SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
PER362 Les Évangiles : contexte et particularités des récits Parcours · Synopse des ÉvangilesThème · CrucifixionThème · Passion et RésurrectionSérie · Péricopes de la Passion

Joseph d’Arimathée et Nicodème mettent le corps de Jésus dans le tombeau

Joseph d'Arimathée et Nicodème déposent avec respect le corps du Messie Jésus dans le tombeau...

En bref

Joseph d'Arimathée et Nicodème, deux membres du Sanhédrin favorables à Jésus, ensevelissent son corps le vendredi 1er avril 33, avant le Sabbat. Nicodème apporte une grande quantité d'aromates, Joseph fournit son tombeau neuf. Leur geste courageux et public, accompli selon les rites juifs, confère à la sépulture du Messie une dimension royale et honorifique, marquant leur sortie de la discrétion après la crucifixion.

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20 min
Références
31
Livres cités
8
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
01/06/2026
Mise à jour
25/06/2026
Personnages

Joseph d'Arimathée · Nicodème · Jésus · Pilate

Lieux

Golgotha · Jérusalem · Arimathée · tombeau neuf

Périodes

vendredi 1er avril 33 · avant le Sabbat · vers 15h-18h · période de la Passion

Mots-clés

Joseph d'Arimathée · Nicodème · tombeau · ensevelissement · crucifixion · Passion · Sanhédrin · sépulture de Jésus · linceul · aromates

Notions

nouvelle naissance · pureté rituelle · sépulture royale · disciple secret · accomplissement prophétique · foi courageuse · embaumement juif · Sabbat · calendrier juif · régénération spirituelle

Références bibliques

Matthieu 27.59-61 · Marc 15.46-47 · Luc 23.50-56 · Jean 19.39-42 · Jean 3.1-7 · Jean 7.50-52 · Jean 19.38 · Jean 19.41 · Matthieu 27.45 · Marc 15.33 (+ 4, voir l'index)

Résumé

La péricope 362 traite de l'ensevelissement du corps de Jésus par Joseph d'Arimathée et Nicodème, événement qui se déroule le vendredi 1er avril 33, entre 15h et 18h, soit dans les dernières heures précédant le début du Sabbat juif. Cet épisode est rapporté par les quatre évangélistes, ce qui lui confère une importance particulière dans la tradition synoptique et johannique. Nicodème est présenté comme un personnage central du récit johannique. Pharisien influent et membre du Sanhédrin, il avait rencontré Jésus de nuit environ deux ans auparavant pour un entretien théologique fondateur, au cours duquel Jésus lui avait enseigné la nécessité de la nouvelle naissance spirituelle comme condition d'accès au Royaume de Dieu. Convaincu que Jésus était un envoyé de Dieu attesté par ses miracles, Nicodème avait déjà tenté de le défendre au sein du Sanhédrin en invoquant le droit d'être entendu avant toute condamnation. Cette démarche juridiquement fondée avait été rejetée avec mépris par ses collègues, illustrant l'endurcissement des autorités religieuses face au témoignage messianique de Jésus. Anticipant l'issue du procès, Nicodème apporte pour l'embaumement un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres romaines, soit plus de trente kilogrammes. Cette quantité exceptionnelle évoque les pratiques funéraires réservées aux personnages de rang royal, conférant à l'ensevelissement une dimension honorifique remarquable pour un condamné à mort. Cette générosité manifeste la haute estime dans laquelle Nicodème tient Jésus et peut être lue comme un acte de foi public, après une période de discrétion imposée par la peur. Joseph d'Arimathée, également membre du Sanhédrin, est quant à lui présenté comme un disciple de Jésus resté secret par crainte des autorités juives. Il prend l'initiative de se rendre auprès de Pilate pour réclamer le corps de Jésus, geste qui requiert un courage certain dans le contexte de répression qui suit la crucifixion. Il fournit un linceul de fin lin blanc et met à disposition son tombeau personnel, neuf, taillé dans le roc et situé dans un jardin proche du Golgotha. Le fait que ce tombeau n'ait encore jamais été utilisé est explicitement souligné par les évangélistes, soulignant la pureté rituelle et la dignité de la sépulture accordée à Jésus. Ensemble, les deux hommes apprêtent le corps de Jésus, l'enveloppant dans le linceul avec les aromates selon les coutumes funéraires juives. Ce geste, accompli publiquement par deux personnages de rang élevé, les expose à l'impureté rituelle ainsi qu'à la réprobation de leurs pairs. Il constitue donc un acte de foi courageux, marquant leur sortie de l'ombre après la mort du Maître. Sur le plan chronologique, l'article précise que les ténèbres couvrent Jérusalem de midi à 15h, que la mort survient vers 15h, et que la mise au tombeau est réalisée vers 17h, avant le début du Sabbat fixé approximativement à 17h50. Les trois jours et trois nuits évoqués par Jésus commencent avec cette nuit du vendredi, conformément au décompte du calendrier juif. L'article renvoie également à plusieurs annexes complémentaires portant sur le dernier repas de Pâque, la journée juive au temps de Jésus, l'heure de la crucifixion et les Souverains Sacrificateurs. Cette péricope s'inscrit dans le cadre plus large de la Passion et de la Résurrection de Jésus. Elle met en lumière plusieurs thèmes théologiques importants : le courage de la foi face à l'hostilité institutionnelle, l'accomplissement des prophéties relatives à la sépulture du Messie, la dignité royale conférée à Jésus même dans la mort, et la transition entre la mort et la résurrection. La sépulture de Jésus est ainsi présentée non comme un simple geste pratique, mais comme un acte chargé de signification théologique et symbolique, préparant le terrain au récit de la résurrection qui suit.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 27.59-61 (Louis Segond S21)

