SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
PER368 Les Évangiles : contexte et particularités des récits Parcours · Synopse des ÉvangilesThème · Apparitions post-résurrectionThème · Passion et RésurrectionSérie · Péricopes de la Passion et Résurrection

La réaction de Pierre et de Jean

Après avoir entendu le témoignage de Marie de Magdala, Pierre et Jean décident de se rendre au tombeau pour constater par eux-mêmes la réalité des faits qu'elle rapporte....

En bref

La péricope 368 analyse la réaction de Pierre et Jean après le témoignage de Marie de Magdala sur le tombeau vide. Les deux apôtres courent au sépulcre, y découvrent les linges funéraires et le suaire plié, mais ne comprennent pas encore la réalité de la résurrection. L'article harmonise les récits de Luc 24.12 et Jean 20.3-12, distingue deux annonces successives aux disciples et souligne l'incompréhension initiale face aux prophéties de Jésus sur sa résurrection.

Lecture
33 min
Références
51
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
05/06/2026
Mise à jour
24/06/2026
Personnages

Pierre · Jean · Marie de Magdala · Jésus · anges · Pilate

Lieux

Jérusalem · tombeau · mont Golgotha

Périodes

dimanche 3 avril 33 ap. J.-C. · matin de la résurrection · époque du Second Temple

Mots-clés

résurrection · tombeau vide · Pierre · Jean · Marie de Magdala · linges funéraires · apparitions · synopse évangélique · Pâques · Jérusalem

Notions

harmonisation des Évangiles · témoignage oculaire · incompréhension des disciples · foi pascale · annonces de la résurrection · chronologie de la résurrection · suaire · disciple bien-aimé · comptage inclusif juif

Références bibliques

Luc 24.12 · Jean 20.3-12 · Jean 20.1-2 · Jean 20.6-7 · Jean 20.9 · Jean 21.24 · Luc 24.6 · Luc 24.9-10 · Matthieu 28.5-7 · Marc 16.6-7 (+ 9, voir l'index)

Résumé

La péricope 368 intitulée 'La réaction de Pierre et de Jean' s'inscrit dans le cadre de la synopse des Évangiles et traite d'un épisode crucial du matin de la résurrection : la course de Pierre et Jean vers le tombeau vide, après avoir reçu le témoignage de Marie de Magdala. Cet article propose une analyse harmonisée des récits évangéliques, en s'appuyant principalement sur Luc 24.12 et Jean 20.3-12, les seuls évangélistes à relater cet épisode spécifique. L'article commence par situer chronologiquement l'événement : le dimanche 3 avril, au matin, au tombeau situé près du mont Golgotha à Jérusalem. Il s'intègre dans une séquence plus large qui comprend la résurrection elle-même, les gardes au tombeau et les différentes apparitions du Messie ressuscité. Un premier point d'analyse porte sur la distinction entre deux annonces successives faites aux disciples. La première émane de Marie de Magdala, qui, après avoir constaté que la pierre avait été roulée (Jean 20.1), se rend immédiatement auprès de Pierre et du disciple bien-aimé pour les informer de la disparition du corps : 'Ils ont enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis' (Jean 20.2). À ce stade, Marie n'a pas encore rencontré les anges ni entendu l'annonce de la résurrection. La seconde annonce provient des autres femmes qui, après être entrées dans le tombeau, reçoivent le message angélique : 'Il n'est point ici, mais il est ressuscité' (Luc 24.6 ; Matthieu 28.5-7 ; Marc 16.6-7). Ces deux annonces distinctes permettent de mieux comprendre pourquoi Pierre et Jean se rendent au tombeau sans avoir encore connaissance du message de résurrection. Le deuxième point examine la course de Pierre et Jean vers le sépulcre. Animés par le seul témoignage de Marie concernant la disparition du corps, les deux disciples courent vers le tombeau (Jean 20.3-4). Jean, arrivé le premier, s'arrête à l'entrée et observe les linges funéraires. Pierre, lui, entre directement à l'intérieur du tombeau (Jean 20.6), puis Jean le suit (Jean 20.8). Tous deux découvrent les linges déposés à leur place et le suaire soigneusement plié à part (Jean 20.6-7). La précision de ces détails témoigne de la valeur du témoignage oculaire du disciple bien-aimé, identifié comme source directe du quatrième Évangile (Jean 21.24). Le troisième point analyse l'incompréhension persistante des disciples face au tombeau vide. Malgré les multiples annonces préalables de Jésus concernant sa mort et sa résurrection (Matthieu 16.21 ; Matthieu 17.22-23 ; Matthieu 20.18-19 ; Marc 8.31 ; Luc 9.22), Pierre et Jean ne font pas encore le lien entre ces prophéties et ce qu'ils découvrent. L'Évangile de Jean souligne explicitement cette incompréhension, indiquant que les disciples 'ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, il fallait qu'il ressuscitât des morts' (Jean 20.9). Cela illustre la difficulté humaine à intégrer une réalité aussi inédite que la résurrection corporelle. L'article s'appuie également sur plusieurs annexes complémentaires : ANN026 sur l'heure de la crucifixion, ANN027 sur le dernier repas de Pâque, ANN028 sur la journée juive au temps de Jésus, et ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs. Ces ressources permettent de replacer l'épisode dans son contexte historique, culturel et liturgique précis. En conclusion, cet article offre une lecture méthodique et harmonisée d'un moment charnière de la Passion-Résurrection : la réaction immédiate de deux disciples face à l'annonce d'un tombeau vide. Il met en lumière la progression vers la foi pascale, encore balbutiante à ce stade, et la valeur du témoignage apostolique comme fondement de la tradition évangélique. L'épisode révèle également la différence de tempérament entre Pierre, qui agit impétueusement, et Jean, qui observe et finit par croire. Cette péricope constitue un maillon essentiel dans la compréhension de la dynamique narrative des récits de résurrection.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 24.12 (Louis Segond S21)

