SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Le Messie Jésus dans la maison du pharisien

L'analyse des événements est rendue plus compréhensible grâce à Luc, qui établit des connexions entre les différentes étapes...

En bref

À Capharnaüm, Jésus accepte l'invitation d'un pharisien nommé Simon. Pendant le repas, une femme pécheresse oint ses pieds de larmes et de parfum. Face au mépris de Simon, Jésus énonce une parabole sur le pardon et déclare la femme sauvée par sa foi. Cet épisode, rapporté uniquement par Luc (7,36-50), illustre l'opposition entre l'orgueil religieux des pharisiens et l'humilité repentante qui ouvre au salut.

Lecture
6 min
Références
4
Livres cités
1
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
23/10/2024
Mise à jour
07/02/2026
Personnages

Jésus le Messie · Simon le pharisien · femme pécheresse

Lieux

Capharnaüm · Galilée

Périodes

Juillet 31 · Entre la 2ème et la 3ème fête de Pâque

Mots-clés

pharisien · onction · pardon · repentance · femme pécheresse · Simon · Jésus Messie · Luc · salut · parabole

Notions

pardon des péchés · repentance · humilité · orgueil religieux · grâce · salut par la foi · justice pharisaïque · amour et reconnaissance · inversion des valeurs évangéliques · hospitalité juive

Références bibliques

Luc 7.36-50 · Luc 7.39 · Luc 7.44-46

Résumé

La péricope 117 relate un épisode fondamental du ministère de Jésus le Messie, unique dans les évangiles synoptiques puisque seul Luc en fait mention (Luc 7,36-50). Cet événement se déroule à Capharnaüm en Galilée, au mois de juillet de l'an 31, entre la deuxième et la troisième fête de Pâque. Il ne faut pas confondre cet épisode avec celui où Marie de Béthanie oint les pieds de Jésus (PER275), une distinction que l'annexe ANN088 développe en détail. Le récit met en scène un repas chez Simon, un pharisien, auquel Jésus a été convié. D'emblée, le contexte est porteur de tensions : Jésus sait que cette invitation ne sera pas un moment de repos ou de convivialité simple. En acceptant de partager la table d'un pharisien, il entre dans un espace où règnent les jugements, la hiérarchie sociale et la rigidité religieuse. Le cœur du récit repose sur une opposition saisissante entre deux personnages aux antipodes de la société juive de l'époque. D'un côté, Simon, homme cultivé, instruit, religieux, notable et probablement aisé, représentant du parti pharisien et donc enseignant de la loi de Moïse. De l'autre, une femme anonyme, connue pour sa vie dissolue et sa réputation de prostituée, sans instruction, sans religion, sans ressources. Cette opposition est voulue par Luc pour illustrer une vérité spirituelle profonde sur la grâce, le pardon et la repentance. Lors du repas, qui se tient dans une cour intérieure selon la tradition juive de l'époque — un espace semi-public où des observateurs extérieurs pouvaient assister sans être invités à manger —, cette femme fait son entrée. Elle s'approche discrètement de Jésus et lave ses pieds de ses larmes, les essuie de ses cheveux et les oint de parfum. Ce geste, profondément humble et chargé d'émotion, représente un acte de repentance et d'adoration sincère. Si ce comportement intrigue Simon, c'est parce qu'il y voit immédiatement la confirmation de ses doutes sur Jésus : un vrai prophète, selon lui, aurait reconnu qui était cette femme et l'aurait repoussée. Mais Luc souligne ici trois attitudes révélatrices de l'état d'esprit pharisien que Simon incarne : le mépris envers la femme (Luc 7,39), le mépris envers Jésus lui-même (Luc 7,39), et un manque flagrant de respect envers son propre invité (Luc 7,44-46), n'ayant pas offert à Jésus les gestes d'accueil élémentaires que la femme, elle, a amplement compensés. Face à cette situation, Jésus prend la parole publiquement et énonce une parabole sur deux débiteurs — l'un devant cinq cents deniers, l'autre cinquante — tous deux remis de leur dette par leur créancier. Il interroge Simon : lequel des deux aimera davantage le créancier ? Simon répond correctement que c'est celui à qui l'on a remis le plus. Jésus applique alors cette parabole à la situation présente : la femme, consciente de la profondeur de ses péchés, a aimé en proportion de la grandeur du pardon qu'elle espérait recevoir, tandis que Simon, se croyant juste, n'a manifesté que peu d'amour. La conclusion est théologiquement puissante : Jésus annonce à la femme que ses péchés lui sont pardonnés, et que sa foi l'a sauvée. Elle repart avec le pardon de ses nombreux péchés et le salut de son âme. Simon, qui possédait tout aux yeux du monde, repart sans rien avoir reçu de spirituel. Cette inversion des valeurs est au cœur du message évangélique : ce sont les humbles, les repentants et ceux qui reconnaissent leur besoin de grâce qui accèdent au salut, non ceux qui se croient justes par leurs œuvres ou leur statut religieux. L'article souligne également que l'attitude de Simon n'est pas un cas isolé mais reflète l'état d'esprit général de la majorité des pharisiens de l'époque, qui se considéraient supérieurs au peuple et refusaient de reconnaître Jésus comme le Messie. La notion de repentance avait cessé d'exister parmi eux, engoncés dans leur autosuffisance spirituelle.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 7.36-50 (Louis Segond S21)

