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Guérison de la fille de la femme syro-phénicienne

Marc et Matthieu rapportent que Jésus, accompagné de ses disciples, a quitté la Galilée pour se rendre en Phénicie, au nord du territoire israélien...

En bref

Cet article examine la guérison de la fille de la femme syro-phénicienne, soulignant l'ouverture du message de Jésus aux Gentils. À partir des Évangiles de Matthieu et Marc, il met en relief la foi humaine au-delà des frontières ethniques et culturelles. La narrative met en lumière la mission prioritaire de Jésus envers Israël, tout en reconnaissant la démonstration de foi des non-Juifs.

Lecture
11 min
Références
11
Livres cités
3
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
05/05/2025
Mise à jour
14/02/2026
Personnages

Jésus · femme syro-phénicienne

Lieux

Territoire de Tyr et de Sidon · Galilée

Périodes

Juillet 32

Mots-clés

guérison · Jésus · syro-phénicienne · matthieu · marc

Notions

ouverture du salut · interactions transculturelles

Références bibliques

Matthieu 15.21-28 · Marc 7.24-30

Résumé

L'article "PER180 - Guérison de la fille de la femme syro-phénicienne" analyse la rencontre entre Jésus et une femme syro-phénicienne, telle que rapportée respectivement dans les Évangiles de Matthieu (15.21-28) et Marc (7.24-30). Cet épisode se déroule après que Jésus ait quitté la région de Galilée pour le territoire de Tyr et de Sidon, des lieux habités majoritairement par des non-Juifs. Le récit met en lumière l'interaction de Jésus avec une femme qui implore la guérison de sa fille possédée par un démon. Initialement, Jésus affirme que sa mission est centrée sur les "brebis perdues d’Israël", mais la persistance et la foi de la femme conduisent à la guérison de sa fille. Les Évangiles de Matthieu et de Marc relatent cet événement de manière distincte : Matthieu insiste sur la priorité d’Israël dans la mission de Jésus, s’adressant à un public juif, tandis que Marc, par une narration plus concise, s'adresse probablement à un public plus large et non-juif. Les deux récits soulignent l'idée que la foi transcende les frontières ethniques et les restrictions culturelles de l'époque. La rencontre est analysée en tant que moment clé illustrant l'ouverture du message de Jésus aux Gentils, malgré les barrières culturelles et religieuses en place. Comparée avec l’épisode de la Samaritaine, cette péricope évoque une ouverture similaire du message de Jésus au travers des interactions personnelles marquées par la foi individuelle et la compassion du Christ.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 15.21-28 (Louis Segond S21)

Jésus partit de là et se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon.Note15.22 Cananéenne: nom des occupants de la région avant que les Israélites n'en fassent la conquête.Note15.22 Fils de David: voir la note 9.27.

Alors une femme cananéenne qui venait de cette région lui cria: «Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David! Ma fille est cruellement tourmentée par un démon.»

Il ne lui répondit pas un mot; ses disciples s'approchèrent et lui demandèrent: «Renvoie-la, car elle crie derrière nous.»

Il répondit: «Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la communauté d'Israël.»

Mais elle vint se prosterner devant lui et dit: «Seigneur, secours-moi!»

Il répondit: «Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens.»

«Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres.»

Alors Jésus lui dit: «Femme, ta foi est grande. Sois traitée conformément à ton désir.» A partir de ce moment, sa fille fut guérie.

Marc
Marc 7.24-30 (Louis Segond S21)

Jésus partit de là et s'en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sache, mais il ne put rester caché,

car une femme dont la fillette avait un esprit impur entendit parler de lui et vint se jeter à ses pieds.

Cette femme était une non-Juive d'origine syro-phénicienne. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit:

«Laisse d'abord les enfants se rassasier, car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens.»

«Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.»

Alors il lui dit: «A cause de cette parole, tu peux t'en aller: le démon est sorti de ta fille.»

Et quand elle rentra chez elle, elle trouva l'enfant couchée sur le lit: le démon était sorti.

Luc
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 32

Lieu : Territoire de Tyr et de Sidon

Date : Juillet 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Marc

Note sur le mode opératoire : Marc reprend les propos de Matthieu

Carte Tyr et Sidon

Le Messie Jésus et ses disciples prennent la décision de quitter la région de Galilée.

Guérison de la fille de la femme syro-phénicienne

Syro phénicienne

Examinons maintenant les textes en détail

Marc et Matthieu rapportent que le Messie Jésus, accompagné de ses disciples, a quitté la Galilée pour se rendre en Phénicie, au nord du territoire israélien. Les motifs de ce déplacement ne sont pas précisés. Cependant, le Messie Jésus a indiqué à une femme demandant la guérison de sa fille : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la communauté d’Israël ». Cette déclaration rend difficilement compréhensible ce voyage en dehors d'Israël. Il est possible que la présence des pharisiens ait constitué une menace, incitant le Messie Jésus à s'éloigner temporairement. Marc souligne également que le Messie Jésus a cherché refuge dans une maison afin de se dissimuler. Cependant, sa réputation l'avait précédé, et les habitants locaux ont rapidement discerné son identité.

Est-il possible de comparer la rencontre avec la femme syro-phénicienne à celle avec la Samaritaine mentionnée dans Jean 4.1-42, où il est écrit qu'il devait traverser la Samarie (Jean 4.4) ? Il est envisageable que cette rencontre avec la femme était également nécessaire.

