SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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La crucifixion

Arrivé au mont Golgotha, Jésus est cloué sur la croix par les mains et les pieds...

En bref

La péricope PER352 analyse la crucifixion de Jésus au mont Golgotha à travers les quatre évangiles. Elle situe l'événement vers 9h un vendredi matin, examine l'accomplissement des prophéties (Ésaïe 53,12 ; Psaume 22,19), les détails techniques de la mise en croix, l'inscription royale et les moqueries des témoins. Une lecture synoptique rigoureuse qui articule histoire, chronologie et théologie.

Lecture
23 min
Références
36
Livres cités
7
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
04/04/2026
Mise à jour
04/04/2026
Personnages

Jésus · Ponce Pilate · Thomas · soldats romains · chefs religieux · brigands crucifiés

Lieux

mont Golgotha · palais de Ponce Pilate · Jérusalem

Périodes

1er siècle · ministère de Jésus · période romaine en Judée · vendredi de la Passion

Mots-clés

crucifixion · Golgotha · Passion de Jésus · synopse · évangiles · accomplissement des Écritures · clous · tunique sans couture · roi des Juifs · moqueries

Notions

accomplissement prophétique · substitution pénale · ironie tragique · chronologie de la Passion · pratiques romaines de crucifixion · humiliation du Messie · lecture synoptique · sotériologie

Références bibliques

Matthieu 27.22 · Matthieu 27.32 · Matthieu 27.35-44 · Matthieu 27.38 · Matthieu 27.39-43 · Marc 14.11-15 · Marc 15.21-22 · Marc 15.25 · Marc 15.27 · Marc 15.34 (+ 13, voir l'index)

Résumé

La péricope PER352 traite de la crucifixion de Jésus, événement central de la Passion tel que rapporté par les quatre évangiles synoptiques et Jean. L'article propose une analyse détaillée et chronologique de cet épisode fondamental, en croisant les témoignages évangéliques pour en dégager la cohérence historique et théologique. Sur le plan chronologique, l'article situe les événements avec précision : la foule rassemblée devant le palais de Ponce Pilate exige la crucifixion (Mt 27,22 ; Mc 14,11-15 ; Lc 23,23 ; Jn 19,15), puis le départ vers le mont Golgotha commence avant 9 heures du matin. Marc précise que la mise en croix a lieu à la troisième heure, soit vers 9h (Mc 15,25), ce qui situe l'ensemble des événements dans la matinée du vendredi. L'article renvoie également à une annexe spécifique (ANN026) dédiée à la question de l'heure de la crucifixion, soulignant que l'imprécision des mesures temporelles antiques permet d'intégrer le temps de déplacement jusqu'au Golgotha. Un point théologique majeur est souligné : Jésus n'est pas crucifié seul, mais en compagnie de deux condamnés qualifiés de 'brigands' ou 'malfaiteurs' selon les évangiles (Mt 27,38 ; Mc 15,27 ; Lc 23,32). Cette circonstance n'est pas présentée comme un simple détail narratif, mais comme l'accomplissement d'une prophétie d'Ésaïe : 'Il a été mis au nombre des malfaiteurs' (Es 53,12). Jésus est ainsi volontairement assimilé aux pécheurs, ce qui constitue le cœur même de la sotériologie chrétienne. L'article aborde également la question technique de la crucifixion. Les évangiles ne décrivent pas explicitement les gestes de la mise en croix, mais des indices post-résurrection confirment l'usage des clous : Thomas est invité à voir 'la marque des clous' (Jn 20,25) et Jésus montre ses mains et ses pieds à ses disciples (Lc 24,39). L'article note par ailleurs que dans le langage antique, le terme 'mains' peut inclure la région du poignet, et que les pratiques romaines combinaient parfois clous et cordes pour maintenir le corps sur la croix. Jean apporte un détail supplémentaire d'une richesse symbolique considérable : les soldats se partagent les vêtements de Jésus et tirent au sort sa tunique sans couture (Jn 19,23-24). Ce geste accomplit littéralement le Psaume 22,19 : 'Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique.' Même dans l'humiliation extrême, les Écritures s'accomplissent point par point. L'inscription placée sur la croix — 'le roi des Juifs' (Jn 19,19) — est interprétée comme une ironie tragique : ce que les autorités religieuses et politiques rejettent devient une proclamation publique. Jésus est désigné roi, mais dans un contexte de dérision et de mépris. La scène de la crucifixion est aussi marquée par les moqueries généralisées : les passants, les chefs religieux et les soldats raillent Jésus (Mt 27,39-43 ; Lc 23,35-36). Ils reprennent ses paroles sur la destruction et la reconstruction du temple, et le défient de se sauver lui-même. Cette incompréhension est présentée comme centrale dans le récit : ceux qui se moquent ne peuvent percevoir que c'est précisément en ne se sauvant pas lui-même que Jésus accomplit sa mission salvatrice. L'article s'inscrit dans un projet synoptique plus large, renvoyant à plusieurs annexes complémentaires (ANN026 sur l'heure de la crucifixion, ANN027 sur le dernier repas de Pâque, ANN028 sur la journée juive au temps de Jésus, ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs). Cette approche méthodique permet au lecteur de contextualiser chaque détail dans son environnement historique, culturel et théologique. En synthèse, PER352 offre une lecture rigoureuse et multi-dimensionnelle de la crucifixion, articulant chronologie précise, accomplissement des Écritures, analyse des pratiques romaines et lecture théologique des symboles présents dans les récits évangéliques.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 27.35-44 (Louis Segond S21)