Un pharisien invita Jésus à manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien et se mit à table.Note7.47 Puisqu'elle a beaucoup aimé: l'attitude de cette femme envers Christ démontrait qu'elle avait conscience de ses péchés et de son besoin de pardon.

Une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville apprit qu'il était à table dans la maison du pharisien. Elle apporta un vase plein de parfum

et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait, et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les embrassa et versa le parfum sur eux.

Quand le pharisien qui avait invité Jésus vit cela, il se dit en lui-même: «Si cet homme était prophète, il saurait qui est celle qui le touche et de quel genre de femme il s'agit, il saurait que c'est une pécheresse.»

Jésus prit la parole et lui dit: «Simon, j'ai quelque chose à te dire.» «Maître, parle», répondit-il.

«Un créancier avait deux débiteurs: l'un d'eux lui devait 500 pièces d'argent, et l'autre 50.

Comme ils n'avaient pas de quoi le rembourser, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera le plus?»

Simon répondit: «Celui, je pense, auquel il a remis la plus grosse somme.» Jésus lui dit: «Tu as bien jugé.»

Puis il se tourna vers la femme et dit à Simon: «Tu vois cette femme? Je suis entré dans ta maison et tu ne m'as pas donné d'eau pour me laver les pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.

Tu ne m'as pas donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a pas cessé de m'embrasser les pieds.

Tu n'as pas versé d'huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.

C'est pourquoi je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés, puisqu'elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui l'on pardonne peu aime peu.»

Et il dit à la femme: «Tes péchés sont pardonnés.»

Les invités se mirent à dire en eux-mêmes: «Qui est cet homme qui pardonne même les péchés?»

Mais Jésus dit à la femme: «Ta foi t'a sauvée. Pars dans la paix!»

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Bargraphe année 31

Lieu : Capernaüm en Galilée

Date : Juillet 31

Mode opératoire : Nous continuons avec Luc

Note sur le mode opératoire : Matthieu, Marc et Jean ne parlent pas de cet événement

Capernaum

Le Messie Jésus, ayant accepté une invitation à manger chez un pharisien prénommé Simon, est conscient que ce repas ne constituera pas un moment de repos.

Le Messie Jésus dans la maison du pharisien

Repas cher le pharisien

Commentaires

Il est important de ne pas confondre cet événement avec celui au cours duquel Marie de Béthanie oint les pieds de Jésus le Messie (PER275 : Marie oint le Messie Jésus). Pour plus de détails, veuillez consulter l'annexe ANN088 : Les deux onctions.

