SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Les femmes se rendent au Tombeau

Les femmes qui avaient accompagné Jésus durant son ministère demeurent parmi les plus fidèles de ses disciples au moment de sa mort et de sa mise au tombeau...

En bref

La péricope 364 relate le départ des femmes vers le tombeau de Jésus, tôt le dimanche matin, attesté par les quatre évangiles. Mues par leur fidélité et leur attachement à Jésus, elles apportent des aromates sans s'attendre à une résurrection. L'article souligne leur constance face à la défaillance des apôtres, leur incompréhension des annonces de résurrection et leur ignorance des gardes placées au tombeau. Une analyse synoptique rigoureuse dans le cadre de la Passion et de la Résurrection.

Lecture
28 min
Références
42
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
02/06/2026
Mise à jour
24/06/2026
Personnages

Marie de Magdala · Jésus · Pilate · les femmes disciples · les apôtres · les souverains sacrificateurs · les pharisiens

Lieux

Jérusalem · tombeau de Jésus

Périodes

dimanche 3 avril au matin · après la crucifixion · lendemain du sabbat · période de la Passion

Mots-clés

résurrection · tombeau · femmes disciples · Marie de Magdala · synopse · Passion · aromates · fidélité · pierre du tombeau · dimanche matin

Notions

fidélité des femmes disciples · incompréhension de la résurrection · comptage inclusif juif · soins funéraires · garde au tombeau · annonces de la Passion · attachement à Jésus · synopse évangélique

Références bibliques

Matthieu 28.1 · Marc 16.1-3 · Luc 24.1 · Jean 20.1 · Matthieu 27.62-66 · Matthieu 28.2-4 · Marc 16.2-4 · Luc 24.1-3 · Matthieu 26.56 · Matthieu 27.55-56 (+ 11, voir l'index)

Résumé

La péricope 364 intitulée 'Les femmes se rendent au Tombeau' constitue un moment charnière dans le récit de la Passion et de la Résurrection de Jésus. Elle est attestée par les quatre évangélistes — Matthieu (28.1), Marc (16.1-3), Luc (24.1) et Jean (20.1) — ce qui en fait l'un des épisodes les mieux documentés de la synopse évangélique. L'événement se situe le dimanche 3 avril, très tôt le matin, au tombeau situé près de Jérusalem. L'article commence par replacer cet épisode dans sa séquence chronologique. Après la crucifixion, les autorités religieuses juives estiment avoir définitivement réglé l'affaire Jésus sans provoquer de troubles populaires. Cependant, se souvenant que Jésus avait annoncé sa résurrection, elles obtiennent de Pilate qu'une garde soit placée devant le tombeau, et ce le jour même du sabbat (Matthieu 27.62-66). La résurrection a lieu le dimanche matin à l'aube, ce qui correspond aux trois jours et trois nuits selon le mode de comptage inclusif juif, qui intègre également la nuit en plein midi, thème développé dans l'annexe ANN026 consacrée à l'heure de la crucifixion. Le commentaire théologique s'articule autour de quatre axes principaux. Premièrement, la fidélité des femmes est soulignée avec force. Tandis que la plupart des apôtres se sont dispersés par crainte après l'arrestation de Jésus (Matthieu 26.56), plusieurs femmes sont restées présentes tout au long de la crucifixion et de la mise au tombeau (Matthieu 27.55-56 ; Marc 15.40-41 ; Luc 23.49). Leur constance contraste avec la défaillance momentanée des disciples masculins et révèle leur place centrale parmi les proches de Jésus. Deuxièmement, leur démarche au tombeau est analysée comme un geste d'attachement profond plutôt que comme un simple accomplissement de rites funéraires. Ces femmes apportent des aromates pour compléter les soins donnés au corps de Jésus (Marc 16.1-2 ; Luc 24.1 ; Jean 20.1). Leur venue traduit un lien personnel fort avec celui qui avait transformé leur vie (Luc 8.1-3). Marie de Magdala, délivrée de plusieurs démons par Jésus (Luc 8.2 ; Jean 19.25), constitue un exemple particulièrement éclairant, même si rien ne laisse penser qu'elle comprenait alors davantage que les autres la portée des événements. Troisièmement, l'article insiste sur le fait que la résurrection de Jésus demeurait incomprise, y compris par ses disciples les plus proches. Pourtant, Jésus avait annoncé à plusieurs reprises sa Passion et sa résurrection au cours de son ministère (Matthieu 16.21 ; 17.22-23 ; 20.18-19). Luc précise que le sens de ces paroles restait caché à ses disciples avant leur accomplissement (Luc 18.31-34). Les femmes ne se rendent donc pas au tombeau en espérant un miracle : leur préoccupation est pratique, comme en témoigne leur interrogation : 'Qui nous roulera la pierre de devant l'entrée du tombeau ?' (Marc 16.3). Cette question confirme qu'elles s'attendaient à trouver le corps de Jésus à l'intérieur. Quatrièmement, leur ignorance probable des mesures de sécurité prises par les autorités est relevée. Selon Matthieu (27.62-66), la pierre avait été scellée et une garde militaire positionnée devant le sépulcre. Les femmes n'en semblent pas informées, ce qui renforce l'idée que leur visite est spontanée, guidée par l'amour et la fidélité plutôt que par une stratégie ou une anticipation théologique. Cet article s'inscrit dans un travail synoptique rigoureux, comparant les récits parallèles des quatre évangiles pour en dégager les points de convergence et les nuances propres à chaque évangéliste. Il propose également des renvois vers des annexes complémentaires sur le calendrier juif, les souverains sacrificateurs, le dernier repas de Pâque et l'heure de la crucifixion, permettant au lecteur de situer précisément cet épisode dans son contexte historique et liturgique. Destiné à un public intermédiaire, cet article offre une lecture à la fois accessible et documentée de l'un des récits fondateurs de la foi chrétienne.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 28.1 (Louis Segond S21)

