Dans Luc 19.41-44, le Messie Jésus approche de Jérusalem, la contemple et éclate en larmes parce qu’il sait que la ville n’a pas reconnu la visitation de Dieu offerte en sa personne, ce qui révèle une incompréhension spirituelle profonde et une occasion manquée de paix.
Il annonce alors avec précision le siège, l’encerclement et la destruction que les accompliront en 70, montrant que ce jugement n’est pas arbitraire mais la conséquence tragique du refus du Messie.
Ce passage met en lumière à la fois la compassion du Messie Jésus, qui pleure sincèrement sur ceux qui le rejettent, et la gravité du refus de la révélation divine. Les autres évangiles ne rapportent pas cet épisode au même endroit ni sous cette forme : Matthieu et Marc annoncent la destruction du Temple depuis l’esplanade, et Matthieu contient une lamentation sur Jérusalem au chapitre 23, mais seul Luc place cette scène sur le chemin du et décrit les larmes de Jésus en voyant la ville.
Il est compréhensible que le Messie Jésus ait pu répéter certains propos à diverses occasions, conformément au contexte dans lequel il s’exprimait.
Tout porte à croire que les douze apôtres sont présents, si bien que Judas Iscariote écoute lui aussi le Maître. Il semble difficile de concevoir que cet apôtre ait pu tromper son entourage de cette manière, mais c'est pourtant ce qui s'est réellement produit. Dans de telles circonstances, comment était-il possible pour lui de mener sa vie ?
Le Messie Jésus quant à lui sait la nature des événements qui vont se dérouler.
Plusieurs éléments dans les évangiles montrent que le Messie Jésus savait qu’il était proche de sa mort : il annonce à plusieurs reprises sa passion en expliquant qu’il « monte à Jérusalem » pour y être livré, condamné et mis à mort Marc 10.32-34 ; il décrit en détail ce qui va lui arriver, ce qui montre qu’il en a pleinement conscience Luc 18.31-33 ; il parle de son « heure » qui approche, surtout dans l’Evangile de Jean, où il dit que son heure est venue de passer de ce monde au Père Jean 13.1 et Jean 12.23-27 ; il prépare ses disciples à cet événement en leur expliquant qu’il doit souffrir, être rejeté et mourir, puis ressusciter Marc 8.31 ; il accepte volontairement de se rendre à Jérusalem malgré les avertissements et le danger évident Luc 9.51 ; il institue le repas du Seigneur en liant directement son corps et son sang à une mort imminente Luc 22.19-20. Toutes ces indications convergent pour montrer que le Messie Jésus n’allait pas vers sa mort par accident mais en pleine connaissance de ce qui l’attendait et dans une démarche volontaire.
Dans l’Evangile de Jean, l’idée que le Messie Jésus savait dès le début que Judas le trahirait apparaît clairement en Jean 6.64 et Jean 6.70-71. En Jean 6.64, il est écrit que le Messie Jésus savait « dès le commencement » qui ne croyaient pas et « qui était celui qui le livrerait ». Puis en Jean 6.70-71, le Messie Jésus dit aux Douze : « N’est‑ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l’un de vous est un démon », et Jean précise immédiatement qu’il parlait de Judas. Ces deux passages montrent que, selon Jean, le Messie Jésus avait connaissance très tôt de la future trahison de Judas.
Concernant l’annonce de la destruction future de Jérusalem, il est notable que certains commentateurs des évangiles ont contesté la nature prophétique de ces paroles. Selon eux, les évangiles auraient été rédigés postérieurement aux événements, ce qui expliquerait la précision des prédictions. Cette approche critique repose sur l’idée que les textes auraient intégré des faits historiques déjà accomplis, remettant ainsi en question leur authenticité prophétique.
Ce raisonnement se retrouve également dans l’étude du livre de Daniel, notamment en ce qui concerne Daniel 11.11-35. Alors que notre analyse situe la rédaction de ce texte au VIème siècle avant J.C., certains chercheurs avancent une date bien plus tardive, au IIème siècle avant J.C., après la venue d’Antiochus Epiphane. Cette divergence d’interprétation illustre la difficulté à déterminer la datation exacte des écrits bibliques.
En définitive, le texte biblique conserve une part de mystère pour ceux qui n’adhèrent pas à la foi. Dieu y révèle parfois des événements à venir, mais cette dimension prophétique demeure incomprise ou contestée par ceux qui n’y croient pas.