SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Présentation au "roi" Antipas

Ponce Pilate est parvenu à envoyer le Messie Jésus à Hérode Antipas afin de se décharger de cette affaire...

En bref

Jésus est envoyé par Pilate devant Hérode Antipas, tétrarque de Galilée présent à Jérusalem. Fasciné par le spectaculaire, Hérode espère un miracle mais se heurte au silence total de Jésus. Vexé, il le raille, lui met un manteau éclatant et le renvoie à Pilate. Ironiquement, cet épisode réconcilie Pilate et Hérode. Seul Luc rapporte cette comparution (Lc 23.6-12), survenue vers 7h30 le vendredi matin de la Passion.

Lecture
13 min
Références
17
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
27/03/2026
Mise à jour
04/04/2026
Personnages

Jésus · Hérode Antipas · Ponce Pilate · Jean le Baptiste · Hérode le Grand

Lieux

Jérusalem · Galilée · Palais d'Hérode Antipas

Périodes

Vendredi de la Passion · 1er avril (chronologie interne) · Epoque du Second Temple · Période romaine en Judée

Mots-clés

Hérode Antipas · Jésus devant Antipas · Passion de Jésus · comparution · silence de Jésus · Luc 23 · tétrarque · procès de Jésus · Ponce Pilate · Synopse

Notions

silence comme jugement · royauté véritable vs royauté politique · ironie théologique · rejet du Messie · réconciliation par l'injustice · curiosité superficielle vs foi · accomplissement du plan de salut · humiliation du Christ

Références bibliques

Luc 23.6-12 · Luc 23.9 · Luc 23.11 · Luc 23.12 · Luc 22.66-71 · Luc 9.7-9 · Marc 15.1 · Marc 15.1-5 · Marc 6.17-28 · Matthieu 27.1-2 (+ 3, voir l'index)

Résumé

La péricope PER343 traite de la comparution de Jésus devant Hérode Antipas, épisode unique rapporté exclusivement par l'évangéliste Luc (Luc 23.6-12). Cet article s'inscrit dans la synopse des récits de la Passion et constitue un maillon essentiel de la chronologie de la dernière journée de Jésus avant la crucifixion. Selon la reconstruction chronologique proposée, la scène se déroule le vendredi matin, aux alentours de 7h30, à Jérusalem, dans le palais d'Hérode Antipas. Ce contexte suit immédiatement la première comparution devant Ponce Pilate, qui avait débuté vers 6h45, elle-même précédée de la sentence du Sanhédrin prononcée après le lever du soleil vers 6h38. Lorsque Pilate apprend que Jésus est Galiléen, il saisit l'occasion politique de se décharger d'une affaire embarrassante en le renvoyant à Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, présent à Jérusalem pour la fête de Pâque. Antipas séjourne alors dans les appartements royaux construits par son père Hérode le Grand. Homme ambitieux et avide de reconnaissance, il profite des grandes fêtes religieuses pour affirmer son poids politique dans la capitale judéenne. Hérode Antipas n'est pas un inconnu dans les récits évangéliques. C'est lui qui avait ordonné la décapitation de Jean le Baptiste (Marc 6.17-28). Depuis lors, il avait entendu parler de Jésus et certains rumeurs lui avaient même suggéré que Jean le Baptiste aurait pu ressusciter en Jésus (Luc 9.7-9). Sa curiosité pour Jésus est donc réelle, mais elle est de nature superficielle et spectaculaire : Hérode espère assister à un miracle, une démonstration de puissance, un prodige qui viendrait satisfaire sa fascination pour l'extraordinaire. Mais Hérode se trompe fondamentalement sur la nature et la mission de Jésus. Le Messie n'est pas venu pour divertir les puissants ni pour exhiber sa puissance divine à la demande des souverains. Il est venu accomplir le plan de salut du Père (Jean 3.16-17). Face aux nombreuses questions d'Hérode, Jésus adopte un silence total et absolu (Luc 23.9). Ce silence n'est pas une impuissance : c'est un jugement. Jésus refuse de se prêter au jeu d'un homme immoral, superficiel et meurtrier. Il n'a rien à lui dire. Dévancé dans ses attentes, humilié par ce silence qui le prive de tout spectacle, Hérode réagit par la moquerie et le mépris. Avec ses soldats, il tourne Jésus en dérision, le revêt d'un manteau éclatant — probable parodie du manteau royal — et le renvoie à Pilate sans avoir prononcé de sentence formelle (Luc 23.11). Il n'ose pas aller plus loin, conscient que Jésus lui a été envoyé par le gouverneur romain. L'article souligne un événement paradoxal et ironique qui ressort de cet épisode : Pilate et Hérode, jusque-là en froid en raison de tensions politiques entre la Judée et la Galilée, deviennent amis ce même jour (Luc 23.12). C'est le renvoi de Jésus d'un tribunal à l'autre qui scelle cette réconciliation. Jésus, silencieux, humilié et rejeté, devient malgré lui l'instrument d'un rapprochement entre deux hommes qui le condamnent ensemble par leur lâcheté et leur indifférence. Luc construit dans ce récit un contraste théologique fort : d'un côté Hérode, roi de façade, fasciné par le spectaculaire mais incapable de reconnaître le vrai Roi qui se tient devant lui ; de l'autre, Jésus, silencieux et souverain dans son silence, dont la majesté dépasse infiniment les catégories politiques et humaines de la royauté. Le titre même de l'article — avec le mot 'roi' entre guillemets — pointe cette ironie fondamentale : Antipas se prend pour un roi, mais c'est Jésus le véritable Roi, même au cœur de son humiliation. Cet article est enrichi de plusieurs annexes permettant d'approfondir le contexte : l'annexe ANN026 sur l'heure de la crucifixion, l'annexe ANN027 sur le dernier repas de Pâque, l'annexe ANN028 sur la journée juive au temps de Jésus, et l'annexe ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 23.6-12 (Louis Segond S21)

A ces mots, Pilate demanda si cet homme était galiléen.