Après le sabbat, à l'aube du dimanche, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le tombeau.

Marc
Marc 16.1-3 (Louis Segond S21)

Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin d'aller embaumer Jésus.

Le dimanche, elles se rendirent au tombeau de grand matin, au lever du soleil.

Elles se disaient entre elles: «Qui nous roulera la pierre qui ferme l'entrée du tombeau?»

Luc
Luc 24.1 (Louis Segond S21)

Le dimanche, elles se rendirent au tombeau de grand matin [avec quelques autres] en apportant les aromates qu'elles avaient préparés.

Jean
Jean 20.1 (Louis Segond S21)

Le dimanche, Marie de Magdala se rendit au tombeau de bon matin, alors qu'il faisait encore sombre, et elle vit que la pierre avait été enlevée [de l'entrée] du tombeau.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le tombeau près de Jérusalem

Date : le dimanche 3 avril, très tôt le matin

Mode opératoire : Nous continuons avec Matthieu

Note sur le mode opératoire : Marc, Luc et Jean notent aussi ce fait

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph dimanche

Le dimanche matin juste avant l’aube les femmes vont au tombeau.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_28 Aux yeux de tous, cette affaire est maintenant réglée définitivement et le bilan est plutôt positif pour ces dirigeants, il n’y a eu aucun mouvement de foule.

_29 Un dernier petit point reste à traiter, le Messie Jésus avait parlé de résurrection alors, il est plus prudent de placer des gardes devant le tombeau. C’est la demande formulée à Pilate le jour même du Sabbat, rien n’arrête ces fervents religieux. Matthieu 27.62-66.