Examinons maintenant les textes en détail

Les texte de Matthieu 15.21-28 et de Marc 7.24-30 relatent le même événement : la rencontre entre Jésus et une femme syro-phénicienne (ou cananéenne). Ces passages mettent en lumière l’ouverture du message du Messie Jésus aux non-Juifs, tout en soulignant certains éléments théologiques et culturels. Voici une analyse et une comparaison détaillées :

Analyse de Matthieu 15.21-28

Dans ce passage, le Messie Jésus se retire dans la région de Tyr et Sidon, une zone habitée par des non-Juifs. Une femme cananéenne vient à sa rencontre, implorant la guérison de sa fille possédée par un démon. Le Messie Jésus reste d’abord silencieux, ce qui pousse les disciples à lui demander de la renvoyer. Lorsqu’il lui répond, il affirme qu’il est envoyé aux brebis perdues d’Israël, suggérant que sa mission est prioritairement destinée aux Juifs.

La femme persiste et s’agenouille devant lui, suppliant encore son aide. Le Messie Jésus lui répond par une phrase apparemment dure : « Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. » Elle rétorque avec humilité que les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres, ce qui marque son acceptation d’un salut étendu aux nations. Impressionné par sa foi, le Messie Jésus guérit immédiatement sa fille.

Analyse de Marc 7.24-30

Marc reprend le même récit, mais avec des différences notables. Le Messie Jésus entre dans une maison et cherche à garder son séjour discret, mais la femme syro-phénicienne le trouve et implore son aide. Contrairement à Matthieu, Marc ne mentionne pas les disciples intervenant dans la scène.

La réponse du Messie Jésus et celle de la femme sont similaires à celles de Matthieu. Cependant, Marc est moins détaillé sur l’échange et les émotions de la femme. Le Messie Jésus reconnaît rapidement sa foi et lui annonce la guérison de sa fille. Le récit de Marc est donc plus concis et centré sur l’effet immédiat du miracle.

Comparaison entre Matthieu 15.21-28 et Marc 7.24-30

Destinataires et perspective théologique :

Matthieu écrit pour un public juif, donc il insiste sur le rôle initial de Jésus auprès d’Israël et sur l’extension du salut aux nations après une démonstration de foi.

Marc s’adresse à un public plus large, probablement non-juif, et il met moins l’accent sur l’aspect progressif du salut.

Rôle des disciples :

Dans Matthieu, les disciples jouent un rôle actif en demandant à Jésus de renvoyer la femme, ce qui intensifie la tension dramatique du récit.

Dans Marc, ils sont absents, ce qui recentre l’interaction sur Jésus et la femme.

Structure et style :

Matthieu est plus narratif et dramatique : le dialogue est plus long, avec plusieurs interactions avant que Jésus ne reconnaisse la foi de la femme.

Marc est plus bref et factuel : il réduit le dialogue et la scène est plus directe.

Ton et impact émotionnel :

Matthieu met en avant la persistance et l’humilité de la femme.

Marc met davantage l’accent sur l’efficacité immédiate du miracle.

Conclusion

Les deux récits illustrent un moment crucial où le Messie Jésus manifeste l’ouverture de son salut au-delà d’Israël. Matthieu met l’accent sur le processus de reconnaissance de la foi, tandis que Marc présente une version plus rapide et pragmatique du miracle. Cette différence de perspective reflète leurs objectifs rédactionnels : Matthieu veut montrer la progression du message christique, tandis que Marc cherche à souligner l’efficacité du pouvoir de Jésus. L’attitude du Messie Jésus envers cette femme semble rébarbative. Grâce à l'insistance et à la persévérance de sa mère, sa fille sera guérie de sa maladie selon Matthieu, tandis que Marc attribue cette maladie à un démon.

L’attitude du Messie Jésus, dans ce cas particulier, semble très exceptionnelle car habituellement, il encourageait les personnes et les incitait à la foi (Jean 11.40). Cependant, le Messie Jésus connaissait la conviction de cette femme et a démontré que malgré les obstacles, sa foi demeurait inébranlable. En repoussant ses demandes, il a montré que rien ne pouvait entraver sa détermination. Ainsi, la foi de cette étrangère est devenue un exemple pour l'Eglise. Aucun obstacle ne devrait contrarier la foi.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
La réponse du Messie Jésus
Des témoins de ses miracles l’accusent de collaborer avec le diable. Le Messie Jésus, connaissant leurs pensées, répond par une série d’arguments logiques et spirituels. INF146
Les Samaritains
Les Samaritains étaient une communauté religieuse et ethnique distincte vivant en Samarie, une région située entre la Galilée et la Judée. Leur relation avec les Juifs au temps de Jésus était complexe et souvent marquée par des tensions. INF107
Une femme cananéenne ou syro phénicienne
Une femme cananéenne ou syro phénicienne était une habitante de la région de Canaan ou de la Phénicie, respectivement. Cananéenne : Ce terme fait référence aux habitants de Canaan, une région historique de l'ancienne Terre d'Israël, située entre la mer Méditerranée et le Jourdain. INF101
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per180-guerison-de-la-fille-de-la-femme-syro-phenicienne/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.