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La guérison de la fille de Jaïrus

À la suite de l'intervention de cette femme souffrant de pertes de sang et de sa guérison, la situation s'est malheureusement aggravée, entraînant la mort de la jeune fille malade...

En bref

La péricope 155 relate la résurrection de la fille de Jaïrus par le Messie Jésus à Capernaüm (fév.-mars 32). Jaïrus, chef de synagogue, se prosterne devant Jésus pour implorer la guérison de sa fille mourante. Malgré le retard causé par la guérison d'une femme hémorroïsse, Jésus se rend à la maison, prononce « Talitha koumi » et ressuscite la jeune fille. Ce miracle témoigne de son autorité sur la mort et appelle à la foi même dans les situations désespérées.

Lecture
9 min
Références
9
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
21/12/2024
Mise à jour
10/02/2026
Personnages

Jaïrus · Jésus · Pierre · Jacques · Jean · fille de Jaïrus · femme hémorroïsse · Marie de Béthanie (référence)

Lieux

Capernaüm · Galilée · maison de Jaïrus

Périodes

Entre la 2ème et la 3ème fête de Pâque · Février-Mars 32 · Ministère public de Jésus

Mots-clés

guérison · résurrection · Jaïrus · miracle · foi · Talitha koumi · fille de Jaïrus · Capernaüm · synopse · mort

Notions

résurrection des morts · foi face à l'épreuve · autorité du Messie sur la mort · impureté rituelle et dépassement de la Loi · double miracle imbriqué · compassion divine · intercession parentale · puissance sur la maladie et la mort

Références bibliques

Matthieu 9.18-26 · Matthieu 9.23-26 · Marc 5.21-43 · Marc 5.35-43 · Luc 8.40-56 · Luc 8.49-56 · Jean 11.21 · Jean 11.40 · Lévitique 5.2

Résumé

La péricope 155 de la Synopse traite de l'un des miracles les plus frappants du ministère du Messie Jésus : la résurrection de la fille de Jaïrus. Cet événement, rapporté par les trois évangiles synoptiques (Matthieu 9.23-26, Marc 5.35-43 et Luc 8.49-56), se situe à Capernaüm en Galilée, vers février ou mars de l'an 32, dans la période comprise entre la deuxième et la troisième fête de Pâque. Jaïrus, chef de synagogue, est un personnage remarquable dans ce récit. Malgré son rang éminent au sein de la société religieuse juive, il se prosterne aux pieds du Messie Jésus pour le supplier de venir guérir sa fille unique, âgée d'environ douze ans et mourante. Ce geste d'humilité et de foi est d'autant plus significatif qu'il expose Jaïrus à la désapprobation de ses collègues pharisiens et sadducéens. Cet acte dépasse les restrictions habituelles de sa fonction et témoigne d'une foi authentique et urgente. Alors que le Messie Jésus se met en chemin vers la maison de Jaïrus, une foule compacte l'entoure. C'est dans ce contexte qu'une femme souffrant de pertes de sang depuis douze ans touche le bord de son vêtement et est immédiatement guérie. Cet épisode intercalé, la guérison de la femme hémorroïsse, crée un retard dans le déplacement vers la maison de Jaïrus. Ce délai a des conséquences dramatiques : des messagers arrivent et annoncent que la fille de Jaïrus est déjà morte, demandant qu'on ne dérange plus le Maître. La situation évoque celle de Marie et Marthe déplorant l'absence de Jésus au moment de la mort de Lazare (Jean 11.21). Face à cette nouvelle accablante, le Messie Jésus répond par un appel à la foi : « Ne crains pas, crois seulement » (cf. Jean 11.40). Arrivé à la maison, il trouve les pleureurs et les joueurs de flûtes funèbres déjà présents, signe que la mort avait été anticipée et que les rites funèbres avaient commencé. Il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, les disciples les plus proches, ainsi que les parents de l'enfant, et entre dans la chambre mortuaire. Le miracle s'accomplit par une parole et un geste : le Messie Jésus prend la main de la jeune fille et prononce en araméen les mots « Talitha koumi », signifiant « Petite fille, lève-toi ». Immédiatement, la fille se redresse et se met à marcher, provoquant la stupéfaction des témoins. Ce geste de toucher la main d'une défunte est théologiquement significatif, car la Loi (Lévitique 5.2) interdisait tout contact avec un cadavre, rendant ainsi la personne rituellement impure. Le Messie Jésus transcende ici la loi rituelle par son autorité divine. Les trois récits évangéliques présentent des nuances importantes. Matthieu, fidèle à son style synthétique, propose la version la plus condensée. Il présente la fille comme déjà morte dès le début de la requête de Jaïrus, et n'intègre pas l'histoire de la femme hémorroïsse avec autant de détails. Marc, au contraire, offre paradoxalement le récit le plus long et le plus détaillé, décrivant les émotions des personnages, la peur et la foi de Jaïrus, et respectant un ordre chronologique précis. Luc propose une version intermédiaire, insistant particulièrement sur les réactions des témoins et les instructions données par le Messie Jésus après le miracle. La signification théologique de cet événement est profonde. Ce miracle manifeste la puissance souveraine du Messie Jésus sur la mort elle-même, révélant sa nature divine et préfigurant la résurrection eschatologique. Il illustre également la compassion du Messie pour les personnes en détresse et la centralité de la foi dans l'expérience du miracle. La foi de Jaïrus, maintenue malgré l'annonce de la mort de sa fille, devient un modèle pour les croyants confrontés à des situations désespérées. Cet épisode s'inscrit dans un double miracle imbriqué, littéraire et théologique, caractéristique de la technique narrative de Marc, qui associe la guérison de la femme hémorroïsse et la résurrection de la fille de Jaïrus pour mettre en évidence la puissance universelle et immédiate du Messie Jésus sur la maladie et la mort.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 9.23-26 (Louis Segond S21)