Ils le crucifièrent, puis ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort [afin que s'accomplisse ce que le prophète avait annoncé: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort mon habit].Note27.35 Ils se sont…mon habit: citation du Psaume 22.19.

Puis ils s'assirent et le gardèrent.

Pour indiquer le motif de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: «Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.»

Avec lui furent crucifiés deux brigands, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche.

Les passants l'insultaient et secouaient la têteNote27.43 Il s'est confié… l'aime: citation du Psaume 22.9.

en disant: «Toi qui détruis le temple et qui le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!»

Les chefs des prêtres, avec les spécialistes de la loi et les anciens, se moquaient aussi de lui et disaient:

«Il en a sauvé d'autres et il ne peut pas se sauver lui-même! S'il est roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui.

Il s'est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime! En effet, il a dit: ‘Je suis le Fils de Dieu.’»

Les brigands crucifiés avec lui l'insultaient eux aussi de la même manière.

Marc
Marc 15.34 (Louis Segond S21)

Et à trois heures de l'après-midi, Jésus s'écria d'une voix forte: «Eloï, Eloï, lama sabachthani?» – ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?

Luc
Luc 23.32-37 (Louis Segond S21)

On conduisait aussi deux malfaiteurs qui devaient être mis à mort avec lui.

Lorsqu'ils furent arrivés à l'endroit appelé «le Crâne», ils le crucifièrent là ainsi que les deux malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche.

[Jésus dit: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.»] Ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort.

Le peuple se tenait là et regardait. Les magistrats eux-mêmes se moquaient de Jésus [avec eux] en disant: «Il en a sauvé d'autres; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie choisi par Dieu!»

Les soldats aussi se moquaient de lui; ils s'approchaient pour lui présenter du vinaigre

en disant: «Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même!»

Jean
Jean 19.17-18 (Louis Segond S21)

Jésus, portant sa croix, sortit de la ville pour aller vers l'endroit appelé «le Crâne», qui se dit en hébreu Golgotha.

C'est là qu'ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté et Jésus au milieu.

Jean
Jean 19.23-24 (Louis Segond S21)

Après avoir crucifié Jésus, les soldats prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'une seule pièce depuis le haut jusqu'en bas. Ils se dirent entre eux:Note19.24 Ils se sont… habit: citation du Psaume 22.19.

«Ne la déchirons pas, mais tirons au sort pour savoir à qui elle sera.» C'est ainsi que s'accomplit cette parole de l'Ecriture: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort mon habit. Voilà ce que firent les soldats.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le mont Golgotha

Date : le vendredi 1er avril, le matin

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Luc

Note sur le mode opératoire : Matthieu, Marc et Jean rapporte aussi ce fait

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Arrivé au mont Golgotha, Jésus est cloué sur la croix par les mains et les pieds.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_21 La foule, rassemblée devant le palais de Ponce Pilate, exige la crucifixion. Matthieu 27.22 ; Marc 14.11-15 ; Luc 23.23 ; Jean 19.15.

_22 Le départ pour le mont Golgotha commence avant 9 h. Matthieu 27.32 ; Marc 15.21-22 ; Luc 23.26-33 ; Jean 19.17.