Joseph prit le corps, l'enveloppa dans un drap de lin pur

et le déposa dans un tombeau neuf qu'il s'était fait creuser dans la roche. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.

Marie de Magdala et l'autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du tombeau.

Marc
Marc 15.46-47 (Louis Segond S21)

Joseph acheta un drap de lin, descendit Jésus de la croix, l'enveloppa dans le drap de lin et le déposa dans un tombeau taillé dans la roche. Puis il roula une pierre à l'entrée du tombeau.

Marie de Magdala et Marie la mère de Joses regardaient où l'on déposait Jésus.

Luc
Luc 23.50-56 (Louis Segond S21)

Il y avait un membre du sanhédrin du nom de Joseph; homme bon et juste,

il ne s'était pas associé à la décision et aux actes des autres. Il était d'Arimathée, ville des Juifs, et il attendait lui aussi le royaume de Dieu.

Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus.

Il le descendit de la croix, l'enveloppa dans un drap de lin et le déposa dans un tombeau taillé dans la roche, où personne n'avait encore été mis.

C'était le jour de la préparation du sabbat, le sabbat allait commencer.

Des femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph. Elles virent le tombeau et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé.

Puis elles repartirent et préparèrent des aromates et des parfums. Le jour du sabbat elles se reposèrent, comme le prescrit la loi.

Jean
Jean 19.39-42 (Louis Segond S21)

Nicodème, l'homme qui auparavant était allé trouver Jésus de nuit, vint aussi. Il apportait un mélange d'environ 30 kilos de myrrhe et d'aloès.

Ils prirent donc le corps de Jésus et l'enveloppèrent de bandelettes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs.

Or, il y avait un jardin à l'endroit où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un tombeau neuf où personne encore n'avait été mis.

Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus parce que c'était la préparation de la Pâque des Juifs et que le tombeau était proche.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le mont Golgotha

Date : le vendredi 1er avril, avant 18h00

Mode opératoire : Nous continuons avec Matthieu

Note sur le mode opératoire : Marc et Jean notent aussi cette intervention de Joseph d'Arimathée

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Joseph d'Arimathée et Nicodème déposent avec respect le corps du Messie Jésus dans le tombeau.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_25 D’environ midi à 15 h, il y a des ténèbres sur la région de Jérusalem. Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44.

_26 La mort sur la croix a lieu le vendredi 1er avril 33 vers 15 h, selon les Évangiles. Elle intervient avant la fin de cette nuit extraordinaire. Les trois jours et trois nuits commencent avec cette nuit comme le veut le calendrier juif.

_27 La mise au tombeau est envisagée vers 17 h, il fait jour. Nous sommes encore le vendredi qui se termine vers 18 h pour les Juifs. Le Sabbat débute normalement un peu plus tôt vers 17 h 50. Tout est achevé au moment où commence le Sabbat. Matthieu 27.57-61 ; Marc 15.42-47 ; Luc 23.50-56 ; Jean 19.31-42.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

1- Nicodème : un sympathisant dans l'ombre

Le récit johannique révèle un second membre du Sanhédrin favorable à Jésus : Nicodème. Ce pharisien influent avait rencontré le Maître de nuit, environ deux ans auparavant, pour un entretien théologique resté célèbre dans la tradition chrétienne. Les paroles de Jésus — « Il faut que tu naisses de nouveau » — avaient profondément marqué Nicodème, ouvrant une réflexion sur la régénération spirituelle comme condition d'accès au Royaume de Dieu. (Jean 19.39 ; Jean 3.1-7)

