SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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La femme adultère

L’histoire de cette femme est pathétique. Le flagrant délit d’adultère apparait très étonnant...

En bref

La péricope 217 relate l'épisode de la femme adultère (Jean 8.1-11), où des pharisiens tendent un piège à Jésus en lui présentant une femme surprise en flagrant délit. Jésus déjoue le piège par sa célèbre parole invitant celui qui est sans péché à lancer la première pierre, puis pardonne la femme. Ce récit, dont l'authenticité textuelle est débattue, illustre l'union de la justice et de la miséricorde divines, et révèle l'autorité unique de Jésus à justifier.

Lecture
6 min
Références
5
Livres cités
3
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
10/07/2025
Mise à jour
15/02/2026
Personnages

Jésus · la femme adultère · les pharisiens · les scribes

Lieux

Jérusalem · Esplanade du Temple · Mont des Oliviers

Périodes

Ministère public de Jésus · An 32 après J.-C. · Fête des Tabernacles (Souccot) · 3ème Pâque au début de la dernière semaine

Mots-clés

femme adultère · Jean 8 · pardon · miséricorde · pharisiens · loi de Moïse · lapidation · Jésus · Temple de Jérusalem · adultère

Notions

miséricorde divine · justice et grâce · autorité messianique · interprétation de la Loi · pardon des péchés · piège théologique · authenticité textuelle · synopse évangélique · lapidation selon la Torah

Références bibliques

Jean 8.1-11 · Jean 8.7 · Jean 8.11 · Lévitique 20.10 · Deutéronome 22.22-24

Résumé

La péricope 217, intitulée 'La femme adultère', est un récit tiré exclusivement de l'Évangile de Jean (Jean 8.1-11), situé dans le cadre du ministère public de Jésus à Jérusalem, vraisemblablement lors de la fête de Souccot (fête des Tabernacles), autour du mercredi 13 octobre de l'an 32. L'action se déroule sur l'Esplanade du Temple à Jérusalem, où Jésus enseigne la foule après avoir passé la nuit sur le mont des Oliviers, à l'instar de nombreux pèlerins. Le contexte général de ce passage est celui d'une tension croissante entre Jésus et les autorités religieuses, qui cherchent activement à le discréditer aux yeux du peuple. C'est dans ce cadre que les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en flagrant délit d'adultère, afin de lui tendre un piège théologique et juridique soigneusement préparé. Le récit soulève d'emblée plusieurs questions d'ordre textuel et historique. D'une part, de nombreux manuscrits anciens ne contiennent pas ce passage, ce qui a conduit certains commentateurs à suggérer qu'il aurait été ajouté ultérieurement à l'Évangile de Jean. La traduction 'La Colombe' signale d'ailleurs cette absence dans plusieurs sources manuscrites. D'autre part, sur le plan chronologique, les auteurs de cette analyse synoptique estiment que ce texte semble déplacé par rapport à la séquence narrative définie par Jean, sans pour autant disposer de suffisamment d'éléments pour le repositionner avec certitude. Ils choisissent donc de le laisser à sa place canonique. La scène elle-même présente une dimension dramatique forte. Le flagrant délit d'adultère évoqué paraît étrange dans sa mise en scène : comment une telle situation a-t-elle pu survenir précisément au moment où Jésus était présent ? Les auteurs de l'analyse avancent l'hypothèse que la femme était déjà détenue et attendait son jugement, ayant été préalablement dénoncée et contrainte d'avouer sa faute. Par ailleurs, l'absence de l'homme impliqué constitue déjà une violation de la Loi mosaïque, qui exigeait que les deux coupables soient jugés ensemble (cf. Lévitique 20.10 et Deutéronome 22.22-24). Le piège posé par les pharisiens est d'une redoutable précision : si Jésus ordonne la lapidation conformément à la Loi de Moïse, son message de grâce et de miséricorde est contredit. S'il s'y oppose au nom de la grâce, il se place en contradiction avec la Torah. Les accusateurs pensent avoir acculé Jésus dans une impasse sans issue. La réponse de Jésus déjoue ce piège avec une sagesse remarquable. Sans remettre en cause la validité de la Loi, il invite chacun des accusateurs à s'examiner lui-même avant de juger autrui, en déclarant que celui qui est sans péché peut jeter la première pierre (Jean 8.7). Un à un, les accusateurs se retirent, laissant Jésus seul avec la femme. Cette parole met en lumière que la justice divine ne peut être dissociée de la miséricorde, et que nul être humain, aussi pieux soit-il, n'est en position de s'ériger en juge absolu. Jésus s'adresse ensuite directement à la femme : sans minimiser sa faute, il lui accorde le pardon et lui demande de ne plus pécher (Jean 8.11). Ce geste révèle une autorité que les pharisiens ne peuvent contester, puisqu'ils se sont eux-mêmes retirés : le pouvoir de justifier, traditionnellement reconnu comme appartenant à Dieu seul. L'Évangile de Jean ne rapporte pas ici les formules habituelles de pardon des péchés ou d'entrée dans le Royaume, mais se concentre sur la confrontation entre Jésus et les pharisiens. Ce récit, en dépit de ses questions d'authenticité textuelle et de positionnement chronologique, demeure d'une richesse spirituelle et théologique exceptionnelle. Il illustre de manière saisissante la capacité de Jésus à surpasser les catégories rigides de la loi religieuse pour révéler la profondeur de l'amour divin, conjuguant vérité morale et miséricorde salvatrice. C'est précisément pour cette raison que Jean a tenu à inclure ce récit dans son Évangile, malgré les questions qu'il soulève.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean
Jean 8.1-11 (Louis Segond S21)

Jésus se rendit au mont des Oliviers.

