SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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La parabole de l'ivraie et du froment

Ce sujet, abordé exclusivement par Matthieu, nous éclaire sur les concepts de jugement et de distinction entre les justes et les injustes...

En bref

La parabole de l'ivraie et du froment (Matthieu 13.24-30), exclusive à Matthieu, enseigne la coexistence du bien et du mal dans le monde jusqu'au jugement final. Jésus y illustre la patience de Dieu qui diffère le tri entre justes et méchants jusqu'à la moisson eschatologique, confiée aux anges. Cette parabole s'inscrit dans une réflexion biblique profonde sur la prospérité apparente des méchants, partagée par Habacuc, Asaph, Jérémie et Job.

Lecture
10 min
Références
11
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
03/12/2024
Mise à jour
07/02/2026
Personnages

Jésus · Matthieu · Habacuc · Asaph · Jérémie · Job

Lieux

lac de Tibériade · Capharnaüm · Galilée

Périodes

Novembre ou décembre 31 · Entre la 2ème et la 3ème fête de Pâque

Mots-clés

ivraie · froment · parabole · jugement final · Matthieu · coexistence bien et mal · moisson · eschatologie · Royaume de Dieu · patience de Dieu

Notions

coexistence du bien et du mal · jugement eschatologique · patience divine · séparation des justes et des méchants · Royaume de Dieu · discours parabolique · prospérité des méchants · moisson finale · angéologie · sotériologie

Références bibliques

Matthieu 13.24-30 · Matthieu 13.47-50 · Matthieu 25.1-13 · Habacuc 1.2-13 · Psaumes 73.3-12 · Jérémie 12.1-2 · Job 21.7-13

Résumé

La péricope 141 de la Synopse présente la parabole de l'ivraie et du froment, un enseignement exclusif à l'Évangile de Matthieu (Matthieu 13.24-30), prononcé par Jésus aux abords du lac de Tibériade, près de Capharnaüm en Galilée, vraisemblablement en novembre ou décembre de l'an 31. Il s'agit de la deuxième parabole rapportée par Matthieu dans ce grand discours parabolique, après celle du semeur (PER138). Dans cette parabole, un agriculteur sème de bon grain dans son champ. Pendant la nuit, un ennemi vient y semer de l'ivraie, une mauvaise herbe difficile à distinguer du froment dans ses premières phases de croissance. Lorsque les serviteurs découvrent la situation, ils demandent au maître s'ils doivent arracher l'ivraie. Celui-ci répond par la négative, craignant qu'en arrachant l'ivraie, ils n'endommagent aussi le froment. Il préconise d'attendre la moisson pour effectuer le tri : l'ivraie sera liée en bottes et brûlée, tandis que le froment sera rassemblé dans le grenier. Cette parabole est remarquable car elle est accompagnée de son interprétation explicite par Jésus lui-même, ce qui en facilite la compréhension théologique. Elle s'articule autour de trois grands thèmes fondamentaux. Le premier thème est la coexistence du bien et du mal dans le monde. La parabole illustre de manière saisissante la réalité de la création où les justes et les méchants cohabitent jusqu'au temps du jugement. Cette coexistence n'est pas un accident ni un échec divin, mais une réalité acceptée dans le cadre du plan de Dieu pour l'humanité. Le champ représente le monde, le bon grain symbolise les enfants du Royaume, et l'ivraie représente les enfants du Malin. L'ennemi qui sème l'ivraie est le diable lui-même. Le deuxième thème est celui de la patience divine et du jugement différé. Le maître du champ fait preuve d'une patience remarquable en refusant d'agir précipitamment. Cette patience reflète celle de Dieu qui, dans sa sagesse, retarde le jugement final pour permettre à chacun de parcourir son chemin et, potentiellement, de se repentir. Cette notion rejoint celle développée par l'apôtre Pierre dans sa deuxième épître, soulignant que Dieu ne veut pas qu'aucun périsse. Le troisième thème central est celui du jugement final et de la séparation eschatologique. À la fin des temps, une séparation nette sera opérée entre les justes et les méchants. Les moissonneurs, identifiés aux anges, procéderont à ce tri définitif. Les méchants seront jetés dans la fournaise ardente, tandis que les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Mathieu, en rapportant cette parabole, s'inscrit dans une longue tradition de questionnement théologique sur la cohabitation du bien et du mal. Ce questionnement est partagé par de grandes figures bibliques : le prophète Habacuc qui ne comprenait pas cette cohabitation apparente, le psalmiste Asaph dans le Psaume 73 exprimant son trouble devant la prospérité des méchants, le prophète Jérémie qui interpellait Dieu sur ce sujet (Jérémie 12.1-2), et Job qui s'interrogeait sur la puissance et la prospérité des impies (Job 21.7-13). Cette parabole est étroitement liée à d'autres enseignements de Jésus rapportés par Matthieu, notamment la parabole du filet (Matthieu 13.47-50, PER149) qui utilise l'image de la pêche pour illustrer la même séparation eschatologique, et la parabole des dix vierges (Matthieu 25.1-13, PER287) qui insiste sur l'importance de la préparation face au retour du Seigneur. D'un point de vue synoptique, cette péricope est propre à Matthieu : Marc et Luc ne rapportent pas cet enseignement. Cela souligne l'intérêt particulier de Matthieu pour les thèmes du jugement, de la distinction entre vrais et faux disciples, et de la croissance du Royaume de Dieu dans un monde où le mal est encore actif. La parabole invite ainsi les auditeurs, dans leur majorité agriculteurs, à une réflexion profonde sur leur propre condition face à Dieu et sur l'espérance du jugement juste qui viendra en son temps.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 13.24-30 (Louis Segond S21)

