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La fille de Jaïrus

Marc montre que la fille de Jaïrus était encore vivante mais mourante lorsque son père sollicite Jésus, puis qu’elle décède durant le délai causé par la foule. Matthieu, plus synthétique, présente directement la situation finale, ce qui rend les deux récits complémentaires plutôt que contradictoires.

En bref

L'article CTD014 examine la prétendue contradiction entre Matthieu 9.18 et Marc 5.23 concernant l'état de la fille de Jaïrus. Matthieu indique qu'elle est morte, Marc qu'elle est mourante. L'analyse montre que ces récits sont complémentaires : Marc décrit une progression narrative avec un décès survenant en cours de route, tandis que Matthieu condense l'événement en présentant directement l'état final. Il n'y a pas de contradiction, mais deux styles rédactionnels distincts relatant le même miracle.

Lecture
8 min
Références
8
Livres cités
2
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
03/07/2024
Mise à jour
03/05/2026
Personnages

Jésus · Jaïrus · la fille de Jaïrus · la femme à la perte de sang · Matthieu · Marc

Lieux

maison de Jaïrus · Galilée

Périodes

ministère public de Jésus · 1er siècle

Mots-clés

fille de Jaïrus · contradiction biblique · Matthieu Marc · résurrection · apologétique · évangiles synoptiques · miracle de Jésus · islamland

Notions

complémentarité évangélique · style rédactionnel des évangélistes · apologétique biblique · harmonisation des évangiles · narration progressive vs synthétique · cohérence interne des Écritures

Références bibliques

Matthieu 9.18 · Matthieu 9.19 · Marc 5.22 · Marc 5.23 · Marc 5.24 · Marc 5.25-34 · Marc 5.35

Résumé

L'article CTD014 traite d'une prétendue contradiction entre les récits évangéliques de Matthieu et de Marc concernant l'état de la fille de Jaïrus au moment où son père rencontre Jésus. Cette question est présentée comme la treizième contradiction recensée sur le site islamland.com (référencée sous le numéro 39). La contradiction apparente est la suivante : selon Matthieu 9.18, Jaïrus déclare à Jésus que sa fille est déjà morte, tandis que selon Marc 5.23, il indique qu'elle est simplement « à l'extrémité », c'est-à-dire gravement malade mais encore en vie. L'article propose une réponse apologétique détaillée en analysant attentivement les deux récits évangéliques et en les mettant en perspective l'un avec l'autre. La réponse repose sur une lecture attentive du déroulement narratif propre à chaque évangéliste. Dans un premier temps, l'article souligne que le récit de Marc est plus développé sur le plan narratif. Marc présente une progression en plusieurs étapes : Jaïrus vient d'abord trouver Jésus alors que sa fille est encore vivante mais dans un état critique. Ce contexte narratif justifie pleinement la démarche du père, car il est humainement plus cohérent qu'un père se déplace pour demander une guérison plutôt que pour annoncer un décès déjà survenu. Ce premier contact a donc lieu alors que l'enfant est encore en vie. Dans un second temps, l'article met en évidence l'élément perturbateur qui survient entre la demande initiale de Jaïrus et l'arrivée de Jésus à son domicile : l'épisode de la femme atteinte d'une perte de sang (Marc 5.25-34). Cet épisode intercalé provoque un délai dans le déplacement de Jésus. C'est précisément durant ce délai que des messagers viennent informer Jaïrus que sa fille est désormais décédée (Marc 5.35). La situation bascule ainsi d'une demande de guérison vers une situation de mort constatée, transformant radicalement la nature du miracle que Jésus va accomplir. Dans un troisième temps, l'article explique la concision du récit matthéen. Matthieu, fidèle à son style plus synthétique, ne détaille pas les étapes intermédiaires de l'événement. Il présente directement la situation dans son état final, tel que Jaïrus la résume ou la connaît au moment où il sollicite Jésus. Cette approche narrative est une condensation de l'événement, focalisée sur l'issue miraculeuse — la résurrection de la jeune fille — plutôt que sur le processus qui y conduit. L'article conclut donc que les deux récits évangéliques ne se contredisent pas, mais qu'ils se complètent mutuellement. Matthieu offre une perspective synthétique centrée sur le résultat final, tandis que Marc offre une narration progressive et détaillée du même événement. Ces deux approches correspondent à deux styles rédactionnels distincts, mais cohérents entre eux. La fille de Jaïrus n'était pas encore morte lors de la première démarche de son père, mais elle décède avant l'arrivée effective de Jésus. Cette chronologie interne, lisible dans le récit de Marc, est simplement condensée par Matthieu. L'article renvoie également à des études complémentaires disponibles sur le site, notamment les péricopes PER153, PER154 et PER155, qui détaillent respectivement la guérison de la fille de Jaïrus dans ses deux phases et l'épisode intermédiaire de la femme à la perte de sang. Des annexes sont également mentionnées : ANN010 sur les deux généalogies et ANN046 sur les exigences techniques d'édition du premier siècle, qui permettent de mieux comprendre les pratiques rédactionnelles des évangélistes. Cet article s'inscrit dans une série apologétique visant à répondre aux objections soulevées par des sources extérieures au christianisme, notamment islamiques, qui cherchent à identifier des contradictions dans les Évangiles. La démarche est rigoureuse, textuelle et théologique, et démontre que la complémentarité narrative entre les évangélistes est une marque de cohérence et non de contradiction.