Mais dès le matin il revint dans le temple et tout le peuple s'approcha de lui. Il s'assit et se mit à les enseigner.

Alors les spécialistes de la loi et les pharisiens amenèrent une femme surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent au milieu de la foule

et dirent à Jésus: «Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.

Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu?»

Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l'accuser.

Comme ils continuaient à l'interroger, il se redressa et leur dit: «Que celui d'entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.»

Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.

Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu'aux derniers; Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.

Alors il se redressa et, ne voyant plus qu'elle, il lui dit: «Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a donc condamnée?»

Elle répondit: «Personne, Seigneur.» Jésus lui dit: «Moi non plus, je ne te condamne pas; vas-y et désormais ne pèche plus.»]

Détails techniques

Année 32

Lieu : L'Esplanade du Temple à Jérusalem

Date : Le mercredi 13 octobre de l'an 32 est le dernier jour de la fête. Ce fait pourrait de dérouler la veille

Mode opératoire : Nous continuons avec Jean

Note sur le mode opératoire : Jean est le seul parler de cette fête à Jérusalem

Annonce de la naissance de Jean le Baptiste

Ce fait ne correspond pas à la colère des pharisiens ; peut-être a-t-il eu lieu un peu plus tôt pendant cette fête.

La femme adultère

La femme adultère

Commentaires

Ce récit se déroule dans un contexte apaisé, ce qui nous surprend au regard de ce qui s’est passé précédemment. En effet, les autorités religieuses cherchaient à arrêter le Messie Jésus et maintenant elles discutent avec lui. Bien sûr, elles cherchent toujours à trouver une faille afin de le discréditer aux yeux du peuple.

Il n’y a aucune raison pour envisager un apaisement de la colère des pharisiens. Certains commentateurs soulignent le fait que ce récit n’est pas inscrit dans certains manuscrits et proposent que ce passage ait été ajouté ensuite. La traduction « La Colombe » note bien l’absence de ce passage dans plusieurs manuscrits.

Nous constatons que le Messie Jésus se trouve bien à Jérusalem et que contrairement à ce que nous envisagions il ne retourne pas à Béthanie au-delà du Jourdain, mais qu’il couche sur le mont des Oliviers comme beaucoup de pèlerins.

La situation nous semble étrange et nous pensons que ce texte a été déplacé et ne fait pas partie de la suite chronologique définie par Jean. Selon notre analyse, le pèlerinage évoqué ici n’est pas celui de Souccot. Toutefois comme nous n’avons pas assez de détail pour replacer ce texte, nous préférons le laisser comme inscrit dans l’Evangile de Jean.

L’histoire de cette femme est pathétique. Le flagrant délit d’adultère apparait très étonnant. Comment cela est-il possible, en plus au bon moment où le Messie Jésus est présent ? Nous pensons que cette femme était déjà emprisonnée et attendait la peine de mort. Elle avait surement été dénoncée préalablement et dans l’obligation d’avouer sa faute.

Toutefois, le problème est bien posé par les pharisiens. Faut-il lapider cette femme et respecter la loi de Moïse (Lévitique 20.10 et Deutéronome 22.22-24) ? Les accusateurs n’amènent que la femme, ce qui est déjà une entorse à la Loi, qui exigeait que les deux coupables soient jugés.

Si le maître choisit l’application pure et dure de la loi qu’en est-il de son message de grâce ? S’il applique la grâce qu’en est-il de la loi de Moïse ? Le piège est bien préparé et les pharisiens sont sûrs du résultat.

La réponse du Messie Jésus, entraîne le retrait des accusateurs.

Jean 8.7 (Louis Segond S21) :
Comme ils continuaient à l'interroger, il se redressa et leur dit: «Que celui d'entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.»

Le Messie Jésus ne remet pas en cause la Loi mais en éclaire l’esprit, soulignant que la justice divine est indissociable de la miséricorde. Il reconnaît la faute mais recentre le débat en invitant chacun à s’interroger sur ses propres imperfections avant de juger autrui. Enfin, il demande à la femme de ne plus commettre de faute et la laisse repartir librement.

Jean offre un résumé de cet événement sans évoquer, par exemple, les actions traditionnelles du Messie Jésus comme accorder le pardon des péchés ou permettre l'entrée dans le royaume de Dieu.

Jean tenait à relater cette confrontation significative entre Jésus, le Messie, et les pharisiens. Bien que ce passage puisse sembler décalé sur le plan chronologique, il demeure pertinent en raison de sa richesse en sensibilité et en sagesse, ce qui justifie pleinement son inclusion.

Ce passage met en avant la capacité du Messie Jésus à justifier. Il exerce ainsi ce pouvoir considéré comme exclusivement divin en déclarant :

Jean 8.11 (Louis Segond S21) :
Elle répondit: «Personne, Seigneur.» Jésus lui dit: «Moi non plus, je ne te condamne pas; vas-y et désormais ne pèche plus.»]

Ce point ne peut être remis en cause par aucun pharisien, puisque tous se sont déjà retirés.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le Mont des Oliviers
Le mont des Oliviers constitue l'un des lieux les plus importants de la géographie biblique. Situé à l'est de Jérusalem, il est séparé de la ville par la vallée du Cédron (2 Samuel 15.30 ; Jean 18.1). INF305
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
La réponse du Messie Jésus
Des témoins de ses miracles l’accusent de collaborer avec le diable. Le Messie Jésus, connaissant leurs pensées, répond par une série d’arguments logiques et spirituels. INF146
Souccot ou la fête des Tabernacles
La fête des Tabernacles (Souccot) est l’une des trois grandes fêtes de pèlerinage du judaïsme, célébrée en automne. Elle commémore à la fois la protection divine lors de l’Exode et la fin du cycle agricole annuel. INF208
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/per217-la-femme-adultere/, exportée le 28/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.