SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Le dialogue de Jésus avec Jean et les femmes

Le Messie Jésus trouve encore la force et la lucidité de s’adresser à Jean...

En bref

Au pied de la croix, Jésus confie sa mère Marie à Jean, le disciple bien-aimé (Jean 19.25-27). Seul évangile à rapporter cette scène, Jean souligne la présence courageuse des femmes et de Jean au Golgotha. Ce dialogue révèle une double portée : humaine, Jésus assumant ses responsabilités filiales, et spirituelle, instituant une nouvelle famille fondée sur la foi et non sur le sang. Jean obéit immédiatement, témoignant de sa fidélité.

Lecture
13 min
Références
17
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
04/04/2026
Mise à jour
29/05/2026
Personnages

Jésus · Jean le disciple bien-aimé · Marie mère de Jésus · Marie de Magdala · Marie femme de Clopas · Joseph d'Arimathée · Nicodème · membres du Sanhédrin

Lieux

Mont Golgotha · Jérusalem

Périodes

Vendredi 1er avril · Période de la Passion · Crucifixion · Ier siècle

Mots-clés

crucifixion · Jean · Marie mère de Jésus · disciple bien-aimé · Golgotha · Passion · femmes à la croix · nouvelle famille spirituelle · Jean 19 · synopse

Notions

nouvelle famille de foi · fidélité au Christ · responsabilité filiale · témoignage oculaire · ecclésiologie johannique · présence des femmes à la croix · disciple bien-aimé · autorité de Jésus dans la souffrance

Références bibliques

Jean 19.25-27 · Jean 18.15 · Jean 7.5 · Jean 19.27 · Jean 19.38-39 · Matthieu 26.56 · Matthieu 27.55-56 · Marc 15.40-41 · Marc 15.20-41 · Marc 3.35 (+ 3, voir l'index)

Résumé

La péricope PER355 s'inscrit dans le cadre de la Synopse évangélique et traite du dialogue de Jésus avec Jean et les femmes au pied de la croix, un épisode exclusivement rapporté par l'évangile de Jean (Jean 19.25-27). Cette scène se déroule au mont Golgotha, le vendredi matin du 1er avril, lors de la crucifixion de Jésus. Elle constitue un moment à la fois sobre et profondément émouvant dans le récit de la Passion. Alors que tous les disciples avaient fui lors de l'arrestation de Jésus (Matthieu 26.56), Jean est le seul disciple explicitement mentionné comme présent au moment de la crucifixion. Sa présence représente un risque réel, bien que sa proximité avec le grand prêtre (Jean 18.15) ait pu lui offrir une certaine protection. Autour de la croix se tiennent plusieurs femmes : Marie, la mère de Jésus, sa sœur, Marie femme de Clopas, et Marie de Magdala (Jean 19.25). Contrairement aux récits synoptiques qui évoquent une présence à distance (Matthieu 27.55-56 ; Marc 15.40-41 ; Luc 23.49), Jean souligne leur proximité immédiate, insistant sur leur courage et leur attachement fidèle jusqu'au bout. Dans ce contexte de souffrance extrême, Jésus prononce deux paroles remarquables. S'adressant à sa mère, il dit : « Femme, voici ton fils », puis à Jean : « Voici ta mère » (Jean 19.26-27). Ces paroles dépassent la simple dimension affective et revêtent une double portée, à la fois concrète et symbolique. Sur le plan humain, Jésus confie sa mère à Jean, manifestant ainsi une attention filiale remarquable même au cœur de l'agonie. Ce geste montre qu'il ne se détourne pas de ses responsabilités terrestres, même dans la souffrance ultime. Le fait qu'il ne confie pas Marie à ses frères (Jean 7.5) est significatif : ceux-ci ne croyaient pas encore en lui à ce moment-là, ce qui explique ce choix orienté vers le disciple bien-aimé. Sur le plan spirituel et ecclésiologique, en confiant Marie à Jean, Jésus crée un nouveau lien familial, non fondé sur le sang mais sur la foi. Jean devient le représentant de la communauté des disciples, et Marie prend une dimension symbolique de figure de la communauté croyante. Ce geste illustre la naissance d'une nouvelle famille spirituelle, celle des disciples unis autour du Christ ressuscité (Marc 3.35). Cette interprétation ouvre la voie à une lecture ecclésiologique de la scène. Le texte précise que « dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19.27). Cette obéissance immédiate de Jean souligne sa fidélité et confirme que la parole de Jésus engage une responsabilité concrète, pas seulement symbolique. Ce détail, typique du style johannique, ancre le récit dans la réalité historique tout en lui donnant une résonance spirituelle profonde. D'un point de vue chronologique, l'article précise que la mise en croix a eu lieu vers 9h selon Marc, l'imprécision de la mesure permettant d'inclure le temps de déplacement vers le Golgotha. Les membres du Sanhédrin, convaincus d'avoir remporté une victoire, peuvent maintenant participer à la fête de Pâque, ignorant les événements qui vont suivre. La dimension testimoniale est également mise en avant : les femmes présentes et Jean lui-même constituent des sources directes du récit, renforçant la crédibilité historique du témoignage johannique. D'autres figures comme Joseph d'Arimathée et Nicodème apparaîtront ensuite (Jean 19.38-39), confirmant que même parmi les notables, certains ont été profondément touchés par la Passion de Jésus. Enfin, l'article met en évidence un contraste saisissant : au moment même où Jésus subit l'humiliation et la souffrance de la croix, il continue d'agir avec autorité, compassion et lucidité, prenant soin des siens jusqu'au bout. Ce dialogue au pied de la croix révèle ainsi toute la profondeur de l'amour du Christ et pose les fondements d'une nouvelle communauté de foi, thème central de l'évangile de Jean.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean
Jean 19.25-27 (Louis Segond S21)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie la femme de Clopas et Marie de Magdala.