_30 La résurrection a lieu le dimanche matin à l’aube. Nous avons bien les 3 jours et 3 nuits selon le comptage inclusif juif. Matthieu 28.2-4 ; Marc 16.2-4 ; Luc 24.1-3. Nous prenons en compte la nuit en plein midi.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

1- La fidélité des femmes

Les femmes qui avaient accompagné Jésus durant son ministère figurent parmi les disciples les plus fidèles au moment de sa Passion. Alors que la plupart des apôtres se sont dispersés sous l'effet de la peur après l'arrestation de leur Maître (Matthieu 26.56), plusieurs femmes demeurent présentes jusqu'à la crucifixion et assistent également à sa mise au tombeau (Matthieu 27.55-56 ; Marc 15.40-41 ; Luc 23.49). Leur présence contraste avec la défaillance momentanée des disciples et souligne la place importante qu'elles occupent parmi les proches de Jésus.

2- Une démarche inspirée par l'attachement à Jésus

Dès les premières heures du jour suivant le sabbat, ces femmes se rendent au tombeau afin d'apporter des aromates destinés à compléter les soins funéraires rendus au corps de Jésus (Marc 16.1-2 ; Luc 24.1 ; Jean 20.1). Leur démarche semble dépasser le simple accomplissement d'une coutume funéraire. Elle paraît traduire l'attachement profond qu'elles éprouvaient pour celui qui avait profondément marqué leur existence (Luc 8.1-3).

Marie de Magdala offre un exemple particulièrement significatif. Jésus l'avait délivrée de plusieurs démons, et elle figure ensuite parmi les disciples qui l'accompagnent fidèlement jusqu'à la croix et au tombeau (Luc 8.2 ; Jean 19.25). Rien n'indique cependant qu'elle se distingue alors des autres femmes par une compréhension plus profonde des événements.

3- Une résurrection encore incomprise

Malgré les nombreuses annonces de sa Passion et de sa résurrection, prononcées au cours de son ministère (Matthieu 16.21 ; Matthieu 17.22-23 ; Matthieu 20.18-19), Jésus n'avait pas été compris pleinement par ses disciples. Luc précise même que le sens de ces paroles leur demeurait caché avant leur accomplissement (Luc 18.31-34).

Les femmes ne se rendent donc pas au tombeau dans l'attente d'un miracle ou d'une résurrection imminente. Leur préoccupation est beaucoup plus concrète : « Qui nous roulera la pierre de devant l'entrée du tombeau ? » (Marc 16.3). Cette question montre qu'elles s'attendent à trouver le corps de Jésus à l'intérieur du sépulcre.

4- La pierre et la présence des gardes

Cette interrogation laisse penser qu'elles ignoraient vraisemblablement les dispositions prises à la demande des principaux sacrificateurs et des pharisiens. Selon Matthieu, une garde avait été placée devant le tombeau et la pierre avait été scellée (Matthieu 27.62-66).

L'identité exacte de ces gardes fait l'objet de discussions parmi les commentateurs. Qu'il s'agisse de soldats romains ou de gardes attachés au Temple, leur présence constituait un obstacle considérable. Cette démarche des femmes témoigne donc davantage de leur fidélité et de leur détermination que d'une réflexion pratique approfondie.

5- Le poids du deuil et des événements récents

Les circonstances dans lesquelles elles se trouvent permettent également de comprendre leur comportement. En l'espace de quelques heures seulement, elles ont assisté à l'arrestation de Jésus, à ses comparutions devant les autorités juives et romaines, à sa condamnation, à sa crucifixion et enfin à sa mort (Marc 14.43-72 et Marc 15.1-39).

Le deuil, la tristesse et la désorientation qui accompagnent une telle épreuve rendent difficile toute analyse sereine des événements. Leur désir d'accomplir un dernier geste d'affection envers celui qu'elles considéraient comme leur Maître paraît ainsi parfaitement compréhensible.

6- Marie de Magdala dans le récit de Jean

L'évangéliste Jean concentre principalement son récit sur Marie de Magdala (Jean 20.1). Cette focalisation ne signifie nullement qu'elle était seule au tombeau. D'ailleurs, lorsqu'elle rapporte sa découverte aux disciples, elle déclare : « Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis » (Jean 20.2). L'emploi du pluriel laisse supposer la présence d'autres femmes avec elle.

