus, la répétition solennelle des « sept temps » et la fonction pédagogique attribuée à cette période suggèrent une épreuve plus importante qu’une incapacité de quelques semaines.

L’hypothèse de sept semaines reste lexicalement possible en théorie, mais elle possède peu d’arguments contextuels.

8. Sept mois ?

Sept mois constituent une hypothèse plus sérieuse.

Une telle durée pourrait expliquer une transformation importante de l’apparence physique.

Elle serait également suffisamment longue pour représenter une crise politique majeure tout en demeurant relativement facile à gérer administrativement.

Cependant, aucun élément grammatical de Daniel 4 ne permet d’identifier les « temps » à des mois.

L’hypothèse résout certaines difficultés pratiques, mais elle ne découle pas directement du vocabulaire.

Elle demeure donc possible plutôt que démontrable.

9. Pourquoi sept années se sont-elles imposées ?

L’interprétation de sept années repose sur la convergence de plusieurs considérations plutôt que sur un argument lexical unique.

Premièrement, le mot ʿiddān peut désigner une période suffisamment longue.

Deuxièmement, son emploi dans Daniel 7 favorise l’idée d’une unité temporelle susceptible de correspondre à une année.

Troisièmement, l’état physique décrit suppose une durée prolongée.

Quatrièmement, le nombre sept possède dans le récit une importance qui s’accorde bien avec une période complète.

Enfin, une tradition ancienne relative à un roi babylonien malade pendant sept années apparaît dans la Prière de Nabonide.

Aucun de ces arguments n’est décisif isolément.

Ensemble, ils expliquent pourquoi l’interprétation de sept années demeure la plus répandue.

10. L’apport particulier de la Prière de Nabonide

4Q242 apporte ici une information qui mérite d’être distinguée du simple rapprochement littéraire.

Dans ce document, l’affliction du roi Nabonide est associée à une période de sept années.

Nous possédons donc une tradition juive ancienne concernant un souverain babylonien frappé pendant une durée explicitement formulée en années et caractérisée par le nombre sept.

Cette donnée ne permet pas de traduire ʿiddān par « année ».

Mais elle montre qu’une tradition de sept années d’affliction royale existait effectivement dans un milieu ancien proche de celui dans lequel les traditions de Daniel ont été transmises.

Cela renforce la plausibilité de l’interprétation septennale de Daniel 4.

11. Le nombre sept possède-t-il une valeur symbolique ?

Dans la Bible, le nombre sept est fréquemment associé à la totalité, à l’achèvement ou à un cycle complet.

Cette valeur symbolique est incontestable dans de nombreux contextes.

Il serait cependant imprudent d’en conclure que les « sept temps » de Daniel 4 ne correspondent à aucune durée réelle.

Une durée peut être à la fois réelle et symboliquement significative.

Le choix du nombre sept peut donc exprimer la totalité de la période fixée tout en désignant un laps de temps concret.

L’alternative « symbolique ou chronologique » est trop rigide.

Les deux dimensions peuvent coexister.

12. « Sept temps » pourrait-il simplement signifier « le temps complet fixé par Dieu » ?

Cette interprétation mérite d’être envisagée.

Dans cette lecture, le nombre sept mettrait principalement l’accent sur la complétude : Nabuchodonosor resterait dans cet état pendant toute la durée déterminée pour son humiliation.

L’intérêt du texte porterait alors moins sur le calcul que sur la certitude que la période ne prendra fin qu’au moment fixé.

Cette compréhension correspond bien à la logique du récit.

Mais elle ne permet pas d'expliquer entièrement pourquoi le texte répète précisément « sept temps » plutôt qu’une formule générale comme « pendant un temps déterminé ».

Il reste donc probable que l’expression possède aussi une dimension chronologique.

13. Le retour de la raison fixe-t-il la fin de la période ?

Le récit établit une relation étroite entre la fin des temps annoncés et la reconnaissance du roi.

Nabuchodonosor déclare qu’« au terme de cette période » il leva les yeux vers le ciel et que sa raison lui revint.

Il ne faut cependant pas nécessairement en déduire que le roi pouvait écourter à volonté la durée en accomplissant plus tôt ce geste.

Le rêve avait déjà fixé les « sept temps ».

La narration présente plutôt deux réalités qui convergent au même terme :

年代顺序 période déterminée arrive à son accomplissement ;

Nabuchodonosor parvient à la reconnaissance attendue.

Le texte articule ainsi durée fixée et finalité pédagogique.

14. Les cheveux et les ongles peuvent-ils prouver sept années ?

Non.

Ils indiquent une durée suffisamment longue pour que l’abandon physique devienne visible.

Ils ne permettent pas de calculer cette durée.

La vitesse moyenne de croissance des cheveux ou des ongles modernes ne peut fournir un chronomètre fiable pour un récit ancien utilisant des comparaisons littéraires.

