SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
PER347 Les Évangiles : contexte et particularités des récits Parcours · Synopse des ÉvangilesThème · Passion de JésusThème · Passion et RésurrectionSérie · Péricopes de la Passion

Les différents sévices et la flagellation

Ponce Pilate ordonne que Jésus soit fouetté, espérant sans doute que les autorités religieuses se satisferaient de ce châtiment...

En bref

PER347 analyse la flagellation et les sévices infligés à Jésus au prétoire de Ponce Pilate, le vendredi matin de la Passion. Pratique romaine normalisée précédant la crucifixion, ce supplice est accompagné de moqueries soldatesques (couronne d'épines, manteau de pourpre). L'article compare les récits de Matthieu, Marc, Luc et Jean dans une approche synoptique, soulignant la violence institutionnelle romaine et la dignité conservée de Jésus malgré les outrages.

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11 min
Références
18
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
03/04/2026
Mise à jour
04/04/2026
Personnages

Jésus · Ponce Pilate · soldats romains

Lieux

Jérusalem · prétoire · palais de Pilate

Périodes

Vendredi saint · 1er siècle apr. J.-C. · période romaine en Judée

Mots-clés

flagellation · sévices · Passion de Jésus · prétoire · Ponce Pilate · crucifixion · soldats romains · couronne d'épines · synopse · péricope

Notions

flagellation romaine · verberatio · humiliation rituelle · dérision royale · pratiques judiciaires romaines · Passion · christologie · synopse évangélique · chronologie de la Passion

Références bibliques

Matthieu 27.26-31 · Marc 15.16-20 · Luc 23.23-25 · Jean 19.1-4 · Matthieu 27.22 · Matthieu 27.26 · Marc 14.11-15 · Marc 15.6-19 · Marc 15.17-19 · Luc 23.13-25 (+ 6, voir l'index)

Résumé

La péricope PER347 traite des différents sévices infligés à Jésus et de sa flagellation, épisode central de la Passion qui se déroule au prétoire de Ponce Pilate à Jérusalem, le vendredi matin, vers 8 heures. Cet article s'inscrit dans une synopse évangélique comparant les récits de Matthieu, Marc, Luc et Jean sur cet événement dramatique précédant la crucifixion. La flagellation de Jésus s'inscrit dans le cadre des pratiques romaines réservées aux condamnés à mort par crucifixion. Ce supplice d'une extrême violence, connu sous le nom de verberatio, précédait systématiquement l'exécution capitale. Son but était double : affaiblir physiquement le condamné pour qu'il meure plus rapidement sur la croix, et constituer un avertissement public. La brutalité de cette pratique était telle que certains condamnés n'y survivaient pas et mouraient avant même d'atteindre le lieu d'exécution. Il ne s'agissait donc pas d'un excès spontané ou isolé de la part des soldats, mais bien d'une procédure normalisée, assumée et banalisée par les forces d'occupation romaines. Selon la chronologie reconstituée par l'auteur, Ponce Pilate ordonne la flagellation dans l'espoir que ce châtiment suffira à satisfaire les autorités religieuses juives et lui permettra d'éviter de prononcer une condamnation à mort. Cette stratégie politique se révèle vaine face à la pression croissante de la foule rassemblée devant le palais, qui réclame avec insistance la crucifixion de Jésus. Les textes de Matthieu 27.26, Marc 15.16-20, Luc 23.23-25 et Jean 19.1-4 convergent pour décrire cet enchaînement d'événements. Après la flagellation proprement dite, les soldats romains ajoutent à la souffrance physique une dimension d'humiliation délibérée et symbolique. Ils revêtent Jésus d'un manteau de pourpre, placent une couronne d'épines sur sa tête et le saluent en se moquant de lui comme « roi des Juifs ». Ce rituel de dérision reproduit ironiquement les honneurs rendus aux souverains, retournant contre Jésus le motif même de son accusation. Ces soldats, en agissant ainsi, soulignent sans le vouloir la dimension royale et messianique que les Évangiles attribuent à Jésus, créant un contraste saisissant entre la dérision humaine et la dignité christologique. L'article met également en lumière un aspect remarquable des récits évangéliques : malgré l'intensité extrême des coups et des outrages subis, Jésus demeure conscient, capable de parler et d'interagir avec son entourage jusqu'au moment de la crucifixion. Jean 19.4 témoigne de cette lucidité maintenue, que l'auteur interprète à la fois comme un indicateur de la dureté exceptionnelle du supplice et comme le signe d'une résistance physique et spirituelle hors du commun. L'article est structuré selon la méthodologie synoptique propre au projet Schilo, avec une présentation parallèle des textes des quatre Évangiles, accompagnée de détails techniques précisant le lieu (Jérusalem, le prétoire devant le palais de Pilate), la date (vendredi 1er avril, le matin tôt) et le mode opératoire narratif (principalement selon Marc, avec Matthieu et Jean en confirmation). Des renvois vers des annexes complémentaires permettent d'approfondir le contexte : ANN026 sur l'heure de la crucifixion, ANN027 sur le dernier repas de Pâque, ANN028 sur la journée juive au temps de Jésus, et ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs. Dans la continuité narrative de la synopse, cette péricope succède à PER346 consacrée à l'acharnement du Sanhédrin et à la condamnation officielle, et précède PER348 traitant des efforts de Pilate pour sauver Jésus. Elle constitue un maillon essentiel dans la compréhension de la dernière journée de Jésus, illustrant la convergence de la violence institutionnelle romaine et des pressions des autorités religieuses juives, tout en mettant en relief la dimension sacrificielle et messianique de la Passion selon les Évangiles.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 27.26-31 (Louis Segond S21)

Alors Pilate leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait fouetter Jésus, il le livra à la crucifixion.

Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent toute la troupe autour de lui.

Ils lui enlevèrent ses vêtements et lui mirent un manteau écarlate.

Ils tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s'agenouillant devant lui, ils se moquaient de lui en disant: «Salut, roi des Juifs!»

Ils crachaient sur lui, prenaient le roseau et le frappaient sur la tête.

Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements et l'emmenèrent pour le crucifier.

Marc
Marc 15.16-20 (Louis Segond S21)

Les soldats conduisirent Jésus à l'intérieur de la cour, c'est-à-dire dans le prétoire, et ils rassemblèrent toute la troupe.

Ils lui mirent un habit pourpre et posèrent sur sa tête une couronne d'épines qu'ils avaient tressée.

Puis ils se mirent à le saluer: «Salut, roi des Juifs!»

Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui et se mettaient à genoux pour se prosterner devant lui.

Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui enlevèrent l'habit pourpre, lui remirent ses vêtements et l'emmenèrent pour le crucifier.

Luc
Luc 23.23-25 (Louis Segond S21)

Cependant ils insistaient à grands cris, demandant qu'il soit crucifié, et leurs cris l'emportèrent, [avec ceux des chefs des prêtres.]

Pilate décida de leur accorder ce qu'ils demandaient.

Il relâcha celui qui avait été mis en prison pour émeute et pour meurtre, et qu'ils réclamaient, et il livra Jésus à leur volonté.

Jean
Jean 19.1-4 (Louis Segond S21)

Alors Pilate ordonna de prendre Jésus et de le fouetter.

Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête et lui mirent un manteau de couleur pourpre.

Puis, [s'approchant de lui] ils disaient: «Salut, roi des Juifs!» et ils lui donnaient des gifles.

Pilate sortit de nouveau et dit aux Juifs: «Voilà, je vous l'amène dehors afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de le condamner.»

Détails techniques

Année 33

Lieu : La ville de Jérusalem, le prétoire devant le palais de Pilate

Date : le vendredi 1er avril, le matin tôt

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Marc

Note sur le mode opératoire : Matthieu et Jean reprennent ces informations

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Ponce Pilate ordonne que Jésus soit fouetté, espérant sans doute que les autorités religieuses se satisferaient de ce châtiment.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_20 Le retour chez Ponce Pilate arrive vers 8 h. Marc 15.6-19 ; Matthieu 27.15-30 ; Luc 23.13-25 ; Jean 18.39-40 ; Jean 19.1-16.

_21 La foule, rassemblée devant le palais de Ponce Pilate, exige la crucifixion. Matthieu 27.22 ; Marc 14.11-15 ; Luc 23.23 ; Jean 19.15.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

La flagellation infligée à Jésus s’inscrit dans les pratiques romaines réservées aux condamnés à la crucifixion. Ce supplice, d’une extrême violence, précédait généralement l’exécution et affaiblissait considérablement le condamné qui devait mourir plus rapidement sur la croix ; certains y succombaient même avant d’atteindre la croix. Il ne s’agissait pas d’un excès isolé, mais d’une procédure assumée et banalisée par les soldats (Matthieu 27.26 ; Jean 19.1).

Après la flagellation, les soldats romains ajoutent à la souffrance physique une humiliation volontaire. Ils revêtent Jésus d’un manteau, placent une couronne d’épines sur sa tête et se moquent de lui en le saluant comme « roi des Juifs » (Marc 15.17-19 ; Jean 19.2-3). Ce geste souligne ironiquement le motif de sa condamnation, tourné en dérision par ceux-là mêmes qui l’exécutent.

Loin d’un simple châtiment, ces sévices traduisent une volonté de rabaisser et d’anéantir. Pourtant, malgré l’intensité des coups et des outrages, Jésus demeure conscient et maître de lui-même. Les récits évangéliques montrent qu’il conserve la capacité de parler et d’interagir jusqu’au moment de la crucifixion, ce qui souligne à la fois la dureté du supplice et sa résistance exceptionnelle (Jean 19.4).

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Matthieu 27.26-31 · Marc 15.16-20 · Luc 23.23-25 · Jean 19.1-4 · Matthieu 27.22 · Matthieu 27.26 · Marc 14.11-15 · Marc 15.6-19 · Marc 15.17-19 · Luc 23.13-25 · Luc 23.23 · Jean 18.39-40 · Jean 19.1-16 · Jean 19.2-3 · Jean 19.4 · Jean 19.15

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/per347-les-differents-sevices-et-la-flagellation/, exportée le 30/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.