SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
PER357 Les Évangiles : contexte et particularités des récits Parcours · Synopse des ÉvangilesThème · Les ÉvangilesThème · Mort de JésusSérie · La dernière journée jusqu'à la crucifixion

La mort du Messie Jésus

Comme souvent, c'est Jean qui apporte des informations complémentaires passées sous silence par les autres évangélistes. Son récit permet de mieux comprendre les événements qui suivent immédiatement la mort du Messie Jésus....

En bref

La péricope PER357 analyse la mort de Jésus sur la croix au Golgotha, le vendredi 1er avril 33 vers 15h, à partir des quatre récits évangéliques. Matthieu et Marc sont très proches ; Luc rapporte les dernières paroles de Jésus et la réaction du centurion ; Jean, témoin direct, précise les événements post-mortem et leur accomplissement prophétique. L'article intègre une chronologie précise des trois jours et trois nuits selon le calendrier juif.

Lecture
19 min
Références
29
Livres cités
8
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
29/05/2026
Mise à jour
05/06/2026
Personnages

Jésus · Pilate · centurion romain · soldats romains · membres du Sanhédrin · Jean l'évangéliste · disciples

Lieux

Golgotha · Jérusalem

Périodes

vendredi 1er avril 33 · vers 15h00 · Semaine de la Passion

Mots-clés

mort de Jésus · crucifixion · Golgotha · Passion · synopse · évangiles · Messie · Pâque · prophéties accomplies · centurion

Notions

accomplissement des prophéties · chronologie pascale · trois jours et trois nuits · calendrier juif · témoignage évangélique · mort sacrificielle · agneau pascal · grand sabbat · remise de l'esprit · coup de lance

Références bibliques

Matthieu 27.45-50 · Marc 15.33-37 · Luc 23.44-48 · Jean 19.28-34 · Matthieu 27.34 · Marc 15.23 · Luc 23.46 · Luc 23.47 · Luc 23.48 · Jean 19.31 (+ 5, voir l'index)

Résumé

La péricope PER357 traite de la mort du Messie Jésus telle qu'elle est rapportée par les quatre évangélistes dans une approche synoptique. L'événement se situe au mont Golgotha, le vendredi 1er avril 33, vers 15 heures. L'article s'inscrit dans une étude chronologique précise de la Passion, en s'appuyant sur les récits parallèles de Matthieu, Marc, Luc et Jean pour en reconstituer le déroulement fidèle. Les récits de Matthieu et de Marc sont présentés comme très proches l'un de l'autre. Ils rapportent que Jésus, après avoir refusé le breuvage mêlé de myrrhe destiné à atténuer la douleur, accepte finalement de boire le vinaigre qui lui est proposé peu avant sa mort. Ce détail est confirmé par Jean, témoin oculaire direct de la scène. Les deux premiers évangélistes décrivent également les ténèbres qui s'étendent sur la région de Jérusalem de midi à 15 heures, détail corroboré par Luc. Luc, pour sa part, apporte des éléments particuliers qui lui sont propres. Il rapporte une parole de Jésus au moment de sa mort : 'Père, je remets mon esprit entre tes mains', qui témoigne d'un abandon confiant au Père au seuil du trépas. Il met également en valeur la réaction du centurion romain qui, profondément bouleversé par ce qu'il a vu, rend témoignage à l'innocence de Jésus en déclarant : 'Certainement, cet homme était juste.' Luc ajoute enfin la réaction de la foule qui quitte les lieux en se frappant la poitrine, geste exprimant le deuil, la crainte ou la repentance. Jean, témoin direct et évangéliste complémentaire aux synoptiques, fournit des informations cruciales sur ce qui suit immédiatement la mort de Jésus. Les autorités religieuses juives souhaitent que les corps ne restent pas exposés sur les croix après le coucher du soleil, car le sabbat qui suit cette Pâque est un 'grand jour', d'une solennité exceptionnelle. Elles demandent donc à Pilate que les condamnés soient achevés rapidement. Les soldats romains brisent les jambes des deux brigands crucifiés aux côtés de Jésus, pratique qui empêche le condamné de prendre appui pour respirer et provoque rapidement l'asphyxie. Mais en arrivant auprès de Jésus, ils constatent qu'il est déjà mort. Un soldat lui perce néanmoins le côté d'un coup de lance, d'où sortent du sang et de l'eau. Jean insiste sur l'importance théologique de ces détails, y voyant l'accomplissement de plusieurs prophéties scripturaires : l'absence de fracture osseuse évoque les prescriptions relatives à l'agneau pascal, et le coup de lance rappelle la prophétie de Zacharie sur celui que l'on a transpercé. Ces correspondances entre les faits historiques et les textes prophétiques de l'Ancien Testament sont au cœur de la démonstration johannique. L'article précise également la chronologie des trois jours et trois nuits, conformément au calendrier juif : la nuit qui commence avec la mort de Jésus le vendredi en fin d'après-midi constitue le point de départ de ce compte. Des renvois sont faits vers plusieurs annexes complémentaires : ANN026 sur l'heure de la crucifixion, ANN027 sur le dernier repas de Pâque, ANN028 sur la journée juive au temps de Jésus, et ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs. Le commentaire souligne que les disciples, protégés par la nuit, se sont approchés de la croix et ont pu entendre les dernières paroles de leur Maître. Les membres du Sanhédrin, quant à eux, estiment avoir remporté une victoire décisive et peuvent désormais célébrer la fête familiale de Pâque l'esprit tranquille. Mais selon l'article, les événements ne se dérouleront pas comme ils l'imaginent, laissant présager la résurrection à venir. Cette péricope constitue un moment central de la Passion dans la synopse évangélique, articulant avec précision les témoignages des quatre évangélistes pour restituer dans toute sa densité théologique et historique le moment de la mort du Messie Jésus.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 27.46-50 (Louis Segond S21)

