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La libération d’un prisonnier

Ponce Pilate cherche un moyen d’éviter la condamnation à mort de Jésus....

En bref

Lors du procès de Jésus devant Ponce Pilate, le gouverneur romain tente d'exploiter la coutume pascale de libération d'un prisonnier pour éviter de condamner Jésus. Il propose à la foule de choisir entre Jésus et Barabbas, criminel notoire, persuadé que le peuple fera le bon choix. L'intervention de sa femme renforce ses hésitations. Cette scène, attestée par les quatre évangiles, illustre la manipulation des autorités religieuses et préfigure théologiquement la substitution rédemptrice.

Lecture
10 min
Références
16
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
03/04/2026
Mise à jour
04/04/2026
Personnages

Ponce Pilate · Barabbas · Jésus · Caïphe · femme de Pilate · chefs religieux · Sanhédrin

Lieux

Jérusalem · prétoire · palais de Pilate

Périodes

Vendredi saint · 1er avril (selon chronologie proposée) · matin vers 8h · période de la Pâque juive · Ier siècle

Mots-clés

Barabbas · Ponce Pilate · libération du prisonnier · coutume pascale · Passion de Jésus · procès de Jésus · Sanhédrin · Pâque · Jérusalem · synopse

Notions

coutume pascale de libération · substitution rédemptrice · innocence de Jésus · manipulation politique · procès romain · pression du Sanhédrin · figure de Barabbas · symbolisme du nom Barabbas · songe de la femme de Pilate · harmonie évangélique

Références bibliques

Matthieu 27.15-19 · Marc 15.6-12 · Luc 23.17-22 · Jean 18.39 · Matthieu 27.22 · Matthieu 27.15 · Marc 15.7 · Matthieu 27.19 · Marc 15.6-19 · Matthieu 27.15-30 (+ 6, voir l'index)

Résumé

La péricope 345 de la Synopse, intitulée 'La libération d'un prisonnier', s'inscrit dans la séquence narrative de la Passion de Jésus, plus précisément lors de sa dernière journée avant la crucifixion. La scène se déroule le vendredi matin, aux alentours de 8 heures, devant le prétoire du palais de Ponce Pilate, à Jérusalem. Cette péricope est attestée par les quatre évangélistes, chacun apportant des nuances complémentaires : Matthieu 27.15-19, Marc 15.6-12, Luc 23.17-22 et Jean 18.39. Le récit met en scène une coutume particulière liée à la fête de la Pâque : le gouverneur romain avait l'habitude de libérer un prisonnier à la demande du peuple. Ponce Pilate, de plus en plus conscient d'être manipulé par Caïphe et les chefs religieux du Sanhédrin, cherche un moyen habile et politiquement acceptable pour sortir de l'impasse dans laquelle il se trouve. Comprenant que Jésus a été livré par jalousie et non pour de véritables raisons criminelles, il tente d'exploiter cette coutume pascale pour obtenir la libération de Jésus sans avoir à s'opposer frontalement aux autorités religieuses. Pilate propose alors un choix à la foule rassemblée : libérer Jésus ou libérer Barabbas, un homme connu pour ses crimes, notamment sa participation à une insurrection et un meurtre selon Marc 15.7. Le calcul de Pilate repose sur une logique apparemment imparable : aucune foule raisonnable ne choisirait de libérer un individu aussi dangereux et violent au détriment d'un homme dont il ne trouve aucune faute. Il est persuadé que ce stratagème lui permettra de clore rapidement l'affaire tout en sauvant Jésus. Mais le récit révèle également un élément supplémentaire venu renforcer les hésitations de Pilate : l'intervention de sa femme. Matthieu 27.19 rapporte qu'elle lui envoie un message pour l'exhorter à n'avoir rien à faire avec 'ce juste', car elle a été troublée par un songe à son sujet. Cet épisode, propre à Matthieu, souligne la dimension prophétique et symbolique de l'innocence de Jésus reconnue jusque dans la sphère privée du pouvoir romain. La péricope illustre ainsi plusieurs tensions dramatiques fondamentales dans le récit de la Passion. D'un côté, Pilate représente une autorité civile qui reconnaît l'innocence de Jésus mais qui se laisse progressivement enfermer dans une position de faiblesse politique. De l'autre, les chefs religieux, menés par Caïphe, orchestrent habilement la pression populaire pour parvenir à leurs fins. La foule, quant à elle, devient l'instrument de cette manipulation, sans que le texte ne la présente comme pleinement consciente du rôle qu'on lui fait jouer. Sur le plan théologique, cette scène est riche en significations. Le contraste entre Jésus et Barabbas est chargé de sens symbolique : Barabbas, dont le nom signifie 'fils du père' en araméen, est libéré à la place de Jésus, le véritable Fils du Père. Ce paradoxe constitue une préfiguration de la substitution au cœur de la théologie de la rédemption : le coupable est libéré, l'innocent est condamné. Cette logique d'échange et de substitution sera développée plus avant dans la tradition théologique chrétienne. La péricope s'insère dans une chronologie précise établie par l'étude synoptique : elle fait suite au retour de Jésus devant Ponce Pilate (PER344) et précède l'acharnement du Sanhédrin et la condamnation officielle (PER346). Elle constitue donc un moment charnière dans l'escalade dramatique qui conduit à la crucifixion, montrant comment chaque tentative de Pilate pour éviter la condamnation de Jésus se heurte à une résistance croissante orchestrée par les autorités religieuses. L'approche synoptique adoptée par le site Schilo permet de confronter les quatre témoignages évangéliques sur cet épisode, en suivant principalement le récit de Luc complété par les apports de Matthieu, Marc et Jean. Cette méthode offre une vision harmonisée et nuancée des événements, tout en respectant les particularités rédactionnelles de chaque évangéliste.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 27.15-19 (Louis Segond S21)

