SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Le dialogue avec les deux malfaiteurs qui l’entouraient

Contre toute attente, un dialogue s’engage entre Jésus et les deux malfaiteurs...

En bref

La péricope 354 analyse le dialogue unique rapporté par Luc entre Jésus et les deux malfaiteurs crucifiés à ses côtés (Lc 23,39-43). L'un raille Jésus, l'autre reconnaît sa culpabilité, affirme l'innocence de Jésus et demande à être accueilli dans son royaume. Jésus lui promet le paradis « aujourd'hui ». Ce passage révèle un paradoxe théologique central : Jésus sauve depuis la croix, manifestant une autorité spirituelle là où tout semble le contredire.

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13 min
Références
19
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
04/04/2026
Mise à jour
04/04/2026
Personnages

Jésus · le bon larron · le mauvais larron · membres du Sanhédrin

Lieux

mont Golgotha · Jérusalem

Périodes

vendredi 1er avril · matin de la crucifixion · période de la Passion

Mots-clés

crucifixion · malfaiteurs · dialogue · Luc · paradis · salut · repentance · Golgotha · Passion de Jésus · royauté de Jésus

Notions

salut par la croix · repentance · paradoxe de la croix · autorité de Jésus · révélation des cœurs · liberté humaine face à Dieu · royaume de Dieu · théologie lucanienne · foi dans l'épreuve · grâce accordée

Références bibliques

Luc 23.39 · Luc 23.40 · Luc 23.41 · Luc 23.42 · Luc 23.43 · Matthieu 27.38 · Matthieu 27.44 · Marc 15.27 · Marc 15.32 · Marc 15.20-41 (+ 7, voir l'index)

Résumé

La péricope 354 de la Synopse porte sur le dialogue entre Jésus et les deux malfaiteurs crucifiés à ses côtés, sur le mont Golgotha, le vendredi matin du 1er avril. Cet épisode s'inscrit dans le récit de la Passion, lors de la crucifixion, et constitue un moment théologique majeur rapporté de manière unique par l'évangéliste Luc. Si Matthieu et Marc mentionnent la présence des deux malfaiteurs (Mt 27,38 ; Mc 15,27) et précisent même qu'ils participent aux insultes adressées à Jésus (Mt 27,44 ; Mc 15,32), seul Luc rapporte l'évolution de la scène et le dialogue bouleversant qui s'y déroule (Lc 23,39-43). C'est cette spécificité lucanienne qui fait l'objet de l'analyse développée dans cette péricope. La scène débute dans un contexte de violence extrême : corps exposés, souffrance publique, moqueries des passants et des membres du Sanhédrin. L'un des malfaiteurs s'inscrit dans cette dynamique de dérision et interpelle Jésus en lui demandant de les sauver s'il est vraiment le Christ (Lc 23,39). Sa demande n'est pas une expression de foi mais une provocation, reprenant les railleries entendues autour de lui. Il attend un Messie qui prouverait sa puissance en échappant à la croix, conformément à l'attente populaire d'un libérateur triomphant. Face à cette attitude, l'autre malfaiteur adopte une posture radicalement différente. Il reprend son compagnon en l'exhortant à craindre Dieu (Lc 23,40), reconnaît sa propre culpabilité — « pour nous, c'est justice » —, puis affirme l'innocence de Jésus — « celui-ci n'a rien fait de mal » (Lc 23,41). En ces quelques mots se dessine une véritable démarche de repentance : reconnaissance de la faute, crainte de Dieu et discernement lucide sur la personne de Jésus. Sa demande, d'une grande simplicité, ne vise pas la délivrance physique de la croix mais l'accueil dans le royaume à venir : « Souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ton royaume » (Lc 23,42). Ce faisant, il reconnaît en Jésus un roi, malgré l'apparente faiblesse et l'ignominie de la situation. Sa foi se manifeste précisément là où tout semble contredire la royauté de celui qu'il implore. La réponse de Jésus est immédiate et empreinte d'autorité : « En vérité, je te dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23,43). Cette parole est remarquable à plusieurs titres. D'abord, elle est prononcée au cœur même de la souffrance, démontrant que la mission salvifique de Jésus ne s'interrompt pas sous la croix. Ensuite, elle est formulée au présent — « aujourd'hui » —, signifiant que le salut est accordé sans délai. Enfin, le terme « paradis », emprunté au vocabulaire de la communion avec Dieu, évoque une promesse de vie au-delà de la mort, une destinée bienheureuse offerte à celui qui s'est ouvert à la grâce. L'analyse souligne un contraste saisissant : deux hommes placés dans une situation identique réagissent de manière opposée, et leurs destinées divergent radicalement. L'un demeure dans le refus et la provocation, l'autre s'ouvre à la grâce et reçoit la promesse du salut. La croix devient ainsi un lieu de révélation des cœurs, un espace où se joue le mystère de la liberté humaine face à Dieu. Un paradoxe théologique central émerge de ce passage : Jésus sauve alors même qu'il semble incapable de se sauver lui-même. Les moqueurs exigent une démonstration visible de puissance ; Jésus manifeste une autorité spirituelle en offrant le salut depuis la croix. C'est précisément en restant sur la croix, et non en en descendant, qu'il accomplit sa mission rédemptrice. Ce renversement est caractéristique de la théologie lucanienne, qui met en lumière la puissance paradoxale de Dieu à l'œuvre dans la faiblesse et l'abaissement. L'article invite également à consulter plusieurs annexes complémentaires : ANN026 sur l'heure de la crucifixion, ANN027 sur le dernier repas de Pâque, ANN028 sur la journée juive au temps de Jésus, et ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs, qui permettent de replacer cet épisode dans son contexte historique et liturgique précis.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 27.35-44 (Louis Segond S21)