Vers trois heures de l'après-midi, Jésus s'écria d'une voix forte: «Eli, Eli, lama sabachthani?» – c'est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?

Quelques-uns de ceux qui étaient là, après l'avoir entendu, disaient: «Il appelle Elie.»

Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il imbiba de vinaigre; il la fixa à un roseau et lui donna à boire.

Mais les autres disaient: «Laisse donc, voyons si Elie viendra le sauver.»

Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l'esprit.Note27.51 Le voile du temple: celui qui séparait le lieu saint du lieu très saint, accessible seulement au grand-prêtre, et ce une fois par an.Note27.52 Saints: c'est-à-dire croyants.

Marc
Marc 15.34-37 (Louis Segond S21)

Et à trois heures de l'après-midi, Jésus s'écria d'une voix forte: «Eloï, Eloï, lama sabachthani?» – ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?

Quelques-uns de ceux qui étaient là, après l'avoir entendu, disaient: «Voici qu'il appelle Elie.»

Et l'un d'eux courut remplir une éponge de vinaigre; il la fixa à un roseau et lui donna à boire en disant: «Laissez donc, voyons si Elie viendra le descendre de là.»

Cependant, Jésus poussa un grand cri et expira.Note15.38 Voile du temple: celui qui séparait le lieu saint du lieu très saint, accessible au grand-prêtre seulement, et ce une fois par an.

Luc
Luc 23.46-48 (Louis Segond S21)

Jésus s'écria d'une voix forte: «Père, je remets mon esprit entre tes mains.» Après avoir dit ces paroles, il expira.

Voyant ce qui était arrivé, l'officier romain rendit gloire à Dieu en disant: «Certainement, cet homme était juste.»

Après avoir vu ce qui était arrivé, tous ceux qui en foule assistaient à ce spectacle repartirent en se frappant la poitrine.

Jean
Jean 19.28-30 (Louis Segond S21)

Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà accompli, dit, afin que l'Ecriture se réalise pleinement: «J'ai soif.»Note19.28 L'Ecriture: probable allusion au Psaume 69.22; voir aussi Psaume 22.16.

Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, la fixèrent à une branche d'hysope et l'approchèrent de sa bouche.

Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: «Tout est accompli.» Puis il baissa la tête et rendit l'esprit.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le mont Golgotha

Date : le vendredi 1er avril, vers 15h00

Mode opératoire : Nous suivons toujours Luc

Note sur le mode opératoire : Matthieu et Marc et Jean aussi, confirment cette information

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Les disciples présents, protégé par la nuit, se sont approchés et ont entendu les dernières paroles de leur Maître.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_24 Tous ces membres du Sanhédrin peuvent maintenant participer à la fête familiale de Pâque, l’esprit reposé après ce qu’ils considèrent comme une magnifique victoire. Mais les événements ne vont pas se dérouler comme ils l’imaginaient !

_25 D’environ midi à 15 h, il y a des ténèbres sur la région de Jérusalem. Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44.

_26 La mort sur la croix a lieu le vendredi 1er avril 33 vers 15 h, selon les Évangiles. Elle intervient avant la fin de cette nuit extraordinaire. Les trois jours et trois nuits commencent avec cette nuit comme le veut le calendrier juif.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Les récits de Matthieu et de Marc sont très proches et rapportent sensiblement les mêmes événements (Matthieu 27.45-50 ; Marc 15.33-37). Ils précisent notamment que Jésus accepte finalement de boire le vinaigre qui lui est présenté, alors qu'il avait auparavant refusé le breuvage mêlé de myrrhe destiné à atténuer la souffrance (Matthieu 27.34 ; Marc 15.23). Jean, témoin direct de la scène, confirme également ce détail dans son propre récit (Jean 19.28-30).

