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La guérison de la femme à la perte de sang

Cette femme souffrait d'une hémorragie chronique depuis douze ans, ce qui la rendait non seulement malade physiquement, mais aussi socialement marginalisée...

En bref

La péricope 154 relate la guérison d'une femme souffrant d'hémorragie depuis douze ans, rapportée par Matthieu, Marc et Luc. À Capharnaüm, elle touche discrètement le vêtement de Jésus en route vers chez Jaïrus. Guérie instantanément, elle est reconnue publiquement par Jésus qui déclare : 'Ta foi t'a sauvée.' L'article compare les trois récits synoptiques et explore la portée théologique, christologique et sociale de ce miracle de foi.

Lecture
8 min
Références
7
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
21/12/2024
Mise à jour
10/02/2026
Personnages

Jésus · femme à la perte de sang · Pierre · Jaïrus · Matthieu · Marc · Luc

Lieux

Capharnaüm · Galilée

Périodes

Février ou Mars 32 · Entre la 2ème et la 3ème fête de Pâque

Mots-clés

guérison · femme hémorragique · foi · miracle · pureté rituelle · synopse · Jésus · Capharnaüm · perte de sang · puissance divine

Notions

foi guérissante · impureté rituelle · puissance divine · compassion de Jésus · marginalisation sociale · récit synoptique comparé · christologie · sotériologie · témoignage apostolique

Références bibliques

Matthieu 9.20-22 · Marc 5.24-34 · Luc 8.43-48 · Lévitique 15.25-27

Résumé

La péricope 154 de la synopse évangélique traite de l'un des miracles les plus touchants du ministère du Messie Jésus : la guérison d'une femme souffrant d'une hémorragie chronique depuis douze ans. Cet épisode est rapporté par trois évangélistes synoptiques — Matthieu (9.20-22), Marc (5.24-34) et Luc (8.43-48) — mais est absent de l'Évangile de Jean. L'événement se déroule à Capharnaüm en Galilée, vraisemblablement en février ou mars de l'an 32, dans le contexte du voyage de Jésus vers la maison de Jaïrus, dont il allait ressusciter la fille. La femme en question souffrait d'une perte de sang persistante depuis douze ans. Au-delà de sa souffrance physique, cette condition la plaçait dans un état d'impureté rituelle permanente selon les lois mosaïques de pureté (Lévitique 15.25-27), ce qui la marginalisait socialement et religieusement. Elle n'avait trouvé aucun remède efficace, malgré — selon Luc — de nombreuses consultations médicales. Dans cet état de détresse, la femme décide d'approcher Jésus discrètement, alors qu'il avance dans une foule dense. Elle touche le bord de son vêtement, convaincue que ce simple geste suffira à la guérir. Sa foi silencieuse mais déterminée est immédiatement récompensée : elle est guérie instantanément. Simultanément, Jésus perçoit qu'une puissance est sortie de lui et interroge la foule : 'Qui a touché mes vêtements ?' La femme, tremblante, s'avance alors et avoue publiquement ce qu'elle a fait. Jésus lui répond avec tendresse et lui déclare que sa foi l'a sauvée. L'article propose une analyse comparée des trois récits synoptiques afin de mettre en lumière leurs différences et complémentarités. Matthieu offre une version concise, centrée sur l'acte de foi et la guérison immédiate. Il rapporte brièvement les paroles de Jésus : 'Prends courage, ma fille, ta foi t'a guérie.' Marc, dont l'Évangile est réputé s'appuyer sur les souvenirs de l'apôtre Pierre, fournit la version la plus détaillée. Il décrit la souffrance prolongée de la femme, les nombreux médecins consultés en vain, la sensation qu'a Jésus d'une puissance sortant de lui, et le dialogue complet entre Jésus et la femme. Marc insiste sur la puissance divine de Jésus et la crainte respectueuse de la femme devant lui. Luc, quant à lui, met davantage l'accent sur la dimension publique de la guérison et sur la reconnaissance par la femme du miracle accompli devant tous. Il mentionne explicitement l'intervention de Pierre qui souligne l'absurdité de la question de Jésus face à la pression de la foule. L'article souligne également la richesse théologique de cet épisode. Sur le plan christologique, le miracle atteste de la puissance divine du Messie Jésus, capable de guérir par le simple contact de son vêtement, et conscient de la force qui émane de lui. Sur le plan sotériologique, la parole de Jésus — 'ta foi t'a sauvée' — indique que la foi est le canal par lequel la grâce divine opère. La femme n'est pas simplement guérie physiquement ; elle est déclarée sauvée, terme qui dépasse la simple restauration corporelle. Sur le plan social et éthique, cet épisode révèle la compassion de Jésus envers les personnes marginalisées. En s'arrêtant pour cette femme alors qu'il se rendait en urgence chez Jaïrus, Jésus démontre que chaque individu compte, indépendamment de son statut social ou de son impureté rituelle. En la nommant publiquement 'ma fille', il la réintègre dans la communauté et lui rend sa dignité. Enfin, la note technique précise que la chronologie de Marc est retenue comme la plus probable pour la reconstitution synoptique, et que l'épisode s'inscrit dans un enchaînement narratif plus large incluant la résurrection de la fille de Jaïrus. Le fait que Pierre ait discuté directement avec cette femme explique le niveau de détail présent dans le récit marcien, ce qui renforce la valeur historique et testimoniale de l'Évangile de Marc pour cet épisode précis.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 9.20-22 (Louis Segond S21)