Lorsque Jésus fut arrivé à la maison du chef, il vit les joueurs de flûte et la foule bruyante.

Il leur dit: «Retirez-vous, car la jeune fille n'est pas morte, mais elle dort», et ils se moquaient de lui.

Quand la foule eut été renvoyée, il entra, prit la main de la jeune fille, et la jeune fille se leva.

Cette nouvelle se propagea dans toute la région.

Marc
Marc 5.35-43 (Louis Segond S21)

Il parlait encore quand des gens arrivèrent de chez le chef de la synagogue et lui dirent: «Ta fille est morte. Pourquoi déranger encore le maître?»

Dès qu'il entendit cette parole, Jésus dit au chef de la synagogue: «N'aie pas peur, crois seulement.»

Et il ne laissa personne l'accompagner, sauf Pierre, Jacques et Jean, le frère de Jacques.

Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue où Jésus vit du tumulte, des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris.

Il entra et leur dit: «Pourquoi faites-vous ce tumulte et pourquoi pleurez-vous? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort.»

Ils se moquaient de lui. Alors il les fit tous sortir, prit avec lui le père et la mère de l'enfant et ceux qui l'avaient accompagné, et il entra là où l'enfant était [couchée].

Il la prit par la main et lui dit: «Talitha koumi», ce qui signifie: «Jeune fille, lève-toi, je te le dis».

Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher, car elle avait 12 ans. Ils furent [aussitôt] remplis d'un grand étonnement.

Jésus leur adressa de fortes recommandations pour que personne ne le sache et demanda qu'on donne à manger à la jeune fille.

Luc
Luc 8.49-56 (Louis Segond S21)

Jésus parlait encore quand quelqu'un arriva de chez le chef de la synagogue et [lui] dit: «Ta fille est morte, ne dérange plus le maître.»

Mais Jésus, qui avait entendu, dit au chef de la synagogue: «N'aie pas peur, crois seulement, et elle sera sauvée.»

Lorsqu'il fut arrivé à la maison, il ne laissa personne entrer [avec lui], sauf Pierre, Jean et Jacques, ainsi que le père et la mère de l'enfant.

Tous pleuraient et se lamentaient sur elle. Alors Jésus dit: «Ne pleurez pas, [car] elle n'est pas morte, mais elle dort.»

Ils se moquaient de lui, sachant qu'elle était morte.

Mais il [les fit tous sortir,] prit la jeune fille par la main et dit d'une voix forte: «Mon enfant, lève-toi.»

Son esprit revint en elle et elle se leva immédiatement; Jésus ordonna de lui donner à manger.

Les parents de la jeune fille furent remplis d'étonnement; il leur recommanda de ne dire à personne ce qui était arrivé.

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 32

Lieu : Capernaüm en Galilée

Date : Février ou Mars 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Marc

Note sur le mode opératoire : La chronologie de Marc semble être la plus probable

Carte Capernaüm

Le Messie Jésus arrive à la maison de Jaïrus.

La guérison de la fille de Jaïrus

La guérison de la fille de Jaïrus

Contexte

À la suite de l'intervention de cette femme souffrant de pertes de sang et de sa guérison, la situation s'est malheureusement aggravée, entraînant la mort de la jeune fille malade. Jaïrus aurait pu croire que sa fille serait encore en vie sans cette intervention, comme Marie regrettait que Jésus ne soit pas arrivé plus tôt pour sauver Lazare (Jean 11.21).