A chaque fête, le gouverneur avait pour habitude de relâcher un prisonnier, celui que la foule voulait.

Ils avaient alors un prisonnier célèbre, un dénommé Barabbas.

Comme ils étaient rassemblés, Pilate leur dit: «Lequel voulez-vous que je vous relâche: Barabbas ou Jésus qu'on appelle le Christ?»

En effet, il savait que c'était par jalousie qu'ils avaient fait arrêter Jésus.

Pendant qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire: «N'aie rien à faire avec ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert dans un rêve à cause de lui.»

Marc
Marc 15.6-12 (Louis Segond S21)

A chaque fête, il relâchait un prisonnier, celui que le peuple réclamait.

Il y avait en prison le dénommé Barabbas avec ses complices, pour un meurtre qu'ils avaient commis lors d'une émeute.

La foule se mit à demander à grands cris ce qu'il avait l'habitude de leur accorder.

Pilate leur répondit: «Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs?»

En effet, il savait que c'était par jalousie que les chefs des prêtres avaient fait arrêter Jésus.

Cependant, les chefs des prêtres excitèrent la foule afin que Pilate leur relâche plutôt Barabbas.

Pilate reprit la parole et leur dit: «Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs?»

Luc
Luc 23.17-22 (Louis Segond S21)

[A chaque fête, il devait leur relâcher un prisonnier.]

Ils s'écrièrent tous ensemble: «Fais mourir celui-ci et relâche-nous Barabbas.»

Cet homme avait été mis en prison pour une émeute qui avait eu lieu dans la ville et pour un meurtre.

Pilate [leur] parla de nouveau dans l'intention de relâcher Jésus,

mais ils criaient: «Crucifie-le, crucifie-le!»

Pour la troisième fois, Pilate leur dit: «Quel mal a-t-il fait? Je n'ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher après l'avoir fait fouetter.»

Jean
Jean 18.39 (Louis Segond S21)

Mais, comme c'est une coutume parmi vous que je vous relâche quelqu'un lors de la Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs?»

Détails techniques

Année 33

Lieu : La ville de Jérusalem, le prétoire devant le palais de Pilate

Date : le vendredi 1er avril, le matin tôt

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Luc

Note sur le mode opératoire : Matthieu, Marc et Jean reprennent ces informations

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Ponce Pilate cherche un moyen d’éviter la condamnation à mort de Jésus.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_20 Le retour chez Ponce Pilate arrive vers 8 h. Marc 15.6-19 ; Matthieu 27.15-30 ; Luc 23.13-25 ; Jean 18.39-40 ; Jean 19.1-16.

_21 La foule, rassemblée devant le palais de Ponce Pilate, exige la crucifixion. Matthieu 27.22 ; Marc 14.11-15 ; Luc 23.23 ; Jean 19.15.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Pilate se sent de plus en plus manipulé par Caïphe et les chefs religieux. Vexé, il ne peut toutefois pas laisser paraître sa colère devant la foule, mais il n’a pas dit son dernier mot. Connaissant la coutume qui permettait, lors de la fête de la Pâque, de libérer un prisonnier, il y voit une occasion de sortir de cette impasse (Matthieu 27.15).

À ses yeux, la foule ne pourrait raisonnablement pas préférer la libération d’un homme comme Barabbas, connu pour ses crimes, à celle de Jésus (Marc 15.7). Il pense ainsi obtenir la libération de Jésus et clore rapidement l’affaire. L’intervention de sa femme, qui l’exhorte à ne rien avoir à faire avec ce juste, vient encore renforcer son hésitation (Matthieu 27.19).

Le choix proposé par Pilate apparaît alors comme une réponse habile à la pression exercée par les membres du Sanhédrin : qui accepterait d’échanger un prisonnier jugé insignifiant contre un homme dangereux ? Persuadé de l’issue, il pense encore pouvoir l’emporter.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Matthieu 27.15-19 · Marc 15.6-12 · Luc 23.17-22 · Jean 18.39 · Matthieu 27.22 · Matthieu 27.15 · Marc 15.7 · Matthieu 27.19 · Marc 15.6-19 · Matthieu 27.15-30 · Luc 23.13-25 · Jean 18.39-40 · Jean 19.1-16 · Marc 14.11-15 · Luc 23.23 · Jean 19.15

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/per345-la-liberation-dun-prisonnier/, exportée le 31/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.