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Les principales traditions textuelles de Daniel 4

Daniel 4 appartient à la grande section araméenne de Daniel 2.4-7.28. Le texte massorétique constitue la base habituelle des traductions modernes de ce chapitre. Sa…

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1. Le texte araméen

Daniel 4 appartient à la grande section araméenne de Daniel 2.4-7.28.

Le texte massorétique constitue la base habituelle des traductions modernes de ce chapitre.

Sa structure est particulièrement cohérente :

proclamation royale ;

récit du rêve ;

intervention de Daniel ;

interprétation ;

accomplissement ;

restauration ;

confession finale de Nabuchodonosor.

C’est cette forme qui a servi de base à l’analyse du présent chapitre.

2. L’ancienne version grecque

Il existe cependant une ancienne traduction grecque de Daniel, généralement appelée Vieux Grec ou Old Greek.

Pour Daniel 4, cette version ne se contente pas de présenter quelques variantes de vocabulaire.

Elle comporte des différences plus importantes dans la formulation, l’organisation et certains détails narratifs.

Daniel 4 fait ainsi partie des passages où la comparaison entre le texte araméen et l’ancienne version grecque est particulièrement significative pour l’histoire de la transmission du livre.

3. La version de Théodotion

Une autre version grecque, traditionnellement associée à Théodotion, suit beaucoup plus étroitement le texte sémitique.

Dans l’Antiquité chrétienne, cette version finit par remplacer largement l’ancienne traduction grecque de Daniel.

Le phénomène est remarquable : pour la plupart des livres de l’Ancien Testament grec, la Septante demeura le texte principal ; pour Daniel, c’est la version de Théodotion qui s’imposa dans la transmission ecclésiastique.

Cela explique pourquoi de nombreux manuscrits grecs de Daniel transmettent essentiellement Théodotion plutôt que le Vieux Grec.

4. Les différences ne permettent pas de reconstruire facilement un « Daniel 4 original »

L’existence de divergences importantes pourrait donner l’impression qu’il suffit de choisir entre deux versions et de déterminer laquelle est « originale ».

La situation est plus complexe.

Une différence entre le Vieux Grec et le texte massorétique peut provenir :

d’un texte sémitique différent utilisé par le traducteur ;

d’une traduction libre ;

d’une réorganisation littéraire ;

d’une interprétation introduite lors de la traduction ;

ou d’une évolution antérieure de la tradition textuelle.

Il faut donc examiner chaque variante séparément.

L’ancienneté d’une traduction grecque ne signifie pas automatiquement que chacune de ses leçons soit antérieure à la forme araméenne conservée.

5. Les manuscrits de Qumrân sont importants pour cette question

Des fragments de plusieurs manuscrits de Daniel ont été retrouvés parmi les manuscrits de la mer Morte.

Ils montrent que le livre circulait déjà dans l’Antiquité sous une forme textuelle largement apparentée à celle qui sera transmise par la tradition massorétique.

Cette donnée est importante parce qu’elle empêche de présenter le texte hébreu-araméen de Daniel comme une création très tardive apparue seulement plusieurs siècles après les premières traductions grecques.

Elle ne supprime pas les problèmes textuels particuliers de Daniel 4, mais elle fournit un contexte documentaire essentiel à leur étude.

6. Conséquence pour l’interprétation de Daniel 4

Les différences entre le texte araméen, le Vieux Grec et Théodotion montrent que Daniel 4 possède une histoire textuelle plus complexe qu’une simple transmission parfaitement uniforme.

Elles ne justifient cependant pas de reconstruire librement le récit en choisissant à chaque endroit la variante la plus favorable à une interprétation donnée.

Pour l’étude exégétique, la méthode la plus rigoureuse consiste à prendre comme texte principal la forme araméenne transmise par le texte massorétique, tout en signalant les variantes anciennes lorsqu’elles modifient réellement le sens.

Cette précaution est particulièrement importante pour Daniel 4, où la tradition grecque ancienne témoigne d’une forme du récit suffisamment différente pour constituer une donnée indispensable de l’histoire textuelle du chapitre.