Les joueurs de flûtes pour les funérailles étaient déjà présents, ce qui montre que la mort de cette jeune fille avait été anticipée. Nous observons également une initiative de Jaïrus, qui choisit de dépasser les restrictions imposées par sa fonction afin de solliciter l'intervention du Messie Jésus.

Contexte

Jaïrus, un chef de synagogue, vient voir le Messie Jésus et se jette à ses pieds, le suppliant de venir guérir sa fille unique, âgée d'environ douze ans, qui est sur le point de mourir.

L'histoire

Pendant que le Messie Jésus se rend chez Jaïrus, une foule le suit et l'entoure. Une femme souffrant d'une perte de sang le touche et est guérie, ce qui cause un retard dans la progression vers la maison de Jaïrus. Pendant ce temps, des messagers arrivent et informent Jaïrus que sa fille est déjà morte, et qu'il ne faut plus déranger le maître.

Le Miracle

Le Messie Jésus, entendant cela, dit à Jaïrus de ne pas craindre mais de croire (Jean 11.40). Il continue jusqu'à la maison de Jaïrus, prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean, ainsi que les parents de l'enfant, et entre dans la chambre où gît la fille.

Le Messie Jésus prend la main de la fille et dit : "Talitha koumi", ce qui signifie "Petite fille, lève-toi". Immédiatement, la fille se lève et commence à marcher, suscitant la stupéfaction de tous présents.

Signification

Ce miracle montre la puissance du Messie Jésus sur la mort, sa compassion et sa capacité à restaurer la vie. Il encourage la foi en lui et souligne l'importance de croire même face à des situations désespérées.

C'est une magnifique illustration de l'autorité du Messie Jésus et de l'espoir qu'il offre.

Il est important de souligner que Jaïrus, un éminent responsable religieux, se distingue par son acte inhabituel de se prosterner devant le Messie Jésus, malgré les critiques potentielles de ses collègues pharisiens et sadducéens. Bien que l'on puisse envisager qu'il ait pu organiser une fête en l'honneur du Messie Jésus par la suite, aucun des Evangiles de Matthieu, Marc ou Luc ne mentionne un tel événement.

Différence entre les trois récits :

Matthieu 9.18-26

Résumé : Matthieu offre une version plus concise de l'événement.

Interruption : Il n'inclut pas l'histoire de la guérison de la femme hémorroïsse de manière aussi détaillée que Marc et Luc.

Détails : Le récit ne mentionne pas que la fille est morte au début, mais plutôt qu'elle est déjà morte quand Jaïrus vient au Messie Jésus.

Toucher de la main : Le Messie Jésus touche la main de la fille pour la ressusciter alors que la loi interdisait de toucher un cadavre (Lévitique 5.2).

Marc 5.21-43

Détails : Marc, contrairement à son habitude, donne le récit le plus long et le plus détaillé.

Interruption : Il inclut la guérison de la femme hémorroïsse de manière détaillée, interrompant le récit de Jaïrus.

Émotions : Marc décrit les émotions des personnages, y compris la peur et la foi de Jaïrus et la réaction des personnes présentes.

Ordre des événements : Le récit suit un ordre chronologique précis, montrant Jésus arriver chez Jaïrus après la guérison de la femme.

Luc 8.40-56

Détails : Luc offre une version intermédiaire en termes de longueur et de détails.

Interruption : Comme Marc, il inclut l'histoire de la femme hémorroïsse.

Réactions : Luc met l'accent sur les réactions des témoins, notamment la foule et les parents de la fille.

Instructions du Messie Jésus : Luc mentionne explicitement que le Messie Jésus demande aux parents de ne pas dire ce qui s'est passé. Il apparaît clairement que le Maître privilégiait la proclamation du salut et l'accès au royaume des cieux, plutôt que de mettre l'accent sur la guérison.

Chaque évangéliste apporte une perspective unique qui enrichit notre compréhension de l'événement.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Sadducéens
Les Sadducéens étaient un groupe aristocratique et sacerdotal du judaïsme antique (200 av. J.-C. – 70 ap. J.-C.), contrôlant le Temple de Jérusalem et le Sanhédrin. Ils acceptaient uniquement le Pentateuque, niaient la résurrection des morts et l'existence des anges. Présents quinze fois dans le Nouveau Testament, ils jouèrent un rôle clé dans la condamnation de Jésus, notamment à travers Caïphe et Anne. Leur disparition coïncide avec la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF001
La synagogue
Une synagogue est un lieu de culte, d'enseignement et de rassemblement pour les Juifs. Lieu de prière : La synagogue est utilisée pour la prière communautaire et individuelle. INF090
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per155-la-guerison-de-la-fille-de-jairus/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.