SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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La question de Jean le baptiste

Il peut sembler étonnant de voir Jean le Baptiste, alors en prison, poser cette question...

En bref

Emprisonné, Jean le Baptiste envoie ses disciples demander à Jésus s'il est bien le Messie attendu. Jésus répond par ses actes — guérisons, résurrections, annonce aux pauvres — en s'appuyant sur Ésaïe 35.5. L'article analyse la divergence entre les deux ministères, la logique rédactionnelle de Matthieu et le sous-entendu christologique puissant contenu dans la référence prophétique : Jésus est Dieu venant sauver son peuple (És 35.4).

Lecture
8 min
Références
10
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
09/10/2024
Mise à jour
06/02/2026
Personnages

Jean le Baptiste · Jésus (le Messie) · Disciples de Jean le Baptiste · Matthieu (évangéliste) · Luc (évangéliste) · Pharisiens · Veuve de Naïm · Ésaïe (prophète)

Lieux

Capernaüm · Prison de Jean le Baptiste · Naïm

Périodes

Mai-juin 31 ap. J.-C. · Entre la 2ème et la 3ème fête de Pâque · Ministère public de Jésus

Mots-clés

Jean le Baptiste · question messianique · Jésus Messie · guérisons messianiques · Ésaïe 35 · prison de Jean · ministère de Jésus · prophétie accomplie · synopse · Matthieu 11

Notions

Identité messianique de Jésus · Accomplissement des prophéties · Divergence entre les ministères de Jean et Jésus · Christologie implicite · Rédaction théologique de Matthieu · Attentes messianiques juives · Signes messianiques · Herméneutique prophétique

Références bibliques

Matthieu 11.2-6 · Luc 7.18-23 · Jean 1.29 · Matthieu 11.18 · Matthieu 8.1-4 · Matthieu 8.5-13 · Matthieu 9.27-31 · Matthieu 9.32-33 · Ésaïe 35.3-4 · Ésaïe 35.5