C'est alors qu'une femme qui souffrait d'hémorragies depuis 12 ans s'approcha par-derrière et toucha le bord de son vêtement,

car elle se disait: «Si je peux seulement toucher son vêtement, je serai guérie.»

Jésus se retourna et dit en la voyant: «Prends courage, ma fille, ta foi t'a sauvée.» Et cette femme fut guérie dès ce moment.

Marc
Marc 5.24-34 (Louis Segond S21)

Jésus s'en alla avec lui. Une grande foule le suivait et le pressait de tous côtés.

Or, il y avait une femme atteinte d'hémorragies depuis 12 ans.

Elle avait beaucoup souffert entre les mains de nombreux médecins. Elle avait dépensé tout ce qu'elle possédait, mais cela n'avait servi à rien; au contraire, son état avait plutôt empiré.

Elle entendit parler de Jésus, vint dans la foule par-derrière et toucha son vêtement,

car elle se disait: «Même si je ne touche que ses vêtements, je serai guérie.»

A l'instant même, son hémorragie s'arrêta, et elle sentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal.

Jésus se rendit aussitôt compte qu'une force était sortie de lui; il se retourna au milieu de la foule et dit: «Qui a touché mes vêtements?»

Ses disciples lui dirent: «Tu vois la foule qui te presse et tu dis: ‘Qui m'a touché?’»

Jésus regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela.

La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.

Alors il lui dit: «Ma fille, ta foi t'a sauvée. Pars dans la paix et sois guérie de ton mal.»

Luc
Luc 8.43-48 (Louis Segond S21)

Or il y avait une femme qui souffrait d'hémorragies depuis 12 ans; elle avait dépensé tout son bien chez les médecins, mais aucun n'avait pu la guérir.

Elle s'approcha par-derrière et toucha le bord du vêtement de Jésus. Son hémorragie s'arrêta immédiatement.

Jésus dit: «Qui m'a touché?» Comme tous s'en défendaient, Pierre et ceux qui étaient avec lui dirent: «Maître, la foule t'entoure et te presse, [et tu dis: ‘Qui m'a touché?’]»

Mais Jésus répondit: «Quelqu'un m'a touché, car j'ai senti qu'une force était sortie de moi.»

Voyant qu'elle n'était pas passée inaperçue, la femme vint toute tremblante se jeter à ses pieds; elle déclara devant tout le peuple pourquoi elle l'avait touché et comment elle avait été immédiatement guérie.

Alors il lui dit: «Ma fille, [prends courage,] ta foi t'a sauvée. Pars dans la paix!»

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 32

Lieu : Capernaüm en Galilée

Date : Février ou Mars 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Marc

Note sur le mode opératoire : La chronologie de Marc semble être la plus probable

Carte Capernaüm

Le Messie Jésus suit Jaïrus, mais une femme va l'interrompre.

