SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Paroles aux femmes

Jésus s’arrête, et tel un grand prophète, il prononce des paroles d’une gravité saisissante...

En bref

Sur le chemin du Golgotha, Jésus s'adresse aux femmes de Jérusalem qui le pleurent. Loin de se concentrer sur sa propre souffrance, il les avertit prophétiquement d'un jugement terrible à venir sur la ville. Épisode exclusif à Luc, il révèle Jésus comme grand prophète, préoccupé jusqu'au bout du salut des autres, et annonce la destruction de Jérusalem en l'an 70.

Lecture
15 min
Références
22
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
04/04/2026
Mise à jour
04/04/2026
Personnages

Jésus · Ponce Pilate · filles de Jérusalem · Simon de Cyrène

Lieux

Jérusalem · mont Golgotha · palais de Ponce Pilate · Massada

Périodes

1er siècle ap. J.-C. · vendredi de la Passion · destruction de Jérusalem en 70 ap. J.-C. · révolte juive 66-73 ap. J.-C.

Mots-clés

paroles aux femmes · chemin de croix · Golgotha · Jérusalem · prophétie · jugement · Luc · passion · crucifixion · filles de Jérusalem

Notions

prophétie de jugement · bois vert et bois sec · pleureuses juives · destruction de Jérusalem · christologie lucanienne · mission prophétique de Jésus · avertissement eschatologique · altruisme dans la souffrance

Références bibliques

Luc 23.28-31 · Luc 23.27 · Luc 23.29 · Luc 23.30 · Luc 19.43-44 · Luc 8.2-3 · Matthieu 27.22 · Matthieu 27.32 · Matthieu 9.23 · Marc 15.21-22 (+ 4, voir l'index)

Résumé

La péricope PER351, intitulée 'Paroles aux femmes', est un épisode exclusivement rapporté par l'évangéliste Luc (Luc 23,28-31), situé sur le chemin menant au mont Golgotha, le vendredi matin du 1er avril. Alors que Jésus est conduit à la crucifixion, il croise des femmes de Jérusalem qui pleurent et se lamentent sur son sort. Dans un geste remarquable de lucidité et d'altruisme, Jésus interrompt sa marche vers la mort pour s'adresser à elles, renversant complètement la perspective de la scène. L'épisode débute dans un contexte chronologique précis : la foule avait réclamé la crucifixion devant le palais de Ponce Pilate, le départ pour le Golgotha commence avant 9h, et la mise en croix aura lieu vers 9h selon le témoignage de Marc. C'est donc dans ce laps de temps tendu que s'insère cet échange unique entre Jésus et les femmes de Jérusalem. Ces 'filles de Jérusalem' peuvent être interprétées de deux manières complémentaires : soit comme des femmes du peuple genuinement émues par la scène, soit comme des pleureuses professionnelles participant aux cortèges funèbres selon la coutume juive de l'époque. Luc semble privilégier une lecture d'émotion sincère, cohérente avec son attention particulière portée aux femmes tout au long de son évangile (cf. Luc 8,2-3). Jésus, loin de se concentrer sur sa propre souffrance, retourne l'attention vers ses interlocutrices et vers l'avenir de Jérusalem. Sa parole est prophétique et solennelle : il ne leur demande pas de le pleurer lui, mais de pleurer sur elles-mêmes et leurs enfants. Ce n'est pas sa mort qui constitue le plus grand drame, mais le jugement terrible qui approche pour la ville et son peuple. La déclaration 'Heureuses les stériles...' (Luc 23,29) est particulièrement saisissante dans un contexte culturel où la maternité représente une bénédiction suprême. Ce paradoxe annonce une détresse future si profonde que ne pas avoir d'enfants sera perçu comme un avantage. Ce thème résonne avec les oracles prophétiques de l'Ancien Testament, notamment Osée 10,8, où des expressions similaires d'anéantissement sont utilisées face au jugement divin. La référence à ceux qui diront 'Tombez sur nous' (Luc 23,30) s'inscrit dans ce même registre prophétique de catastrophe eschatologique, indiquant que les événements annoncés dépassent largement une simple crise politique pour atteindre une dimension spirituelle majeure. Le verset 31, véritable clé herméneutique de la péricope, présente Jésus comme le 'bois vert' : si l'innocent subit une telle violence, que deviendra le bois sec, c'est-à-dire un peuple spirituellement endurci ? L'image est puissante et annonce un jugement encore plus sévère. Jésus se positionne ici comme un grand prophète de la tradition israélite, prononçant des paroles d'avertissement avec une gravité saisissante, même au cœur de sa propre agonie. Cet épisode trouve un écho historique frappant dans la destruction de Jérusalem en l'an 70 par les armées romaines, lors de la révolte juive. La ville fut assiégée, la famine y sévit cruellement, et le massacre fut d'une ampleur terrible, culminant avec la chute de Massada en 73. Ces événements semblent répondre point par point aux avertissements prophétiques que Jésus avait déjà formulés en Luc 19,43-44. D'un point de vue théologique, cette péricope illustre plusieurs dimensions importantes de la christologie lucanienne : la figure prophétique de Jésus, son attention constante aux femmes et aux marginalisés, sa capacité à regarder au-delà de sa propre souffrance pour se préoccuper du salut des autres, et sa conscience aiguë des conséquences spirituelles du rejet de son message. Même dans l'extrémité de la passion, Jésus reste pleinement dans sa mission d'avertissement et d'appel à la conversion. Cette péricope, propre à Luc, est donc un témoignage précieux sur la manière dont le troisième évangéliste comprend et présente la figure du Christ souffrant.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 23.28-31 (Louis Segond S21)

Jésus se tourna vers elles et dit: «Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants.