Jésus vit sa mère et, près d'elle, le disciple qu'il aimait. Il dit à sa mère: «Femme, voici ton fils.»

Puis il dit au disciple: «Voici ta mère.» Dès ce moment-là, le disciple la prit chez lui.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le mont Golgotha

Date : le vendredi 1er avril, le matin

Mode opératoire : Nous revenons maintenant avec Jean

Note sur le mode opératoire : Jean est le seul à donner des détails ce dialogue

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Le Messie Jésus trouve encore la force et la lucidité de s’adresser à Jean.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_23 La mise sur la croix a donc lieu vers 9 h selon le texte de Marc. L’imprécision de la mesure permet d’intercaler le temps de déplacement pour aller jusqu’au mont Golgotha. Marc 15.20-41 ; Matthieu 27.31-56 ; Luc 23.26-49 ; Jean 18.17-30.

_24 Tous ces membres du Sanhédrin peuvent maintenant participer à la fête familiale de Pâque, l’esprit reposé après ce qu’ils considèrent comme une magnifique victoire. Mais les événements ne vont pas se dérouler comme ils l’imaginaient !

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Au pied de la croix, l’évangile de Jean présente une scène à la fois sobre et profondément émouvante (cf. Jean 19.25-27). Alors que tous les disciples avaient fui lors de l’arrestation (cf. Matthieu 26.56), Jean apparaît ici présent. Cette présence est remarquable : il est le seul disciple explicitement mentionné au moment de la crucifixion. Il a sans doute pris un risque réel, même si sa proximité avec le grand prêtre (cf. Jean 18.15) a pu lui offrir une certaine protection.

Autour de la croix se tiennent plusieurs femmes : Marie, la mère de Jésus, sa sœur, Marie femme de Clopas, et Marie de Magdala (cf. Jean 19.25). Contrairement aux autres évangiles qui évoquent une présence « à distance » (cf. Matthieu 27.55-56 ; Marc 15.40-41 ; Luc 23.49), Jean insiste sur leur proximité. Cela souligne à la fois leur courage et leur attachement fidèle jusqu’au bout.

Dans ce contexte de souffrance extrême, Jésus prononce des paroles surprenantes. Voyant sa mère et le disciple qu’il aimait, il dit : « Femme, voici ton fils », puis à Jean : « Voici ta mère » (cf. Jean 19.26-27). Ces paroles ne sont pas simplement affectives ; elles ont une portée concrète et symbolique.

Sur le plan humain, Jésus confie sa mère à Jean. Il manifeste ainsi une attention filiale remarquable, même au cœur de l’agonie. Cela montre qu’il ne se détourne pas des responsabilités terrestres. Le fait qu’il ne confie pas Marie à ses frères (cf. Jean 7.5) suggère qu’ils ne croyaient pas encore en lui à ce moment-là.

Mais cette scène a aussi une dimension spirituelle. En confiant Marie à Jean, Jésus crée un nouveau lien, non fondé sur le sang mais sur la foi. Jean devient en quelque sorte le représentant des disciples, et Marie une figure de la communauté croyante. Ce geste illustre la naissance d’une nouvelle famille, celle des disciples unis autour du Christ (cf. Marc 3.35).

Le texte précise que « dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (cf. Jean 19.27). Cette obéissance immédiate souligne la fidélité de Jean et donne un aspect concret à cette parole : elle n’est pas symbolique seulement, elle engage une responsabilité réelle.

La présence de témoins est également importante. Les femmes, et Jean lui-même, constituent des sources directes de ce témoignage. Cela renforce la crédibilité du récit. D’autres figures comme Joseph d’Arimathée et Nicodème apparaîtront ensuite (cf. Jean 19.38-39), montrant que même parmi les notables, certains ont été profondément marqués par ces événements.

Enfin, ce passage révèle un contraste saisissant : alors que Jésus subit l’humiliation et la souffrance de la croix, il continue d’agir avec autorité et compassion. Il ne se contente pas de subir ; il organise, il confie, il crée du lien. Même dans la mort, il demeure celui qui rassemble.

Une idée forte ressort : au cœur de la souffrance la plus extrême, Jésus ne cesse pas d’aimer ni de prendre soin. La croix devient ainsi non seulement un lieu de sacrifice, mais aussi un lieu où naît une nouvelle relation entre ceux qui lui appartiennent.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Cléopas
Cléopas est l'un des deux disciples que Jésus rencontra sur le chemin d'Emmaüs après sa résurrection. Luc 24.18 : Cléopas est mentionné comme l'un des deux disciples qui parlaient avec Jésus ressuscité sur le chemin d'Emmaüs. INF118
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Jean 19.25-27 · Jean 18.15 · Jean 7.5 · Jean 19.27 · Jean 19.38-39 · Matthieu 26.56 · Matthieu 27.55-56 · Marc 15.40-41 · Marc 15.20-41 · Marc 3.35 · Luc 23.49 · Luc 23.26-49 · Matthieu 27.31-56

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per355-le-dialogue-de-jesus-avec-jean-et-les-femmes/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.