2- Une conviction progressive malgré l'hostilité ambiante

Nicodème reconnaissait en Jésus un envoyé de Dieu, attesté par les signes qu'il accomplissait. Cette conviction l'avait conduit à intervenir au sein même du Sanhédrin pour défendre le droit de Jésus à être entendu avant d'être condamné — démarche juridiquement fondée mais rejetée avec mépris par ses pairs. Son échec illustre l'endurcissement croissant des autorités religieuses face au témoignage messianique. (Jean 3.2 ; Jean 7.50-52)

3- Préparatifs d'une sépulture royale

Anticipant l'issue fatale du procès, Nicodème prépare le nécessaire pour l'embaumement : un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres romaines (soit plus de trente kilogrammes). Cette quantité exceptionnelle, digne d'une sépulture royale, témoigne de la haute estime dans laquelle il tenait Jésus et confère à l'ensevelissement une dimension honorifique inhabituelle pour un condamné à mort. (Jean 19.39 ; cf. 2 Chroniques 16.14)

4- Joseph d'Arimathée : le tombeau neuf et le linceul

Joseph d'Arimathée, lui aussi membre du Sanhédrin et « disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs », fournit un linceul de fin lin blanc et met à disposition son propre tombeau neuf, taillé dans le roc et situé dans un jardin proche du Golgotha. Ce tombeau n'avait encore accueilli aucun corps, détail que les évangélistes soulignent pour marquer la dignité et la pureté rituelle de la sépulture. (Matthieu 27.59-60 ; Jean 19.38 ; Jean 19.41)

5- L'ensevelissement : geste d'amour et accomplissement prophétique

Ensemble, Nicodème et Joseph apprêtent personnellement le corps de Jésus, l'enveloppant dans le linceul avec les aromates, conformément aux coutumes funéraires juives. Ce geste, accompli publiquement par deux hommes de rang, requiert courage et expose ses auteurs à l'impureté rituelle ainsi qu'à la réprobation de leurs pairs. Pourtant, à leur insu, ils accomplissent la parole prophétique d'Ésaïe : « On a mis son sépulcre parmi les méchants, et il a été avec le riche dans sa mort. » (Jean 19.40 ; Esaïe 53.9)

6- Les femmes témoins : fidélité et projet d'embaumement

Des femmes, disciples fidèles venues de Galilée avec Jésus, observent la scène à distance. Elles notent soigneusement l'emplacement du tombeau et la disposition du corps, car elles ont l'intention de revenir après le sabbat pour compléter l'embaumement avec leurs propres aromates. Leur présence attentive prépare narrativement leur rôle de premiers témoins du tombeau vide. (Luc 23.55-56 ; Marc 15.47)

7- Transition du vendredi au sabbat : entre deuil et promesse

Le vendredi s'achève ; le sabbat commence au coucher du soleil, conformément à la Loi. Chacun rentre dans sa demeure. Pour la majorité, la vie continue autour de la table sabbatique. Mais un petit nombre, profondément désemparé, pleure son Maître bien-aimé. Ils ignorent encore que ce qui semble être une fin tragique constitue en réalité le pivot du dessein rédempteur de Dieu, annoncé « selon les Écritures ». (Lévitique 23.32 ; Luc 23.48 ; 1 Corinthiens 15.3-4)

8- Convergence des témoignages : de la mort à l'espérance

La convergence des récits synoptiques et johannique autour de l'ensevelissement souligne plusieurs éléments : la dignité accordée au corps du Crucifié malgré sa condamnation, la présence discrète mais réelle de sympathisants au sein même de l'institution hostile, et la préparation narrative de la découverte pascale. Le lecteur est ainsi conduit du scandale de la croix vers l'aube de la résurrection. (Matthieu 27.57-61 ; Marc 15.42-47 ; Luc 23.50-56 ; Jean 19.38-42)

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Le sabbat
Le sabbat est un jour de repos et de sanctification dans la tradition juive, observé du vendredi soir au samedi soir. Commandement Biblique : Le sabbat est l'un des Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. INF089
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Matthieu 27.59-61 · Marc 15.46-47 · Luc 23.50-56 · Jean 19.39-42 · Jean 3.1-7 · Jean 7.50-52 · Jean 19.38 · Jean 19.41 · Matthieu 27.45 · Marc 15.33 · Luc 23.44 · Matthieu 27.57-61 · Marc 15.42-47 · 2 Chroniques 16.14

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per362-joseph-darimathee-et-nicodeme-mettent-le-corps-de-jesus-dans-le-tombeau/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.