SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
PER353 Les Évangiles : contexte et particularités des récits Parcours · Synopse des ÉvangilesThème · CrucifixionThème · Passion et RésurrectionSérie · Péricopes de la Passion

Le partage des vêtements et les moqueries

Au pied de la croix, les soldats romains se partagent ses vêtements....

En bref

La péricope PER353 analyse le partage des vêtements de Jésus et les moqueries lors de sa crucifixion au Golgotha. Les quatre évangiles convergent sur cet épisode : les soldats tirent au sort la tunique sans couture, accomplissant le Psaume 22.19. Luc rapporte la prière de pardon de Jésus pour ses bourreaux, Marc son cri d'abandon, et Matthieu les railleries des passants et chefs religieux. Cet article synoptique dégage la richesse théologique de chaque récit évangélique.

Lecture
15 min
Références
22
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
04/04/2026
Mise à jour
04/04/2026
Personnages

Jésus · soldats romains · membres du Sanhédrin · passants · chefs religieux · disciple bien-aimé (Jean) · femmes au pied de la croix

Lieux

Golgotha · mont Golgotha · Jérusalem

Périodes

Vendredi 1er avril (selon la chronologie établie) · Ier siècle après J.-C. · Passion de Jésus

Mots-clés

partage des vêtements · moqueries · crucifixion · Golgotha · Passion de Jésus · synopse · soldats romains · tunique sans couture · Psaume 22 · pardon

Notions

accomplissement des Écritures · humiliation de la crucifixion · intercession de Jésus · cri d'abandon · ironie dramatique évangélique · nudité des crucifiés · tirage au sort · prophétie messianique · lecture synoptique

Références bibliques

Matthieu 27.35-44 · Marc 15.24 · Luc 23.34 · Jean 19.23-24 · Psaumes 22.19 · Psaumes 22.2 · Matthieu 27.39-44 · Jean 19.17 · Jean 19.18 · Jean 19.25 (+ 5, voir l'index)

Résumé

La péricope PER353 traite d'un épisode central de la Passion de Jésus : le partage de ses vêtements par les soldats romains et les moqueries qui accompagnent sa crucifixion sur le mont Golgotha. Cet article s'inscrit dans une synopse comparative des quatre évangiles, permettant d'observer les convergences et les nuances propres à chaque évangéliste sur cet événement survenu le vendredi matin, vers 9 heures, selon la chronologie établie à partir du texte de Marc. Les quatre évangiles — Matthieu (27.35-44), Marc (15.24), Luc (23.34) et Jean (19.23-24) — rapportent unanimement le geste des soldats romains qui se partagent les vêtements de Jésus au pied de la croix. Ce comportement, courant dans la pratique militaire romaine où les effets du condamné revenaient aux exécuteurs, prend ici une dimension théologique considérable. Jean apporte un détail précis et significatif : la tunique de Jésus, tissée d'une seule pièce sans couture, n'est pas déchirée mais attribuée par tirage au sort, accomplissant ainsi explicitement la prophétie du Psaume 22.19. Matthieu souligne également cet accomplissement scripturaire, montrant que même dans des gestes apparemment anodins, les Écritures trouvent leur réalisation. L'article aborde également la question de la nudité des crucifiés. Contrairement aux représentations iconographiques traditionnelles qui couvrent Jésus d'un linge, les pratiques romaines indiquent que les condamnés à la crucifixion étaient généralement mis à nu, ce qui constituait une dimension supplémentaire de l'humiliation publique. La crucifixion visait autant à briser la dignité du condamné qu'à le faire périr physiquement, et cette réalité historique éclaire la portée de l'acte rédempteur accompli par Jésus dans un contexte d'abaissement total. Jean situe géographiquement la scène avec précision : Jésus est conduit jusqu'au Golgotha, dont le nom signifie « lieu du crâne », où il est crucifié entre deux autres hommes, en position centrale. Cette position médiane est interprétée comme soulignant à la fois son identification avec les pécheurs et sa place unique dans l'histoire du salut. Luc rapporte une parole de Jésus particulièrement remarquable dans ce contexte de violence et d'injustice : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23.34). Alors qu'il subit le traitement le plus dégradant, Jésus intercède pour ses bourreaux. Cette parole révèle la profondeur de son amour et transforme la croix en lieu de pardon, donnant un sens spirituel à l'ensemble de la scène. Marc, pour sa part, met en lumière le cri de détresse de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Marc 15.34), repris du Psaume 22.2. L'article précise que cette parole n'exprime pas une rupture définitive avec Dieu, mais manifeste la profondeur de l'abandon ressenti par celui qui porte le péché du monde. Ce cri est à comprendre dans la continuité du Psaume 22, qui s'achève sur une confiance restaurée en Dieu. Les moqueries constituent un autre élément central de cette péricope. Matthieu (27.39-44) décrit les passants, les chefs religieux et même les hommes crucifiés avec Jésus qui le défient de se sauver lui-même s'il est vraiment le Fils de Dieu. Ces railleries reflètent une incompréhension totale du sens de la mission de Jésus : c'est précisément parce qu'il ne descend pas de la croix qu'il accomplit son œuvre de salut. L'ironie dramatique est saisissante — ceux qui se moquent formulent, sans le savoir, la vérité même de la situation. En contraste avec cette atmosphère d'hostilité et d'indifférence, Jean mentionne la présence fidèle de quelques femmes et du disciple bien-aimé au pied de la croix (Jean 19.25), introduisant une note de fidélité et d'amour au cœur de la scène de rejet. Du point de vue synoptique, l'article illustre comment chaque évangéliste apporte sa propre perspective sur cet épisode, enrichissant la compréhension globale de la Passion. La démarche comparative permet de dégager à la fois l'unité du témoignage apostolique et la richesse des éclairages théologiques propres à chaque auteur inspiré.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 27.35-44 (Louis Segond S21)

Ils le crucifièrent, puis ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort [afin que s'accomplisse ce que le prophète avait annoncé: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort mon habit].