Résumé

La péricope 113 traite de l'un des épisodes les plus significatifs et théologiquement riches des évangiles synoptiques : la question que Jean le Baptiste, depuis sa prison, adresse à Jésus par l'intermédiaire de ses disciples. Cet événement est rapporté par Matthieu (11.2-6) et Luc (7.18-23), et se situe chronologiquement en mai ou juin de l'an 31, à Capernaüm, après le retour de Jésus dans cette ville où il prononce un discours important. La situation de départ est paradoxale et interpellante : Jean le Baptiste, celui-là même qui avait reconnu et proclamé Jésus comme 'l'Agneau de Dieu' (Jean 1.29) lors de son baptême, exprime depuis sa prison une interrogation fondamentale sur l'identité messianique de Jésus. Cette question — 'Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?' — peut sembler surprenante de la part d'un homme qui avait eu une révélation directe sur Jésus. L'article propose une clé de lecture essentielle pour comprendre cette apparente contradiction : Jean le Baptiste avait des attentes messianiques précises, liées à l'avènement immédiat du Royaume de Dieu, et le comportement de Jésus — ses associations, sa manière d'être avec les gens — ne correspondait pas au schéma attendu. L'article met en lumière la divergence fondamentale entre les deux ministères : celui de Jean, austère et prophétique, annonçant le jugement et la repentance, et celui de Jésus, tourné vers la miséricorde, la guérison et l'accueil des pécheurs. Jésus lui-même est conscient de cette disparité et la mentionnera devant les pharisiens (Matthieu 11.18). Cette tension ministerielle est au cœur de nombreuses interrogations de l'époque, non seulement pour Jean et ses disciples, mais aussi pour la foule et les pharisiens. Face à cette question, Jésus ne répond pas de manière abstraite ou doctrinale : il répond par ses actes. Il guérit les aveugles, les lépreux, les boiteux, les sourds, il ressuscite les morts et proclame l'Évangile aux pauvres. Cette réponse en actes constitue une démonstration messianique concrète et s'ancre délibérément dans la prophétie d'Ésaïe 35.5, texte bien connu à cette époque, qui décrit précisément ces signes comme marqueurs de l'intervention divine. L'article aborde également une question chronologique et rédactionnelle intéressante concernant la structure narrative de Matthieu. En effet, Matthieu cite des guérisons — du lépreux (Mt 8.1-4), du paralytique ou infirme (Mt 8.5-13), des deux aveugles (Mt 9.27-31), et du sourd-muet (Mt 9.32-33) — qui semblent avoir été rassemblées thématiquement plutôt que strictement chronologiquement pour appuyer la réponse de Jésus à Jean. Cette démarche rédactionnelle révèle une intentionnalité théologique de Matthieu, qui structure son récit pour démontrer point par point l'accomplissement de la prophétie d'Ésaïe 35.5. Cela explique également pourquoi la résurrection du fils de la veuve de Naïm, pourtant miracle spectaculaire rapporté par Luc juste avant cet épisode, n'est pas mentionnée dans la liste des signes : elle ne figure pas dans le passage précis d'Ésaïe 35.5 auquel Jésus fait explicitement référence. Mais l'aspect le plus profond et le plus suggestif de l'analyse réside dans ce que la réponse de Jésus ne dit pas explicitement, mais que tout auditeur de l'époque, et Jean le Baptiste en particulier, pouvait saisir immédiatement : le verset précédant Ésaïe 35.5, c'est-à-dire Ésaïe 35.3-4, annonce que Dieu lui-même viendra sauver son peuple. En citant Ésaïe 35.5, Jésus implique donc qu'il est celui dont parle Ésaïe 35.4 : Dieu venant en personne pour le salut. C'est une affirmation christologique d'une densité remarquable, exprimée de manière voilée mais parfaitement lisible pour qui connaît les Écritures. Ainsi, Jean le Baptiste, grand connaisseur des prophètes, est pleinement capable de saisir la portée totale de cette réponse. Bien que les Évangiles ne documentent pas la réaction de Jean, l'article conclut que cette réponse messianique ne pouvait que confirmer et affermir la foi de Jean en Jésus comme le Messie annoncé par les Écritures, apportant à la fois satisfaction et joie à ce grand prophète emprisonné. La péricope s'inscrit dans le cadre de la synopse et renvoie aux annexes ANN003, ANN021 et ANN022 pour un approfondissement du ministère de Jean et des appels des disciples.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 11.2-6 (Louis Segond S21)

Or, dans sa prison, Jean avait entendu parler de ce que faisait Christ. Il envoya deux de ses disciples lui demander:Note11.2 Jean: Jean-Baptiste, arrêté par Hérode. Voir 14.3.Note11.5 Les aveugles… pauvres: Jésus répond à Jean en faisant allusion à des textes du prophète Esaïe (Esaïe 35.5-6 et 61.1) qui décrivent l'époque messianique et le serviteur de l'Eternel.

«Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?»

Jésus leur répondit: «Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez:

les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

Heureux celui pour qui je ne représenterai pas un obstacle!»

Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 7.18-23 (Louis Segond S21)

Jean fut informé de tout cela par ses disciples.Note7.22 Les aveugles… pauvres: citation d'extraits d'Esaïe 35.5-6 et 61.1, passages relatifs à l’ère messianique et au serviteur de l'Eternel (le Messie).

Il en appela deux qu'il envoya vers Jésus pour lui dire: «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?»

Arrivés vers Jésus, ils dirent: «Jean-Baptiste nous a envoyés vers toi pour te demander: ‘Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?’»

A ce moment-là, Jésus guérit de nombreuses personnes de maladies, d'infirmités et d'esprits mauvais et il rendit la vue à bien des aveugles.

Puis il leur répondit: «Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

Heureux celui pour qui je ne représenterai pas un obstacle!»