Pour plus d'informations

Introduction

Voici la treizième question ou contradiction présentée sur le site www.islamland.com, référencée sous le numéro 39 (Citation adaptée pour des raisons de clarté).

Quand Jésus a rencontré Jaïrus, la fille de Jaïrus était-elle déjà morte ?

1) : Oui (Matthieu 9.18) lui cite en disant : Ma fille est morte.

2) : Non selon (Marc 5.23) qui dit : Ma fille est à l’extrémité.

Notre réponse :

Regardons les textes en question.

La question de l’état de la fille de Jaïrus au moment de la rencontre avec Jésus repose sur une divergence apparente entre les récits évangéliques : selon Matthieu, Jaïrus déclare que sa fille est morte (Matthieu 9.18), tandis que Marc rapporte qu’elle est « à l’extrémité » (Marc 5.23), c’est-à-dire gravement malade. Une analyse attentive des textes permet cependant de comprendre ces affirmations comme les étapes successives d’une même situation.

Le récit de Marc, plus développé sur le plan narratif, présente d’abord une enfant encore vivante, mais dans un état critique. Cette situation motive la démarche urgente de Jaïrus, qui vient implorer l’intervention de Jésus. Il est en effet plus cohérent, d’un point de vue humain, qu’un père se déplace pour demander la guérison d’un enfant encore en vie plutôt que pour un décès déjà constaté (Marc 5.23).

Au cours du déplacement de Jésus vers la maison de Jaïrus, un délai survient en raison de l’intervention de la femme atteinte d’une perte de sang (Marc 5.25-34). C’est alors que des messagers annoncent la mort de l’enfant : « Ta fille est morte ; pourquoi importuner encore le maître ? » (Marc 5.35). Cette information marque un tournant dans le récit, en transformant une demande de guérison en une situation apparemment irréversible.

Le récit de Matthieu, plus concis, ne détaille pas cette progression. Il condense l’événement en présentant directement la situation finale : la fille est morte (Matthieu 9.18). Cette manière de rapporter les faits correspond à une focalisation sur l’issue du miracle, à savoir la résurrection, plutôt que sur les étapes intermédiaires.

Ainsi, les deux récits ne s’opposent pas, mais se complètent. Jaïrus s’adresse à Jésus une première fois alors que sa fille est encore en vie, bien que mourante, puis la situation évolue vers son décès avant l’arrivée de Jésus. Matthieu rapporte cette situation dans son état final, tandis que Marc en décrit le déroulement progressif.

En conclusion, la fille de Jaïrus n’était pas encore morte au moment initial de la démarche de son père, mais elle décède avant l’intervention de Jésus. Les Évangiles présentent donc deux perspectives complémentaires d’un même événement : l’une synthétique, l’autre développée. Cette complémentarité confirme la cohérence interne des récits, sans introduire de contradiction.

Nous détaillons le déroulement des événements dans l'étude des péricopes  : PER153 : La guérison de la fille de Jaïrus interrompue ; PER154 : La guérison de la femme à la perte de sang ; PER155 : La guérison de la fille de Jaïrus fin.

Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/ctd014-la-fille-de-jairus/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.