Lorsqu'il apprit qu'il relevait bien de l'autorité d'Hérode, il le lui envoya, car lui aussi se trouvait à Jérusalem ces jours-là.

Lorsque Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie, car depuis longtemps il désirait le voir à cause de tout ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait le voir faire un signe miraculeux.

Il lui posa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.

Les chefs des prêtres et les spécialistes de la loi étaient présents et accusaient violemment Jésus.

Alors Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris et se moqua de lui. Puis, après lui avoir mis un habit magnifique, il le renvoya à Pilate.

Ce jour-là, Pilate et Hérode devinrent amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant.

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 33

Lieu : La ville de Jérusalem, le palais d'Antipas

Date : le vendredi 1er avril, le matin tôt

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Luc

Note sur le mode opératoire : Luc, est le seul évangéliste à noter cette comparution devant Antipas

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

Ponce Pilate est parvenu à envoyer le Messie Jésus à Hérode Antipas afin de se décharger de cette affaire.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_17 La comparution devant le Sanhédrin devrait se dérouler après le lever du soleil à 6 h 38. Mais ce ne fut pas le cas, car au moment où le coq chante le Maître est, selon notre interprétation du texte de Luc, emmené chez Pilate juste après la sentence du Sanhédrin qui a donc attendu le lever du jour pour la prononcer. Luc 22.66-71, Marc 15.1, Matthieu 27.1-2.

_18 La première comparution devant Ponce Pilate commence vers 6 h 45. Marc 15.1-5, Matthieu 27.2-14, Luc 23.1-5, Jean 18.28-38.

_19 Nous situons la comparution devant Hérode Antipas vers 7 h 30. Luc 23.6-12.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Lorsque Pilate apprend que le Messie Jésus est Galiléen, il saisit immédiatement l’occasion de se décharger de cette affaire délicate. Il l’envoie donc à Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, qui se trouve à Jérusalem pour la fête, logé dans les appartements royaux construits autrefois par son père, Hérode le Grand. Antipas, ambitieux, espérait un jour devenir roi, et il profitait des grandes fêtes pour affirmer sa présence politique dans la capitale.

C’est ce même Hérode Antipas qui avait fait mettre à mort Jean le Baptiste (Marc 6.17-28). Depuis, il avait entendu parler d’un autre prophète puissant, le Messie Jésus, et certains bruits lui avaient même laissé croire que Jean aurait pu ressusciter en lui (Luc 9.7-9). Hérode est fasciné par le spectaculaire. Il aime les prodiges, les signes extraordinaires, les démonstrations de puissance. Il espère donc que le Messie Jésus accomplira un miracle devant lui, comme un divertissement royal.

Mais il se trompe profondément sur la nature du Fils de Dieu. Le Messie Jésus n’est pas un faiseur de prodiges venu satisfaire la curiosité des puissants. Il est le Messie venu accomplir le plan de salut du Père (Jean 3.16-17). C’est pourquoi, face aux nombreuses questions d’Hérode, Jésus ne prononce pas un seul mot (Luc 23.9). Son silence est un jugement. Il refuse de se prêter au jeu d’un souverain superficiel, immoral et meurtrier.

L’entrevue tourne donc rapidement court. Hérode, vexé par ce silence, aurait en temps normal fait fouetter l’insolent. Mais il n’ose pas aller trop loin, car Jésus lui a été envoyé par Pilate. Il se contente donc, avec ses soldats, de tourner Jésus en dérision, de le revêtir d’un manteau éclatant, peut‑être une parodie de manteau royal, et de le renvoyer à Pilate (Luc 23.11).

Pourtant, un événement inattendu se produit : Pilate et Hérode deviennent amis ce jour‑là (Luc 23.12). Jusque‑là, ils étaient en froid, probablement à cause de tensions politiques entre la Judée et la Galilée. Mais le renvoi de Jésus d’un tribunal à l’autre crée un rapprochement. Ironiquement, c’est le Messie Jésus, silencieux, humilié, rejeté, qui devient l’instrument involontaire de cette réconciliation.

Luc met en scène un contraste particulièrement frappant.

D’un côté, Hérode apparaît comme un homme frivole et curieux, mais totalement aveugle sur le plan spirituel, incapable de reconnaître en Jésus le véritable Messie.

De l’autre, Jésus demeure silencieux mais pleinement souverain, avançant volontairement vers la croix sans se laisser impressionner par le pouvoir humain.

Enfin, Pilate et Hérode se retrouvent unis, non par un souci de justice, mais par leur participation commune au rejet du Fils de Dieu.

Au cœur de ces jeux politiques, le Messie Jésus demeure le véritable Roi, celui dont le royaume n’est pas de ce monde (Jean 18.36). Son silence devant Hérode n’est pas une faiblesse, mais une affirmation de sa mission : il marche vers la croix pour accomplir l’amour du Père envers l’humanité (Jean 3.16-17).

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Luc 23.6-12 · Luc 23.9 · Luc 23.11 · Luc 23.12 · Luc 22.66-71 · Luc 9.7-9 · Marc 15.1 · Marc 15.1-5 · Marc 6.17-28 · Matthieu 27.1-2 · Matthieu 27.2-14 · Jean 18.28-38 · Jean 3.16-17

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/per343-presentation-au-roi-antipas/, exportée le 28/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.