Jean accorde néanmoins une place particulière à Marie de Magdala en raison du rôle qu'elle jouera dans la suite du récit. C'est à elle que le Christ ressuscité se manifestera personnellement avant toute autre apparition individuelle rapportée dans les Évangiles (Jean 20.11-18).

7- Les femmes mentionnées par les évangélistes

Les différents évangélistes fournissent des renseignements complémentaires. Matthieu mentionne Marie de Magdala et « l'autre Marie » (Matthieu 28.1). Marc ajoute Salomé (Marc 16.1), que plusieurs commentateurs identifient traditionnellement à la mère de Jacques et de Jean (Matthieu 27.56), sans que cette identification puisse être considérée comme absolument certaine.

Luc cite également Jeanne et Marie, mère de Jacques, tout en précisant qu'elles étaient accompagnées d'autres femmes encore (Luc 24.10). Ces différences ne constituent pas des contradictions, mais reflètent les choix rédactionnels propres à chaque évangéliste.

8- La complémentarité des récits évangéliques

Cette diversité des témoignages constitue même un indice intéressant de leur authenticité. Une uniformité absolue aurait pu faire penser à une harmonisation artificielle. Au contraire, les quatre Évangiles présentent des récits complémentaires qui, mis en parallèle, permettent d'obtenir une vision plus complète des événements.

Conformément à la méthode annoncée par Luc dans son prologue (Luc 1.1-4), les évangélistes ne cherchent pas à rapporter chaque détail de manière exhaustive, mais à transmettre fidèlement les faits qu'ils ont reçus des témoins.

9- Les premières témoins de la résurrection

Dans le contexte du judaïsme du Ier siècle, le témoignage des femmes ne possédait généralement pas la même valeur juridique que celui des hommes. Il est donc remarquable que les Évangiles présentent précisément des femmes comme premières témoins du tombeau vide et des premières annonces angéliques (Matthieu 28.5-7 ; Marc 16.5-7 ; Luc 24.4-8).

Loin d'affaiblir la crédibilité du récit, ce détail est souvent considéré comme un indice en faveur de son authenticité historique. Si les auteurs avaient cherché à élaborer un récit plus conforme aux attentes de leur époque, ils auraient probablement placé des témoins masculins au premier plan.

Ainsi, les femmes arrivent au tombeau avec leurs aromates, préoccupées par la pierre qui en ferme l'accès, sans savoir qu'elles sont sur le point de devenir les premières témoins de l'événement central de la foi chrétienne : la résurrection du Messie Jésus (Matthieu 28.5-6 ; Marc 16.6 ; Luc 24.5-6 ; Jean 20.1-18). Leur fidélité dans les heures les plus sombres sera honorée par Dieu, qui fera d'elles les premières messagères de la victoire du Christ sur la mort (Matthieu 28.7-10).

Qui a été témoin des scènes décrites par Matthieu ?

Lexique
Les autorités juives
Les autorités qui ordonnent l'arrestation de Pierre et Jean en Actes des apôtres 4.1-3 constituent un ensemble de responsables religieux particulièrement influents. Luc mentionne trois groupes distincts : les sacrificateurs, le commandant du Temple et les sadducéens. INF380
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Le sabbat
Le sabbat est un jour de repos et de sanctification dans la tradition juive, observé du vendredi soir au samedi soir. Commandement Biblique : Le sabbat est l'un des Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. INF089
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Matthieu 28.1 · Marc 16.1-3 · Luc 24.1 · Jean 20.1 · Matthieu 27.62-66 · Matthieu 28.2-4 · Marc 16.2-4 · Luc 24.1-3 · Matthieu 26.56 · Matthieu 27.55-56 · Marc 15.40-41 · Luc 23.49 · Marc 16.1-2 · Luc 8.1-3 · Luc 8.2 · Jean 19.25 · Matthieu 16.21 · Matthieu 17.22-23 · Matthieu 20.18-19 · Luc 18.31-34 · Marc 16.3

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/per364-les-femmes-se-rendent-au-tombeau/, exportée le 26/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.