Cependant, Pierre se leva et courut au tombeau. Il se baissa et ne vit que les bandelettes [qui étaient par terre]; puis il s'en alla chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

Jean
Jean 20.3-12 (Louis Segond S21)

Pierre et l'autre disciple sortirent donc et allèrent au tombeau.

Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

Il se pencha et vit les bandelettes posées par terre, cependant il n'entra pas.

Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le tombeau. Il vit les bandelettes posées par terre;

le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus n'était pas avec les bandes, mais enroulé dans un endroit à part.

Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi, il vit et il crut.

En effet, ils n'avaient pas encore compris que, d'après l'Ecriture, Jésus devait ressusciter.

Ensuite les disciples repartirent chez eux.

Cependant, Marie se tenait dehors près du tombeau et pleurait. Tout en pleurant, elle se pencha pour regarder dans le tombeau,

et elle vit deux anges habillés de blanc assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête et l'autre aux pieds.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le tombeau près de mont Golgotha à Jérusalem

Date : le dimanche 3 avril, le matin

Mode opératoire : Nous basculons avec Jean

Note sur le mode opératoire : Seul Luc notent aussi ce fait

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph dimanche

Après avoir entendu le témoignage de Marie de Magdala, Pierre et Jean décident de se rendre au tombeau pour constater par eux-mêmes la réalité des faits qu'elle rapporte.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_29 Un dernier petit point reste à traiter, le Messie Jésus avait parlé de résurrection alors, il est plus prudent de placer des gardes devant le tombeau. C’est la demande formulée à Pilate le jour même du Sabbat, rien n’arrête ces fervents religieux. Matthieu 27.62-66.

_30 La résurrection a lieu le dimanche matin à l’aube. Nous avons bien les 3 jours et 3 nuits selon le comptage inclusif juif. Matthieu 28.2-4 ; Marc 16.2-4 ; Luc 24.1-3. Nous prenons en compte la nuit en plein midi.