Il leur proposa une autre parabole: «Le royaume des cieux ressemble à un homme qui avait semé une bonne semence dans son champ.

Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de la mauvaise herbe parmi le blé et s'en alla.

Lorsque le blé eut poussé et donné du fruit, la mauvaise herbe apparut aussi.

Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire: ‘Seigneur, n'as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ? Comment se fait-il donc qu'il y ait de la mauvaise herbe?’

Il leur répondit: ‘C'est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui dirent: ‘Veux-tu que nous allions l'arracher?’

‘Non, dit-il, de peur qu'en arrachant la mauvaise herbe vous ne déraciniez en même temps le blé.

Laissez l'un et l'autre pousser ensemble jusqu'à la moisson et, au moment de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d'abord la mauvaise herbe et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier.’»

Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Bargraphe année 31

Lieu : Une petite baie le long des rives du lac de Tibériade, près de Capernaüm en Galilée.

Date : Novembre ou décembre 31

Mode opératoire : Nous sommes avec Matthieu

Note sur le mode opératoire : Matthieu, seul aborde ce thème.

Capernaum

Cette parabole est accompagnée de son explication. Il s'agit de la deuxième parabole de Matthieu dans ce discours important (PER138).

La parabole de l'ivraie et du froment

La parabole de l'ivraie et du froment

Commentaires

Ce sujet, abordé exclusivement par Matthieu, nous éclaire sur les concepts de jugement et de distinction entre les justes et les injustes. Il traite également cette question sous différents angles en s'appuyant sur d'autres enseignements du Messie Jésus, notamment la parabole du filet (Matthieu 13.47-50, PER149) et la parabole des dix vierges (Matthieu 25.1-13, PER287).

Il s'agit de la deuxième parabole rapportée par Matthieu après celle du semeur (Matthieu 13.1-23, PER138), qui aborde un thème similaire. Dans cette parabole, cependant, un ennemi intervient pour nuire à l'agriculteur. Nous apprenons ainsi que, bien que la première semence soit bonne, une seconde semence, mauvaise celle-là, est semée clandestinement et cohabite avec la bonne. Elles croissent toutes les deux.