Ils le crucifièrent, puis ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort [afin que s'accomplisse ce que le prophète avait annoncé: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort mon habit].

Puis ils s'assirent et le gardèrent.

Pour indiquer le motif de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: «Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.»

Avec lui furent crucifiés deux brigands, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche.

Les passants l'insultaient et secouaient la tête

en disant: «Toi qui détruis le temple et qui le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!»

Les chefs des prêtres, avec les spécialistes de la loi et les anciens, se moquaient aussi de lui et disaient:

«Il en a sauvé d'autres et il ne peut pas se sauver lui-même! S'il est roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui.

Il s'est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime! En effet, il a dit: ‘Je suis le Fils de Dieu.’»

Les brigands crucifiés avec lui l'insultaient eux aussi de la même manière.

Marc
Marc 15.24 (Louis Segond S21)

Ils le crucifièrent, puis ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort pour savoir ce que chacun aurait.

Luc
Luc 23.34 (Louis Segond S21)

[Jésus dit: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.»] Ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort.

Jean
Jean 19.23-24 (Louis Segond S21)

Après avoir crucifié Jésus, les soldats prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'une seule pièce depuis le haut jusqu'en bas. Ils se dirent entre eux:

«Ne la déchirons pas, mais tirons au sort pour savoir à qui elle sera.» C'est ainsi que s'accomplit cette parole de l'Ecriture: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort mon habit. Voilà ce que firent les soldats.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le mont Golgotha

Date : le vendredi 1er avril, le matin

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Luc

Note sur le mode opératoire : Luc est le seul à donner des détails sur le dialogue avec les malfaiteurs

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Contre toute attente, un dialogue s’engage entre Jésus et les deux malfaiteurs.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_23 La mise sur la croix a donc lieu vers 9 h selon le texte de Marc. L’imprécision de la mesure permet d’intercaler le temps de déplacement pour aller jusqu’au mont Golgotha. Marc 15.20-41 ; Matthieu 27.31-56 ; Luc 23.26-49 ; Jean 18.17-30.