_23 La mise sur la croix a donc lieu vers 9 h selon le texte de Marc. L’imprécision de la mesure permet d’intercaler le temps de déplacement pour aller jusqu’au mont Golgotha. Marc 15.20-41 ; Matthieu 27.31-56 ; Luc 23.26-49 ; Jean 18.17-30.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Les évangiles rapportent que Jésus n’est pas crucifié seul, mais entouré de deux condamnés, appelés « brigands » ou « malfaiteurs » (cf. Matthieu 27.38 ; Marc 15.27 ; Luc 23.32). Cette précision n’est pas anodine : elle accomplit la prophétie selon laquelle le Serviteur de Dieu serait « mis au nombre des malfaiteurs » (cf. Esaïe 53.12). Jésus est ainsi volontairement assimilé aux pécheurs.

Marc apporte un détail temporel important : la crucifixion a lieu à la troisième heure, soit vers 9h du matin (cf. Marc 15.25). Cette précision souligne que les événements se déroulent rapidement après le jugement.

Les textes décrivent peu les gestes techniques de la crucifixion, ce qui était pourtant une pratique bien connue à l’époque. Cependant, certains passages permettent de comprendre que Jésus a bien été cloué. Après la résurrection, Thomas est invité à voir « la marque des clous » (cf. Jean 20.25) et Jésus montre ses mains et ses pieds (cf. Luc 24.39). Cela confirme l’usage des clous, même si les évangiles ne décrivent pas explicitement leur pose.

Concernant les mains, le texte parle effectivement des « mains », mais il faut noter que dans le langage ancien, ce terme peut inclure la région du poignet. D’un point de vue historique, les Romains utilisaient parfois des clous et parfois des cordes, ou les deux. Il est donc possible que Jésus ait été à la fois cloué et attaché, afin de maintenir le corps sur la croix.

Jean apporte un détail significatif sur les vêtements de Jésus : les soldats se les partagent, mais tirent au sort sa tunique sans couture (cf. Jean 19.23-24). Ce geste accomplit le psaume : « Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique » (cf. Psaumes 22.19). Même dans cette humiliation, les Écritures s’accomplissent.

L’inscription placée sur la croix, « le roi des Juifs », (cf. Jean 19.19) souligne une ironie tragique : ce que les autorités rejettent devient une proclamation publique. Jésus est reconnu roi, mais dans un contexte de dérision.

La scène est marquée par les moqueries. Les passants, les chefs religieux et même les soldats tournent Jésus en dérision (cf. Matthieu 27.39-43 ; Luc 23.35-36). Ils reprennent ses paroles sur le temple et mettent au défi sa capacité à se sauver lui-même. Cette incompréhension est centrale : Jésus ne vient pas se sauver lui-même, mais sauver les autres.

Même les deux crucifiés réagissent, participant d’abord à l’insulte (cf. Marc 15.32), bien que Luc précise que l’un d’eux finit par se repentir (cf. Luc 23.40-43). Cela montre que, même au cœur de la condamnation, une ouverture vers la grâce reste possible.

Historiquement, la crucifixion était une peine romaine destinée à humilier et dissuader. Elle était publique, lente et extrêmement douloureuse. Les corps pouvaient rester exposés longtemps, servant d’avertissement. Dans ce contexte, la mort de Jésus pourrait apparaître comme un événement banal parmi d’autres exécutions.

Et pourtant, les évangiles montrent que cette mort est unique. Jésus est crucifié hors de la ville (cf. Jean 19.17), comme les sacrifices expiatoires (cf. Hébreux 13.12). Ce détail donne un sens théologique profond à l’événement : il meurt pour le péché, en dehors du camp.

Enfin, l’expression « ils le crucifièrent » (cf. Matthieu 27.35 ; Marc 15.24 ; Luc 23.33) est d’une sobriété frappante. Les évangiles ne s’attardent pas sur la souffrance physique, mais mettent l’accent sur le sens de cet acte : rejet, accomplissement des Écritures, et offrande volontaire.

Une ligne de force ressort : la crucifixion, événement courant dans l’Empire romain, devient ici un moment central de l’histoire biblique, où se croisent la violence humaine, l’accomplissement des prophéties et l’œuvre du salut.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Matthieu 27.22 · Matthieu 27.32 · Matthieu 27.35-44 · Matthieu 27.38 · Matthieu 27.39-43 · Marc 14.11-15 · Marc 15.21-22 · Marc 15.25 · Marc 15.27 · Marc 15.34 · Luc 23.23 · Luc 23.26-33 · Luc 23.32 · Luc 23.35-36 · Luc 24.39 · Jean 19.15 · Jean 19.17 · Jean 19.17-18 · Jean 19.19 · Jean 19.23-24 · Jean 20.25 · Ésaïe 53.12 · Psaumes 22.19

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per352-la-crucifixion/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.