Luc rapporte un témoignage globalement conforme, tout en mettant l'accent sur certains éléments particuliers. Il cite une autre parole prononcée par Jésus au moment de sa mort : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc 23.46). Il souligne également la réaction du centurion romain qui, bouleversé par les événements, reconnaît l'innocence du crucifié : « Certainement, cet homme était juste » (Luc 23.47). Luc ajoute enfin que plusieurs spectateurs quittent les lieux en se frappant la poitrine, signe de regret, de crainte ou de repentance (Luc 23.48).

Comme souvent, c'est Jean qui apporte des informations complémentaires passées sous silence par les autres évangélistes. Son récit permet de mieux comprendre les événements qui suivent immédiatement la mort du Messie Jésus.

Les autorités religieuses juives tiennent en effet à ce que les corps ne demeurent pas exposés sur les croix après le coucher du soleil. La fête qui commence ce soir-là revêt un caractère particulièrement solennel, car le sabbat qui suit la Pâque est qualifié de « grand jour » (Jean 19.31). Conformément aux prescriptions de la Loi (Deutéronome 21.22-23), elles demandent donc à Pilate que les condamnés soient achevés rapidement et que leurs corps soient retirés avant le début de la fête.

Pour accélérer leur mort, les soldats romains brisent les jambes des deux brigands crucifiés avec Jésus (Jean 19.32). Cette pratique empêchait les condamnés de prendre appui pour respirer et provoquait rapidement l'asphyxie.

Toutefois, lorsqu'ils arrivent auprès de Jésus, ils constatent avec surprise qu'il est déjà mort (Jean 19.33). Il n'est donc pas nécessaire de lui briser les jambes. Afin de s'assurer de la réalité du décès, l'un des soldats lui perce néanmoins le côté d'un coup de lance, d'où sortent aussitôt du sang et de l'eau (Jean 19.34).

Jean accorde une importance particulière à ce détail, car il y voit l'accomplissement de plusieurs prophéties. D'une part, aucun os du Messie n'est brisé, conformément aux prescriptions relatives à l'agneau pascal (Exode 12.46 ; Nombres 9.12). D'autre part, le coup de lance rappelle la prophétie de Zacharie : « Ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé » (Zacharie 12.10 ; Jean 19.37).

Jean insiste d'ailleurs sur la valeur de son témoignage. Présent au pied de la croix (Jean 19.25-27), il rapporte ce qu'il a personnellement vu et affirme la véracité de son récit (Jean 19.35). Cette scène dramatique demeurera gravée dans sa mémoire jusqu'à la fin de sa vie.

Contrairement aux autres évangélistes, il ne revient pas sur les ténèbres qui ont recouvert le pays pendant plusieurs heures. Son objectif est ailleurs : il souhaite compléter les récits déjà connus en apportant des détails qu'il juge essentiels à la compréhension des événements.

Selon notre hypothèse, Jésus rend son esprit au cours de cette obscurité surnaturelle ou à son terme immédiat. Les témoins présents ne disposent alors que de peu d'éléments visuels pour constater ce qui vient de se produire, car le pays est encore plongé dans les ténèbres (Matthieu 27.45 ; Marc 15.33 ; Luc 23.44-45).

Lorsque la lumière réapparaît progressivement, les observateurs ne peuvent que constater la réalité : le Messie Jésus est mort. Celui qui avait annoncé sa propre mort et sa résurrection vient d'achever son sacrifice. Le silence succède alors aux cris, tandis que commencent les événements qui conduiront à son ensevelissement.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Le sabbat
Le sabbat est un jour de repos et de sanctification dans la tradition juive, observé du vendredi soir au samedi soir. Commandement Biblique : Le sabbat est l'un des Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. INF089
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Un Centurion ou Centenier
Un centurion, ou centenier, était un officier de l'armée romaine. Le terme "centurion" dérive du mot latin "centuria", qui signifie "cent", bien que le nombre de soldats sous les ordres d'un centurion ne soit pas toujours exactement cent. INF094
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Matthieu 27.45-50 · Marc 15.33-37 · Luc 23.44-48 · Jean 19.28-34 · Matthieu 27.34 · Marc 15.23 · Luc 23.46 · Luc 23.47 · Luc 23.48 · Jean 19.31 · Jean 19.32 · Jean 19.33 · Jean 19.34 · Deutéronome 21.22-23 · Zacharie 12.10

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per357-la-mort-du-messie-jesus/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.