« Comme les plumes des aigles » et « comme les griffes des oiseaux » ne donnent aucune mesure précise.

Ces éléments soutiennent l’idée d’une période prolongée.

Ils ne permettent pas de choisir entre sept mois et sept années.

15. Une difficulté historique : sept années représentent une très longue incapacité royale

Si l’on retient sept années, une difficulté historique réelle apparaît.

Sept années représentent environ un sixième du règne de Nabuchodonosor.

Une incapacité aussi longue d’un souverain majeur aurait nécessairement nécessité une organisation politique permettant la continuité de l’administration.

Cette objection doit être prise au sérieux.

Mais elle ne constitue pas en elle-même une impossibilité institutionnelle.

L’histoire de Nabonide fournit précisément l’exemple d’un roi néo-babylonien absent de Babylone pendant plusieurs années tandis que le gouvernement continuait à fonctionner.

Cela ne prouve rien concernant Nabuchodonosor, mais montre qu’un empire babylonien pouvait supporter une longue absence personnelle du souverain.

16. Sept années auraient-elles nécessairement laissé une trace documentaire ?

Probablement davantage qu’une incapacité de quelques mois, ce qui rend la question historique plus aiguë.

Mais la réponse dépend de la nature des archives conservées.

Pour démontrer que l’absence de mention réfute l’événement, il faudrait disposer d’une documentation continue et suffisamment détaillée pour toute la période envisagée.

事实并非如此。

Inversement, les lacunes documentaires ne doivent pas être utilisées pour inventer une période de sept années exactement à l’endroit qui conviendrait au récit.

L’absence de sources ne peut servir de preuve positive.

17. Peut-on identifier sept années précises dans le règne de Nabuchodonosor ?

Dans l’état actuel des données, non avec certitude.

On peut rechercher des périodes moins bien documentées du règne et proposer des fenêtres chronologiques possibles.

Mais aucune séquence de sept années ne porte une indication indépendante telle que :

« durant cette période, Nabuchodonosor fut incapable de gouverner ».

Une chronologie proposant, par exemple, une période comprise approximativement entre 572 et 568 av. J.-C. ne correspond d’ailleurs pas à sept années complètes.

Si l’on adopte réellement l’interprétation des sept années, il faut donc veiller à ce que la chronologie proposée soit mathématiquement compatible avec cette durée.

Cette vérification est indispensable avant d’intégrer Daniel 4 à une chronologie générale.

18. Conséquence pour la chronologie proposée de Daniel

Une chronologie situant le rêve et l’épreuve de Daniel 4 entre 572 et 568 av. J.-C. ne peut pas simultanément présenter les « sept temps » comme sept années complètes si ces deux dates sont censées délimiter toute l’épreuve.

572 à 568 av. J.-C. représente environ quatre années selon la manière de compter les bornes, non sept.

Deux possibilités doivent donc être distinguées.

Soit la fourchette 572-568 concerne seulement une estimation générale de la période dans laquelle situer certains événements du chapitre et ne prétend pas délimiter les sept temps.

Soit l’on retient sept années littérales, auquel cas il faut revoir les bornes chronologiques proposées.

Cette question mérite une correction dans toute chronologie synthétique afin d’éviter une contradiction interne.

19. Quelle formulation retenir dans l’étude ?

La formulation la plus rigoureuse est la suivante :

Daniel 4 annonce que « sept temps » passeront sur Nabuchodonosor. Le terme araméen עִדָּן (ʿiddān) désigne une période de temps sans signifier lexicalement « année ». Plusieurs éléments - la durée manifestement prolongée de l’épreuve, l’usage temporel du terme dans Daniel, l’interprétation traditionnelle et le parallèle des sept années dans la Prière de Nabonide - rendent l’identification à sept années plausible, probablement même préférable, sans permettre de la présenter comme une traduction littérale incontestable.

Cette formulation conserve à la fois la donnée textuelle et la force des arguments en faveur de l’interprétation traditionnelle.

20. Conséquence méthodologique

La question des « sept temps » fournit un excellent exemple de la distinction nécessaire entre traduction et interprétation.

La traduction doit conserver :

« sept temps ».

L’exégèse peut ensuite expliquer :

« probablement sept années ».

La chronologie historique doit enfin ajouter :

« 没有任何 période de sept années du règne de Nabuchodonosor ne peut actuellement être identifiée avec certitude comme celle de Daniel 4 ».

Ces trois niveaux ne se contredisent pas.

Ils correspondent simplement à trois questions différentes : ce que dit le mot, ce qu’il signifie probablement dans son contexte et ce que l’histoire extérieure permet de vérifier.

La conclusion la plus équilibrée consiste donc à retenir sept années comme hypothèse interprétative forte, tout en maintenant « sept temps » dans la traduction et en évitant d’attribuer à l’épisode des dates précises que le texte et les sources babyloniennes ne permettent pas encore d’établir.