_31 Maintenant, il y a les différentes apparitions du Messie Jésus, vivant, à partir du dimanche 3 avril 33 de bon matin. Jean 20.11-18 ; Matthieu 28.8-10 ; Marc 16.8 ; Jean 20.24-34 ; Marc 16.13-14 ; Luc 24.13-35 ; Marc 16.14 ; Luc 24.36-49 ; Jean 20.26-31 ; Jean 21.1-14.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

1- Deux annonces successives aux disciples

Selon une hypothèse d'harmonisation des récits évangéliques, il convient de distinguer deux annonces successives adressées aux disciples au matin de la résurrection.

La première provient de Marie de Magdala. Après avoir constaté que la pierre avait été roulée (Jean 20.1), elle conclut que le corps de Jésus a été enlevé et se rend aussitôt auprès de Pierre et du disciple bien-aimé : « Ils ont enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis » (Jean 20.2). À ce moment-là, rien n'indique qu'elle ait encore vu les anges ou entendu l'annonce de la résurrection.

La seconde annonce provient des autres femmes qui, après être entrées dans le tombeau, reçoivent le message des anges : « Il n'est point ici, mais il est ressuscité » (Luc 24.6 ; Matthieu 28.5-7 ; Marc 16.6-7). Elles retournent ensuite vers les disciples afin de leur rapporter ce qu'elles ont vu et entendu (Luc 24.9-10).

2- La course de Pierre et de Jean vers le tombeau

À la suite du témoignage de Marie de Magdala, Pierre et Jean quittent vraisemblablement leur lieu de refuge sans posséder la moindre information concernant une éventuelle résurrection. Leur objectif consiste uniquement à vérifier la disparition du corps signalée par Marie.

Jean rapporte que les deux disciples se mettent à courir vers le sépulcre (Jean 20.3-4). Pierre entre le premier dans le tombeau, puis Jean le suit (Jean 20.6-8). Tous deux découvrent les linges funéraires déposés à leur place et le suaire plié à part (Jean 20.6-7).

La précision de ces détails laisse supposer que le quatrième Évangile repose ici sur le témoignage direct du disciple bien-aimé, lui-même présent lors de ces événements (Jean 21.24).

3- Une compréhension encore incomplète

Bien que les disciples aient entendu à plusieurs reprises Jésus annoncer sa mort et sa résurrection (Matthieu 16.21 ; Matthieu 17.22-23 ; Matthieu 20.18-19 ; Marc 8.31 ; Luc 9.22), ils ne parviennent pas encore à faire le lien entre ces annonces et ce qu'ils découvrent devant le tombeau vide.

Jean souligne explicitement cette incompréhension : « Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait ressusciter des morts » (Jean 20.9). Luc note également que les disciples d'Emmaüs, quelques heures plus tard, demeurent encore désorientés et expriment leur déception : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël » (Luc 24.21).

Le traumatisme provoqué par la Passion et certaines attentes messianiques insuffisamment comprises semblent avoir empêché les disciples d'interpréter immédiatement les événements à la lumière des Écritures (Luc 18.31-34).

4- Pourquoi Pierre et Jean ne rencontrent-ils pas les autres femmes ?

Une difficulté demeure néanmoins : comment Pierre et Jean ont-ils pu se rendre au tombeau sans rencontrer les femmes qui revenaient après avoir reçu le message des anges ?

Les Évangiles ne répondent pas directement à cette question. Ils ne fournissent ni les itinéraires empruntés ni les indications chronologiques précises permettant de reconstituer tous les déplacements de cette matinée.

Le contexte historique permet toutefois de proposer plusieurs explications plausibles. Depuis l'arrestation de Jésus, les disciples vivent dans la peur. Les autorités religieuses qui ont obtenu sa condamnation demeurent hostiles à ses partisans (Jean 19.15-16). Le soir même de la résurrection, les disciples se réunissent encore portes fermées « par crainte des Juifs » (Jean 20.19).