_24 Tous ces membres du Sanhédrin peuvent maintenant participer à la fête familiale de Pâque, l’esprit reposé après ce qu’ils considèrent comme une magnifique victoire. Mais les événements ne vont pas se dérouler comme ils l’imaginaient !

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Les autres évangiles mentionnent bien la présence de deux malfaiteurs crucifiés avec Jésus (cf. Matthieu 27.38 ; Marc 15.27) et précisent même qu’ils participent aux insultes (cf. Matthieu 27.44 ; Marc 15.32). Mais seul Luc rapporte l’évolution de la scène et met en lumière un dialogue bouleversant (cf. Luc 23.39-43).

Au cœur d’un spectacle d’une violence extrême, corps exposés, souffrance publique, moqueries, Luc introduit une parole inattendue. L’un des malfaiteurs persiste dans la dérision :

Luc 23.39 (Louis Segond S21) :
L'un des malfaiteurs crucifiés avec lui l'insultait en disant: «Si tu es le Messie, sauve-toi toi-même, et nous avec toi!»

Il reprend, en réalité, les moqueries entendues autour de lui. Sa demande n’est pas une foi, mais une provocation : il attend un Messie qui prouverait sa puissance en échappant à la croix.

L’autre malfaiteur adopte une attitude radicalement différente. Il reprend son compagnon : « Ne crains-tu pas Dieu… ? » (cf. Luc 23.40). Il reconnaît d’abord sa propre culpabilité : « pour nous, c’est justice » (cf. Luc 23.41). Puis il affirme l’innocence de Jésus : « celui-ci n’a rien fait de mal » (cf. Luc 23.41). En quelques mots, il exprime une véritable repentance : reconnaissance de sa faute, crainte de Dieu, et discernement sur la personne de Jésus.

Sa demande est remarquable par sa simplicité :

Luc 23.42 (Louis Segond S21) :
Et il dit à Jésus: «[Seigneur,] souviens-toi de moi quand tu viendras régner.»

Il ne demande pas d’être délivré de la croix, mais d’être accueilli dans le règne à venir. Cela montre qu’il reconnaît en Jésus un roi, malgré son apparente faiblesse. Sa foi se manifeste précisément là où tout semble contredire cette royauté.

La réponse de Jésus est immédiate et solennelle :

Luc 23.43 (Louis Segond S21) :
Jésus lui répondit: «Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.»

Même au cœur de la souffrance, Jésus parle avec autorité. Il ne renvoie pas à un avenir lointain : le salut est annoncé « aujourd’hui ». Le terme « paradis » évoque la communion avec Dieu, une promesse de vie au-delà de la mort.

Ce passage révèle un contraste saisissant : deux hommes, placés dans la même situation, réagissent de manière opposée, et leur destinée diverge. L’un reste dans le refus, l’autre s’ouvre à la grâce. La croix devient ainsi un lieu de révélation des cœurs.

Luc met également en lumière un aspect central : Jésus sauve alors même qu’il semble incapable de se sauver lui-même. Les moqueurs demandent une démonstration de puissance visible ; Jésus manifeste une autorité spirituelle en offrant le salut. C’est précisément en restant sur la croix qu’il accomplit sa mission.

Enfin, ce dialogue souligne que le salut ne dépend ni du passé, ni des œuvres, mais d’une confiance placée en Jésus. Cet homme, au terme de sa vie, sans possibilité de réparation, reçoit pourtant une promesse pleine et immédiate.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Luc 23.39 · Luc 23.40 · Luc 23.41 · Luc 23.42 · Luc 23.43 · Matthieu 27.38 · Matthieu 27.44 · Marc 15.27 · Marc 15.32 · Marc 15.20-41 · Matthieu 27.31-56 · Luc 23.26-49 · Jean 18.17-30 · Luc 23.34 · Matthieu 27.35-44 · Marc 15.24 · Jean 19.23-24

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per354-le-dialogue-avec-les-deux-malfaiteurs-qui-lentouraient/, exportée le 26/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.