Est-il nécessaire d'éliminer ces mauvaises herbes ?

Le Maître répond par la négative, soulignant qu'il existe un risque de nuire aux bonnes plantes. Une sélection minutieuse sera réalisée lors de la récolte.

La problématique est ainsi présentée, et cette exposition interpelle les auditeurs, dont la majorité cultive une parcelle de terre. Bien qu'aucune interprétation explicite ne soit fournie, il est évident que la discussion porte sur les notions de bon et de mauvais, ou de bien et de mal.

Les thèmes principaux sont donc :

Coexistence du bien et du mal : La parabole montre que le bien et le mal coexistent dans le monde jusqu'au jour du jugement. Les justes et les méchants vivent ensemble, et il n'est pas toujours évident de les distinguer.

Patience et jugement différé : Le maître du champ montre de la patience en ne voulant pas arracher l'ivraie tout de suite, de peur d'endommager le blé. Cela reflète la patience de Dieu qui retarde le jugement final pour permettre à chacun de se repentir.

Jugement final : À la fin des temps, il y aura une séparation entre les justes et les méchants, symbolisée par la moisson. Les méchants seront punis et les justes seront récompensés.

Cette parabole de l'ivraie n'est présente que dans l'Évangile de Matthieu. Les thèmes de jugement, séparation du bien et du mal, et croissance du royaume de Dieu se retrouvent aussi dans d'autres enseignements de Jésus chez Matthieu.

Parabole du filet (Matthieu 13.47-50) : Cette parabole utilise l'image d'un filet de pêche pour illustrer la séparation des justes et des méchants à la fin des temps.

Parabole des dix vierges (Matthieu 25.1-13) : Elle met en avant l'importance de la préparation pour le retour du Seigneur et la séparation entre ceux qui sont prêts et ceux qui ne le sont pas.

Matthieu insiste particulièrement sur cette cohabitation entre le bien et le mal entre les véritables disciples et les non-croyants. Comme le prophète Habakuk 1.2-13 qui ne comprenait pas cette cohabitation Matthieu suit le même chemin.
La prospérité apparente des méchants est évoquée dans plusieurs passages bibliques, notamment dans les Psaumes et les Prophètes.

Psaumes 73.3-12 : Le psalmiste Asaph exprime son trouble en voyant la prospérité des méchants malgré leur comportement injuste. Il remarque que les méchants semblent prospérer et être exempts des souffrances des autres.

Jérémie 12.1-2 : Le prophète Jérémie se plaint à Dieu de la prospérité des méchants : "Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère ? Pourquoi tous les perfides vivent-ils en paix ?"

Job 21.7-13 : Job se demande pourquoi les méchants vivent, vieillissent et deviennent puissants, profitant apparemment des bénédictions matérielles malgré leur méchanceté.

Ces passages soulignent un questionnement profond et une observation humaine commune sur l'injustice apparente dans la prospérité des méchants. Cependant, la Bible enseigne aussi que la prospérité des méchants est temporaire et que le jugement final de Dieu mettra tout en ordre.

Avec la tombée de la nuit, la foule finit par se disperser, laissant le Messie Jésus seul avec ses disciples. C’est à ce moment-là qu’ils lui demandent d’expliquer la parabole. Matthieu 13.36-43 relate cette discussion (PER146).

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le lac de Génésareth
Le lac de Génésareth, également connu sous le nom de mer de Galilée, lac de Tibériade ou lac de Kinneret, est un plan d'eau important en Israël, mentionné à plusieurs reprises dans les Évangiles. Situation : Le lac de Génésareth est situé dans la région nord d'Israël, en Galilée, près des hauteurs du Golan. INF087
Parabole ou métaphore
Le nombre de parabole dans les Evangiles varie considérablement en fonction des différents chercheurs. Certaines sont définies directement dans le texte où nous trouvons que le Messie Jésus annonce une parabole. INF181
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/per141-la-parabole-de-livraie-et-du-froment/, exportée le 27/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.