Par ailleurs, Jérusalem est alors remplie de pèlerins venus célébrer la Pâque (Jean 11.55). Il est donc possible que les différents groupes aient emprunté des chemins distincts ou que leurs déplacements se soient déroulés à quelques minutes d'intervalle, sans qu'ils se rencontrent nécessairement.

5- Les déplacements des disciples dans un climat d'incertitude

Le climat qui règne parmi les disciples après la crucifixion est marqué par la peur, la confusion et la dispersion. Rien n'indique l'existence d'une organisation particulière entre les différents témoins.

Les déplacements semblent au contraire s'effectuer de manière spontanée et par petits groupes. Cette situation explique vraisemblablement certaines difficultés d'harmonisation des récits. Les évangélistes ne cherchent pas à décrire tous les trajets ni à établir une chronologie minutieuse des événements, mais à rapporter les faits essentiels qui fondent la foi chrétienne.

6- Le témoignage progressif des femmes

Après leur retour du tombeau, les autres femmes annoncent aux apôtres ce qu'elles ont vu et entendu (Luc 24.9-10). Leur témoignage est toutefois accueilli avec incrédulité : « Ces paroles leur parurent comme des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes » (Luc 24.11).

Plus tard, Marie de Magdala revient à son tour avec un témoignage encore plus extraordinaire : « J'ai vu le Seigneur » (Jean 20.18). Son affirmation vient alors s'ajouter à celle des autres femmes, qui avaient elles-mêmes rencontré Jésus sur le chemin de leur retour (Matthieu 28.9-10).

Ainsi, les premiers témoignages de la résurrection proviennent exclusivement de femmes, un détail particulièrement remarquable dans le contexte du judaïsme du Ier siècle, où leur témoignage ne possédait généralement pas la même valeur juridique que celui des hommes.

7- Une succession d'événements difficile à reconstituer avec précision

La diversité des récits évangéliques montre que les auteurs sacrés ne cherchent pas à fournir une chronique exhaustive des événements. Chacun sélectionne et organise les faits en fonction de ses objectifs théologiques et de son propre témoignage (Luc 1.1-4 ; Jean 20.30-31).

Toute tentative d'harmonisation doit donc être menée avec prudence. Les différentes hypothèses proposées permettent d'obtenir une reconstruction cohérente de la matinée de la résurrection, sans toutefois prétendre résoudre toutes les difficultés chronologiques.

8- Le message essentiel des évangélistes

Au-delà des détails secondaires, les quatre Évangiles convergent vers une même affirmation fondamentale : le tombeau est vide et Jésus est réellement ressuscité (Matthieu 28.6 ; Marc 16.6 ; Luc 24.6 ; Jean 20.1-18).

Cette conviction sera bientôt confirmée par de nombreuses apparitions du Christ ressuscité à ses disciples (Luc 24.34 ; Jean 20.19-29) ainsi que par le témoignage ultérieur de l'apôtre Paul, qui rappelle que le Seigneur est apparu à Céphas, aux Douze, puis à plus de cinq cents frères à la fois (1 Corinthiens 15.3-8).

Ainsi, malgré certaines difficultés d'harmonisation, les différents témoignages convergent vers une même réalité historique et théologique : Jésus-Christ est vivant, conformément aux Écritures (Luc 24.44-46).

Où sont les autres apôtres ?

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le sabbat
Le sabbat est un jour de repos et de sanctification dans la tradition juive, observé du vendredi soir au samedi soir. Commandement Biblique : Le sabbat est l'un des Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. INF089
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Luc 24.12 · Jean 20.3-12 · Jean 20.1-2 · Jean 20.6-7 · Jean 20.9 · Jean 21.24 · Luc 24.6 · Luc 24.9-10 · Matthieu 28.5-7 · Marc 16.6-7 · Matthieu 16.21 · Matthieu 17.22-23 · Matthieu 20.18-19 · Marc 8.31 · Luc 9.22 · Matthieu 27.62-66 · Matthieu 28.2-4 · Marc 16.2-4 · Luc 24.1-3

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per368-la-reaction-de-pierre-et-de-jean/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.