Au matin, le grand prêtre convoqua le ainsi que l'assemblée des anciens d'Israël afin de faire comparaître les apôtres devant le tribunal juif (Atti 5.21). Ce qui ne devait être qu'une procédure ordinaire allait pourtant prendre une tournure inattendue.
Lorsque les gardes arrivèrent à la prison afin d'en faire sortir les détenus, ils découvrirent avec stupeur que les cellules étaient vides. La surprise fut d'autant plus grande que tout semblait parfaitement normal : les portes étaient soigneusement fermées et les gardiens se trouvaient toujours à leur poste (Atti 5.23). Aucun indice ne permettait d'expliquer cette disparition mystérieuse.
Luc rapporte ces faits avec une grande sobriété. Il ne s'attarde pas sur les circonstances de la délivrance miraculeuse, déjà mentionnée précédemment (Atti 5.19), mais met surtout l'accent sur la perplexité et l'embarras des autorités religieuses. Comme souvent dans le livre des Actes, l'intérêt principal du récit ne réside pas dans le caractère spectaculaire de l'événement, mais dans la manière dont Dieu poursuit souverainement son œuvre malgré l'opposition des hommes (Atti 4.27-28).
2- L'embarras des autorités
La situation était particulièrement embarrassante pour les responsables de la prison. L'ensemble du avait été réuni pour juger les apôtres, et la disparition des prisonniers risquait de compromettre toute la procédure. Le commandant du Temple et les principaux sacrificateurs se demandèrent alors avec inquiétude ce que cette affaire pouvait signifier (Atti 5.24).
Cette remarque de Luc est intéressante. Les autorités ne disposent d'aucune explication rationnelle et se trouvent confrontées à un événement qui échappe à leur contrôle. Pourtant, le récit ne laisse entrevoir aucune remise en question de leur opposition au mouvement chrétien. Leur préoccupation principale demeure l'arrestation des apôtres et non la signification de ce qui vient de se produire.
Alors qu'ils se trouvent encore dans l'incertitude, un messager vient leur annoncer que les hommes qu'ils recherchent se trouvent de nouveau dans le Temple et qu'ils enseignent le peuple (Atti 5.25). Au lieu de considérer cet événement extraordinaire comme un avertissement ou un signe de l'intervention divine, les chefs religieux décident simplement de faire arrêter une seconde fois les apôtres afin de les faire comparaître devant le .
3- Le commandant du Temple et sa garde
Luc souligne les précautions prises par le commandant du Temple et les gardes qui l'accompagnent (Atti 5.24-26). Il ne s'agit pas de soldats , mais de la placée sous l'autorité du grand prêtre (Atti 4.1). Cette police juive était chargée d'assurer le maintien de l'ordre dans l'enceinte sacrée. Les n'intervenaient généralement que lorsque la sécurité publique était gravement menacée.
Le commandant du Temple occupait d'ailleurs une position importante au sein de la hiérarchie religieuse. Il semble avoir été le principal responsable du maintien de l'ordre dans le Temple et apparaissait immédiatement après le grand prêtre dans l'organisation sacerdotale. Son intervention dans les premières persécutions souligne l'implication directe des autorités religieuses dans cette affaire (Atti 4.1 ; Atti 5.24).
4- La crainte d'une réaction populaire
Les chefs religieux avaient compris que les apôtres bénéficiaient d'une sympathie croissante auprès d'une partie importante de la population. Les nombreux miracles accomplis ainsi que leur enseignement avaient suscité une profonde sympathie parmi la population (Atti 5.12-16). Luc précise ainsi que le commandant du Temple et ses hommes évitèrent de recourir à la force, craignant d'être lapidés par le peuple (Atti 5.26).
Cette crainte rappelle celle qui avait déjà conduit les autorités à agir avec prudence lors de la première arrestation de Pierre et de Jean (Atti 4.21). Quelques années plus tôt, les chefs des prêtres et les anciens avaient également hésité à arrêter Jésus publiquement, parce qu'ils redoutaient la réaction de la foule (Matteo 21.46 ; Marco 12.12 ; Luca 20.19). Dans la perspective de Luc, les apôtres suivent ainsi le même chemin que leur Maître et se heurtent aux mêmes oppositions.
Une émeute dans l'enceinte du Temple aurait pu provoquer l'intervention des troupes romaines stationnées dans la forteresse Antonia. Les chefs religieux avaient tout intérêt à préserver l'ordre public, car leur autorité dépendait en partie de leur capacité à maintenir la paix dans la ville.
5- Une seconde arrestation sans résistance
Cette prudence des autorités apparaît donc parfaitement compréhensible. Tout se déroula sans incident, car les apôtres n'opposèrent aucune résistance. Rien dans le récit ne laisse supposer qu'ils aient cherché à fuir ou à se soustraire à leurs accusateurs. Bien au contraire, ils acceptent de suivre les gardes afin de comparaître une nouvelle fois devant le .
Cette attitude paisible est conforme aux recommandations que Jésus avait adressées à ses disciples lorsqu'il les avait avertis qu'ils seraient conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de son nom (Matteo 10.18-20 ; Luca 21.12-15). Elle illustre également le principe que Pierre exprimera bientôt devant ses juges : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Atti 5.29).
Loin d'être découragés par leur arrestation et leur nuit de détention, les apôtres demeurent convaincus que l'œuvre de Dieu ne peut être arrêtée par les décisions humaines. Cette conviction constitue l'un des thèmes majeurs du livre des Actes et trouvera bientôt son expression la plus célèbre dans les paroles de : « Si cette œuvre vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire » (Atti 5.39).
(Atti 5.21) – La convocation du
(Atti 5.23) – La découverte des cellules vides
(Atti 5.24-25) – La perplexité des autorités religieuses
(Atti 5.24-26) ; (Atti 4.1) – Le commandant du Temple et sa garde
(Atti 5.12-16) ; (Atti 5.26) ; (Atti 4.21) – La faveur du peuple et la prudence des autorités
(Atti 5.19) ; (Atti 4.27-28) ; (Atti 5.39) – La souveraineté de Dieu
(Atti 5.29) ; (Matteo 10.18-20) ; (Luca 21.12-15) – L'obéissance des apôtres et les persécutions annoncées
(Matteo 21.46) ; (Marco 12.12) ; (Luca 20.19) – La crainte de la foule chez les chefs religieux
La
La et la garnison romaine de la forteresse Antonia