La guérison de la femme à la perte de sang

La femme à la perte de sang

Matthieu 9.20-22

Cette femme souffrait d'une hémorragie chronique depuis douze ans, ce qui la rendait non seulement malade physiquement, mais aussi socialement marginalisée en raison des lois de pureté de l'Ancien Testament (Lévitique 15.25-27). Il est évident que Pierre a discuté avec cette femme, car les détails qu'il fournit dans le récit de Marc ne pourraient pas être connus uniquement par l'observation du miracle.

Marc s'est appuyé sur les souvenirs de l'apôtre Pierre pour rédiger son Evangile.

Lorsque le Messie Jésus traversait la foule dense pour se rendre chez Jaïrus, elle s'approcha discrètement et toucha le bord de son vêtement. Elle pensait en elle-même : "Si je puis seulement toucher Son vêtement, je serai guérie". Au moment où elle toucha le vêtement de Jésus, elle fut instantanément guérie.

Cependant le Messie Jésus ressentit une puissance sortir de lui et, se retournant vers la femme, il lui dit : "Prends courage, ma fille, ta foi t'a guérie". Ce miracle montre non seulement la puissance du Messie Jésus pour guérir, mais aussi l'importance de la foi et de la persévérance.

Ce miracle est souvent cité comme un exemple de la compassion infinie du Messie Jésus et de la puissance de la foi. Il montre que même dans des situations désespérées, la foi peut opérer des miracles.

Il y a quelques différences subtiles entre les récits de la guérison de la femme à la perte de sang tels qu'ils sont rapportés dans les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc. Voici un aperçu des variations :

Matthieu 9.20-22

Description : Matthieu donne une version succincte de l'événement.

Interaction : La femme touche le bord du vêtement de Jésus et est guérie immédiatement.

Dialogue : Jésus se retourne et lui dit : "Prends courage, ma fille, ta foi t'a guérie."

Focus : Matthieu se concentre sur l'acte de foi de la femme et la guérison immédiate.

Marc 5.25-34

Description : Marc donne une description plus détaillée de la situation de la femme et de sa souffrance.

Interaction : La femme touche le vêtement de Jésus, ressent immédiatement sa guérison et Jésus ressent qu'une puissance est sortie de lui.

Dialogue : Jésus demande : "Qui a touché mes vêtements ?" Les disciples et la foule réagissent, et la femme avoue en tremblant. Jésus lui dit alors : "Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix, et sois guérie de ton mal."

Focus : Marc met l'accent sur la puissance de Jésus et la peur respectueuse de la femme.

Luc 8.43-48

Description : Luc souligne également les détails de la maladie de la femme et mentionne qu'elle n'avait trouvé de guérison auprès d'aucun médecin.

Interaction : La femme touche le vêtement de Jésus et est immédiatement guérie. Jésus ressent qu'une puissance est sortie de lui et interroge la foule sur celui qui l'a touché.

Dialogue : Comme dans Marc, Jésus demande : "Qui m'a touché ?" Pierre répond, et la femme avoue devant tout le monde. Jésus lui dit alors : "Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix."
Focus : Luc met en avant la reconnaissance publique de la guérison et l'importance de la foi.

Différences clés

Détails de la maladie : Marc et Luc fournissent plus de détails sur la durée et la souffrance de la maladie de la femme.

Réactions : Les dialogues et interactions avec Jésus varient légèrement, en particulier la réaction de Jésus et la manière dont il identifie la femme.

Perspective : Chaque évangéliste met en avant des aspects différents, comme la foi de la femme (Matthieu), la puissance de Jésus (Marc), et la reconnaissance publique (Luc).

Ces variations montrent les différentes perspectives des évangélistes, chacun mettant en lumière des aspects spécifiques de l'événement et de sa signification spirituelle.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Ceux qui étaient avec lui
« Le grand prêtre et tous ceux qui étaient avec lui, c'est-à-dire le parti des sadducéens (ἡ οὖσα αἵρεσις τῶν Σαδδουκαίων) » Le terme αἵρεσις (hairesis) désigne ici une « école de pensée », un « parti », une « secte » au sens philosophique — un groupe partageant les mêmes convictions doctrinales. INF352
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/per154-la-guerison-de-la-femme-a-la-perte-de-sang/, exportée le 27/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.