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INF074 Notes historiques

Différence de travail entre traduction et révision

La traduction et la révision de la Bible sont deux processus distincts mais complémentaires, chacun avec des objectifs et des méthodes spécifiques. Voici les différences…

En bref

Cet article distingue la traduction biblique, qui consiste à créer une version nouvelle à partir des textes originaux en hébreu, grec ou araméen, de la révision, qui améliore et actualise une traduction existante. La traduction exige une maîtrise des langues sources et implique des choix entre fidélité littérale et dynamisme. La révision corrige les erreurs, modernise le langage et améliore la lisibilité. L'exemple de la Bible Segond et de sa révision de 1910 illustre concrètement ces deux processus complémentaires.

Lecture
2 min
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
15/12/2024
Mise à jour
15/12/2024
Personnages

Louis Segond

Périodes

XIXe siècle · 1910

Mots-clés

traduction biblique · révision biblique · Bible Segond · langues bibliques · hébreu · grec · araméen · traduction littérale · traduction dynamique · manuscrits originaux

Notions

traduction littérale · traduction dynamique · révision textuelle · fidélité au texte original · modernisation du langage · transmission des Écritures · philologie biblique · équivalence formelle · équivalence dynamique

Résumé

Cet article propose une analyse claire et structurée des différences fondamentales entre deux processus essentiels dans l'histoire de la transmission des Écritures : la traduction et la révision biblique. Ces deux démarches, bien que complémentaires, répondent à des objectifs distincts et mobilisent des compétences et des méthodes spécifiques. La traduction biblique constitue un travail fondateur. Elle consiste à convertir le texte original des Écritures, rédigé en hébreu, en grec ou en araméen, vers une langue cible, ici le français. Ce travail exige du traducteur une maîtrise approfondie des langues sources et de la langue d'arrivée, mais aussi une connaissance solide des contextes culturels, historiques et théologiques dans lesquels les textes ont été écrits. En effet, les nuances lexicales, les idiomes et les figures de style propres aux langues bibliques ne se transposent pas mécaniquement d'une langue à l'autre. Le traducteur est donc constamment confronté à un choix stratégique fondamental : opter pour une traduction littérale, fidèle mot à mot au texte original, ou adopter une approche dynamique, dite sens pour sens, qui privilégie la compréhension du lecteur moderne au détriment parfois de la stricte littéralité. Ce premier travail aboutit à une version entièrement nouvelle, élaborée directement à partir des manuscrits originaux, sans s'appuyer sur une version intermédiaire déjà existante dans la langue cible. La révision biblique, quant à elle, intervient dans un second temps. Elle ne part pas d'une page blanche, mais s'appuie sur une traduction déjà existante qu'elle cherche à améliorer, à corriger et à actualiser. Les réviseurs procèdent à une analyse comparative rigoureuse entre la version traduite et les manuscrits originaux, afin d'identifier les inexactitudes, les archaïsmes ou les formulations devenues obscures pour le lecteur contemporain. L'objectif de la révision est triple : corriger les erreurs éventuelles de la traduction initiale, moderniser le langage pour le rendre plus accessible, et améliorer la fluidité et la lisibilité du texte sans en altérer le sens théologique profond. Il s'agit donc d'un travail d'ajustement fin, qui suppose une grande rigueur philologique et une sensibilité pastorale aiguisée. L'article illustre ces deux processus à travers l'exemple emblématique de la Bible de Louis Segond. La version originale publiée par Segond à la fin du XIXe siècle constitue une traduction à part entière, réalisée directement à partir des textes hébreux et grecs. La révision de 1910, quant à elle, représente un travail de révision effectué par des érudits qui ont repris cette traduction pour la corriger, l'enrichir et l'adapter aux évolutions des études bibliques et aux besoins des communautés chrétiennes francophones de l'époque. Ces deux démarches sont présentées comme complémentaires et non concurrentes. La traduction pose le fondement en rendant la Parole de Dieu accessible dans une langue donnée, tandis que la révision assure la pérennité de cette accessibilité en maintenant le texte pertinent et précis au fil du temps, à mesure que la langue évolue et que les connaissances philologiques progressent. Ensemble, elles témoignent de l'effort constant déployé par les communautés croyantes pour transmettre fidèlement le message des Écritures d'une génération à l'autre. Cet article s'inscrit dans une catégorie de notes historiques destinées à éclairer les lecteurs sur les processus qui ont présidé à la constitution des versions bibliques qu'ils utilisent aujourd'hui. Il fournit des repères conceptuels utiles pour mieux comprendre pourquoi il existe plusieurs versions d'une même Bible et ce qui distingue une nouvelle traduction d'une simple révision. Ces distinctions ont des implications concrètes pour l'exégèse, la catéchèse et la lecture personnelle des Écritures.

Différence de travail entre traduction et révision

La traduction et la révision de la Bible sont deux processus distincts mais complémentaires, chacun avec des objectifs et des méthodes spécifiques. Voici les différences principales entre les deux :

Traduction

Objectif : Convertir le texte original (en hébreu, grec ou araméen) en une autre langue, en l'occurrence le français.
Processus : Implique une compréhension approfondie des langues originales et de la langue cible.
Nécessite des connaissances culturelles et historiques pour s'assurer que le sens original est préservé.
Les traducteurs doivent souvent choisir entre une traduction littérale (mot à mot) et une traduction dynamique (sens pour sens) pour équilibrer la fidélité au texte original et la clarté pour les lecteurs modernes.
Travail Initial : Les traducteurs élaborent une nouvelle version du texte à partir des manuscrits originaux.

Révision

Objectif : Améliorer une traduction existante pour corriger des erreurs, moderniser le langage, et rendre le texte plus compréhensible.
Processus : Analyse des différentes versions et traductions existantes.
Comparaison avec les manuscrits originaux pour vérifier l'exactitude et l'intégrité du texte.
Modification du texte pour améliorer la lisibilité, la fluidité et la précision sans altérer le sens original.
Travail d'Ajustement : Les réviseurs modifient et corrigent une version déjà traduite.

Exemples Pratiques

Traduction : La première traduction de la Bible de Louis Segond, où il a traduit directement des textes hébreux et grecs.
Révision : La révision de 1910 de la Bible Segond, où des érudits ont corrigé et amélioré la version originale de Louis Segond.

En résumé, la traduction est la création initiale d'un texte dans une nouvelle langue, tandis que la révision est l'amélioration et l'ajustement de ce texte pour répondre aux besoins changeants des lecteurs et aux avancées dans les études bibliques.

Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/inf074-difference-de-travail-entre-traduction-et-revision/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.