Puis ils s'assirent et le gardèrent.

Pour indiquer le motif de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: «Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.»

Avec lui furent crucifiés deux brigands, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche.

Les passants l'insultaient et secouaient la tête

en disant: «Toi qui détruis le temple et qui le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!»

Les chefs des prêtres, avec les spécialistes de la loi et les anciens, se moquaient aussi de lui et disaient:

«Il en a sauvé d'autres et il ne peut pas se sauver lui-même! S'il est roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui.

Il s'est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime! En effet, il a dit: ‘Je suis le Fils de Dieu.’»

Les brigands crucifiés avec lui l'insultaient eux aussi de la même manière.

Marc
Marc 15.24 (Louis Segond S21)

Ils le crucifièrent, puis ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort pour savoir ce que chacun aurait.

Luc
Luc 23.34 (Louis Segond S21)

[Jésus dit: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.»] Ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort.

Jean
Jean 19.23-24 (Louis Segond S21)

Après avoir crucifié Jésus, les soldats prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'une seule pièce depuis le haut jusqu'en bas. Ils se dirent entre eux:

«Ne la déchirons pas, mais tirons au sort pour savoir à qui elle sera.» C'est ainsi que s'accomplit cette parole de l'Ecriture: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort mon habit. Voilà ce que firent les soldats.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le mont Golgotha

Date : le vendredi 1er avril, le matin

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Marc

Note sur le mode opératoire : Matthieu, Luc et Jean rapporte aussi ce fait

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Au pied de la croix, les soldats romains se partagent ses vêtements.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_23 La mise sur la croix a donc lieu vers 9 h selon le texte de Marc. L’imprécision de la mesure permet d’intercaler le temps de déplacement pour aller jusqu’au mont Golgotha. Marc 15.20-41 ; Matthieu 27.31-56 ; Luc 23.26-49 ; Jean 18.17-30.

_24 Tous ces membres du Sanhédrin peuvent maintenant participer à la fête familiale de Pâque, l’esprit reposé après ce qu’ils considèrent comme une magnifique victoire. Mais les événements ne vont pas se dérouler comme ils l’imaginaient !

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Les représentations traditionnelles montrent souvent Jésus couvert d’un linge, mais les pratiques romaines indiquent que les crucifiés étaient généralement nus, ce qui accentuait l’humiliation publique. Cette nudité fait partie intégrante de la honte associée à la crucifixion, une peine destinée à briser autant la dignité que le corps.

Les quatre évangiles mentionnent le partage des vêtements de Jésus par les soldats (cf. Matthieu 27.35 ; Marc 15.24 ; Luc 23.34 ; Jean 19.23-24). Ce geste, banal pour des soldats romains, les effets du condamné leur revenaient, prend ici une portée particulière. Jean précise que la tunique, tissée d’une seule pièce, n’est pas déchirée mais tirée au sort (cf. Jean 19.23-24).

Ce détail accomplit explicitement la prophétie du Psaumes 22.19, établissant un lien direct entre la souffrance du juste dans l’Ancien Testament et celle de Jésus. Matthieu souligne également cet accomplissement (cf. Matthieu 27.35). Ainsi, même dans des gestes apparemment insignifiants, les Écritures trouvent leur réalisation.

Jean situe la crucifixion avec précision : Jésus porte sa croix jusqu’au lieu appelé Golgotha, « lieu du crâne » (cf. Jean 19.17), où il est crucifié entre deux autres hommes (cf. Jean 19.18). Cette position centrale souligne à la fois son identification aux pécheurs et sa place unique.

Luc rapporte une parole essentielle de Jésus : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (cf. Luc 23.34). Alors même qu’il subit l’injustice et la violence, Jésus intercède pour ses bourreaux. Cette parole révèle la profondeur de son amour et donne un sens spirituel à la scène : la croix devient lieu de pardon.

Marc, de son côté, met en avant le cri de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (cf. Marc 15.34). Cette parole, reprise du Psaumes 22.2, exprime une détresse réelle. Elle ne signifie pas une rupture définitive avec Dieu, mais manifeste la profondeur de l’abandon ressenti par celui qui porte le péché.

La scène est également marquée par les moqueries et l’incompréhension (cf. Matthieu 27.39-44). Les passants et les chefs religieux défient Jésus de se sauver lui-même. Pourtant, c’est précisément parce qu’il ne descend pas de la croix qu’il accomplit sa mission.

Enfin, la présence des femmes et du disciple Jean (cf. Jean 19.25) introduit un contraste saisissant : face à l’indifférence ou à la moquerie des soldats, certains restent fidèles dans la souffrance. Leur regard donne une autre lecture de l’événement, plus intime et douloureuse.

Une tension traverse tout ce passage : d’un côté, une scène ordinaire de crucifixion romaine, marquée par la brutalité et l’indifférence ; de l’autre, un événement unique où s’accomplissent les Écritures, où le pardon est offert, et où la souffrance de Jésus prend une portée universelle.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Matthieu 27.35-44 · Marc 15.24 · Luc 23.34 · Jean 19.23-24 · Psaumes 22.19 · Psaumes 22.2 · Matthieu 27.39-44 · Jean 19.17 · Jean 19.18 · Jean 19.25 · Marc 15.34 · Marc 15.20-41 · Matthieu 27.31-56 · Luc 23.26-49 · Jean 18.17-30

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per353-le-partage-des-vetements-et-les-moqueries/, exportée le 26/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.