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Bargraphe année 31

Lieu : Capernaüm

Date : Mai ou juin 31 (avant les grosses chaleurs)

Mode opératoire : Nous basculons avec Matthieu

Note sur le mode opératoire : Matthieu et Luc relatent ce passage.

Capernaum

Après le retour à Capernaüm le Messie Jésus prononce un autre discours important.

La question de Jean le baptiste

La question de Jean le baptiste

Commentaires

Il peut sembler étonnant de voir Jean le Baptiste, alors en prison (Matthieu 11.2), poser cette question. Après tout, il avait clairement proclamé en apercevant Jésus, le Messie, venu pour recevoir le baptême : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jean 1.29).

Nous traitons cette question dans l'annexe ANN003 : « La naissance et le ministère de Jean le Baptiste ».

Jean anticipait-il l'avènement imminent du royaume de Dieu ? Le comportement de Jésus le Messie avec les gens, ainsi que ses associations, ne correspondaient pas à ses attentes. Cette problématique souligne la divergence entre leurs deux ministères.

En fait, le Messie Jésus est pleinement conscient des défis liés à cette disparité ministérielle, puisqu'il mentionnera cette différence de comportement devant les pharisiens (Matthieu 11.18). Nous approfondirons cette argumentation du Messie Jésus dans l’analyse de la péricope suivante.

La question posée par Jean le Baptiste, relayée par ses disciples, va donner lieu à un discours destiné non seulement aux pharisiens mais aussi à la foule. Cela indique que les actions du Messie Jésus étaient source de nombreuses interrogations, surtout parmi ceux qui avaient côtoyé Jean le Baptiste, et ils étaient nombreux.

Jésus-Christ a répondu par ses actes : il guérit les malades, y compris les aveugles, les lépreux, les boiteux et les sourds, et ressuscite les morts, tout en proclamant l'Évangile aux pauvres.

C’est pour cette raison que les citations de Matthieu concernant la guérison du lépreux (Matthieu 8.1-4) et celle du boiteux ou infirme (Matthieu 8.5-13) présentent des difficultés chronologiques. Il avait déjà mentionné la guérison de deux aveugles Matthieu 9.27-31) ainsi que la délivrance d’un sourd et muet (Matthieu 9.32-33).

A-t-il mentionné ces exemples pour soutenir la réponse de Jésus, même s'ils se sont produits à un autre moment ?
Pourquoi alors n’a-t-il pas mentionné la résurrection du fils de la veuve de Naïm ? Après tout, ce miracle semble être le plus remarquable.

Nous avons peut-être un élément de réponse au travers du passage cité par le Messie Jésus : Esaïe 35.5. En effet il ne concerne que les aveugles, les sourds et muets et les boiteux. Dans ces condition Matthieu reprend à la lette à ce passage et le confirme point par point. Cela explique que le fils de la veuve de Naïm ne soit pas cité.

Nous savons aussi que les paroles de ce prophète, un des plus connu à cette époque, ne manqueraient pas de résonner aux oreilles de Jean le baptiste. Le Messie Jésus affirme donc ici qu’il accomplit tout ce qui est dit à son sujet.

Mais le plus important dans cette réponse reste ce qui n’est pas dit et que chacun à cette époque était capable de saisir. Cette information se trouve au verset précédent.

Ainsi, Jean le Baptiste est en mesure de comprendre pleinement la réponse du Messie Jésus.

Bien que la réaction de Jean le Baptiste reste non documentée, cette réponse ne pouvait qu'affermir la position de Jésus en tant que Messie annoncé dans les écritures. En conséquence, on peut déduire que ces paroles ont à la fois satisfait et réjoui l’âme et le cœur de ce grand prophète.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
La réponse du Messie Jésus
Des témoins de ses miracles l’accusent de collaborer avec le diable. Le Messie Jésus, connaissant leurs pensées, répond par une série d’arguments logiques et spirituels. INF146
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per113-la-question-de-jean-le-baptiste/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.