Ce passage se révèle particulièrement pertinent car, en plus de relater l'histoire de cette femme, Luc expose, à travers les propos de Simon, l'état d'esprit prédominant chez la majorité des pharisiens. Pour résumer cette attitude, nous relevons trois points :

- Le mépris du pharisien à l’égard de cette femme (Luc 7.39).
- Le mépris du pharisien à l’égard du Messie Jésus (Luc 7.39).
- Le manque de respect du pharisien envers son invité (Luc 7.44-46).

Cette attitude n’est pas propre à ce pharisien en particulier, Simon, mais elle reflète l’image de la grande majorité de ces hommes qui se considéraient supérieurs au peuple et même à Jésus, qu’ils ne reconnaissaient pas comme le Messie.

Simon était un pharisien, ce qui signifie qu'il occupait la position d'enseignant religieux chargé de transmettre l'enseignement de la loi de Moïse.

Ce récit présente une opposition entre deux personnages au cours d'un repas auquel le Messie Jésus a été invité. Ces personnages incarnent les deux extrêmes de la société juive de l'époque.

D’un côté, il y a Simon, un homme cultivé, instruit, et religieux, adhérant au parti des pharisiens. C’est un notable, probablement aisé financièrement. De l’autre, une femme de mauvaise vie, une prostituée. Elle est sans instruction, sans religion, sans argent. Le premier possède tout, tandis que le second manque de tout.

Un événement va venir troubler ce repas plutôt orienté sur des discussions théologiques. C’est d’ailleurs pour cette unique raison que Luc nous le relate.

Une femme, connue pour sa réputation de vie dissolue, fait son entrée dans la cour où se déroule le banquet. Elle s'approche discrètement afin de laver les pieds du Seigneur. Ce geste attire immédiatement l'attention de Simon, qui en déduit que l'homme qu'il a invité n'est pas un prophète.

Il pourrait sembler surprenant qu'une personne non invitée à un repas se présente au milieu des convives. Toutefois, il est essentiel de recontextualiser cette situation dans la tradition juive de l'époque, où ce type de repas avait lieu dans une cour intérieure et était accessible au public. Cela ne signifiait pas que ces derniers étaient invités à manger, mais plutôt qu'ils pouvaient assister afin d'apprécier la notoriété de l'hôte.

Cette femme a manifesté un courage notable en s'approchant du Maître malgré les jugements des convives. Connaissant la réputation de Jésus le Messie, elle était consciente qu'il l'accueillerait sans la condamner.

La situation est donc particulièrement intrigante, avec cette femme qui interrompt involontairement le déroulement du repas, attirant sur elle tous les regards réprobateurs. En temps normal, des serviteurs seraient intervenus pour chasser cette personne indésirable, mais la situation intrigue Simon, qui cherche à conforter son opinion de Jésus : 'Si cet homme était prophète, il saurait !' Bien sûr qu’il sait, et le Messie Jésus va parler.

Il s'exprime ouvertement devant l'audience pour annoncer une parabole. Simon répond de manière appropriée à la question, et l'explication du Seigneur est alors délivrée avec autorité.

Simon qui possédait déjà tout n’a rien obtenu du Messie Jésus, cependant cette femme qui manquait de tout va repartir avec le pardon de ses nombreux péchés et le salut de son âme.

La notion de repentance avait cessé d'exister parmi ces individus qui pensaient que leur statut de Juif était suffisant. Le sort de Simon reste inconnu, mais il est certain qu'il n'a jamais oublié ce repas.

Nous observons la sollicitude du Messie Jésus qui incite cette femme à quitter l'endroit où elle était sous le regard accusateur des convives. Ce type de repas n'était pas un moment de détente pour le Maître ; il s'efforçait néanmoins de convaincre également ces personnes.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Parabole ou métaphore
Le nombre de parabole dans les Evangiles varie considérablement en fonction des différents chercheurs. Certaines sont définies directement dans le texte où nous trouvons que le Messie Jésus annonce une parabole. INF181
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per117-le-messie-jesus-dans-la-maison-du-pharisien/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.