En effet, voici que viennent des jours où l'on dira: ‘Heureuses celles qui sont stériles, heureuses celles qui n'ont pas eu d'enfant et celles qui n'ont pas allaité!’

Alors on se mettra àdire aux montagnes: ‘Tombez sur nous!’ et aux collines: ‘Couvrez-nous!’

En effet, si l'on traite ainsi le bois vert, qu'arrivera-t-il au bois sec?»

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 33

Lieu : La ville de Jérusalem, le chemin qui conduit au mont Golgotha

Date : le vendredi 1er avril, le matin

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Luc

Note sur le mode opératoire : Luc seul rapporte ce fait

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Jésus s’arrête, et tel un grand prophète, il prononce des paroles d’une gravité saisissante.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_21 La foule, rassemblée devant le palais de Ponce Pilate, exige la crucifixion. Matthieu 27.22 ; Marc 14.11-15 ; Luc 23.23 ; Jean 19.15.

_22 Le départ pour le mont Golgotha commence avant 9 h. Matthieu 27.32 ; Marc 15.21-22 ; Luc 23.26-33 ; Jean 19.17.

_23 La mise sur la croix a donc lieu vers 9 h selon le texte de Marc. L’imprécision de la mesure permet d’intercaler le temps de déplacement pour aller jusqu’au mont Golgotha. Marc 15.20-41 ; Matthieu 27.31-56 ; Luc 23.26-49 ; Jean 18.17-30.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Dans ce moment d’extrême souffrance, Jésus garde une lucidité saisissante : il ne se replie pas sur lui-même, mais se tourne vers les autres. Cette attitude est cohérente avec tout son ministère, où il vient chercher et avertir plutôt que se défendre. Même sur le chemin de la croix, il parle encore.

Les « filles de Jérusalem » peuvent être comprises de deux façons : soit comme des femmes du peuple réellement touchées par la scène, soit comme des pleureuses habituelles des cortèges funèbres. Les deux ne s’excluent pas. Dans la tradition juive, des femmes exprimaient publiquement le deuil (cf. Matthieu 9.23). Mais ici, Luc semble insister sur une émotion sincère.

Luc est en effet le seul évangéliste à rapporter cet épisode, ce qui correspond à son attention particulière pour les femmes et les marginaux (cf. Luc 8.2-3). Il situe clairement cette parole pendant la montée vers le Golgotha, au milieu d’une grande foule (cf. Luc 23.27).

Jésus renverse alors complètement la perspective :

Luc 23.28 (Louis Segond S21) :
Jésus se tourna vers elles et dit: «Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants.

Il ne nie pas sa souffrance, mais il annonce que le véritable drame est à venir. Ce n’est pas sa mort qui est la plus tragique, mais le jugement qui approche pour Jérusalem.

Les paroles suivantes sont très fortes : « Heureuses les stériles… » (cf. Luc 23.29). Dans une culture où la maternité est une bénédiction, cette déclaration est paradoxale. Elle annonce une détresse telle que ne pas avoir d’enfants sera considéré comme un avantage. On retrouve une idée similaire dans les annonces de jugement de l’Ancien Testament (cf. Osée 10.8).

Quand Jésus évoque ceux qui diront « Tombez sur nous » (cf. Luc 23.30), il reprend directement ce langage prophétique de catastrophe, associé au jugement de Dieu. Cela montre que ce qu’il annonce dépasse un simple événement politique : c’est une crise spirituelle majeure.

Le verset 31 est une clé :

Luc 23.31 (Louis Segond S21) :
En effet, si l'on traite ainsi le bois vert, qu'arrivera-t-il au bois sec?»

Jésus, innocent, est comparé au bois vert. Si lui subit une telle violence, que deviendra un peuple spirituellement « sec », c’est-à-dire endurci et sans vie ? L’image suggère un jugement inévitable et plus sévère.

Historiquement, cette parole trouve un écho frappant dans la destruction de Jérusalem en l’an 70, lors de la révolte juive contre Rome (cf. Luc 19.43-44). La ville est assiégée, la famine fait rage, et le massacre est terrible. Même si Massada (73) marque les esprits, c’est surtout la chute de Jérusalem qui correspond directement à cette prophétie.

Enfin, ce passage montre que Jésus ne cherche pas la compassion humaine pour lui-même. Il appelle plutôt à la repentance et à une prise de conscience. Ce n’est pas une scène de simple tragédie, mais un avertissement prophétique : le rejet du Messie a des conséquences profondes.

Au cœur de sa souffrance, Jésus parle encore comme prophète, non pour susciter la pitié, mais pour réveiller les consciences.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Luc 23.28-31 · Luc 23.27 · Luc 23.29 · Luc 23.30 · Luc 19.43-44 · Luc 8.2-3 · Matthieu 27.22 · Matthieu 27.32 · Matthieu 9.23 · Marc 15.21-22 · Marc 15.20-41 · Jean 19.15 · Jean 19.17 · Osée 10.8

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per351-paroles-aux-femmes/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.