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L'ânon et l'ânesse ?

Marc et Luc mentionnent uniquement l’ânon que Jésus monta, tandis que Matthieu précise qu’une ânesse l’accompagnait pour souligner l’accomplissement littéral de la prophétie. Ces récits se complètent : Jésus n’utilisa qu’un seul animal, et la présence de deux chez Matthieu ne crée aucune contradiction.

En bref

L'article CTD011 répond à une prétendue contradiction sur le nombre d'animaux lors de l'entrée de Jésus à Jérusalem. Marc et Luc mentionnent un ânon, Matthieu une ânesse et son ânon. L'auteur montre qu'il ne s'agit pas d'une contradiction mais d'une différence de focalisation : Matthieu, écrivant pour un public juif, souligne l'accomplissement littéral de la prophétie de Zacharie 9.9. Jésus n'a monté qu'un seul animal, l'ânon, mais la présence de l'ânesse est mentionnée pour son contexte prophétique et pratique.

Lecture
9 min
Références
10
Livres cités
6
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
03/07/2024
Mise à jour
03/05/2026
Personnages

Jésus · les disciples · Matthieu · Marc · Luc · Zacharie

Lieux

Jérusalem

Périodes

Ministère de Jésus · Semaine sainte · Ier siècle

Mots-clés

entrée à Jérusalem · ânon · ânesse · contradiction biblique · Matthieu · Marc · Luc · prophétie messianique · Zacharie · évangiles synoptiques

Notions

contradiction apparente · focalisation narrative · accomplissement prophétique · harmonie évangélique · intention théologique · apologétique biblique · herméneutique · récits parallèles

Références bibliques

Marc 11.7 · Luc 19.34-35 · Matthieu 21.7 · Zacharie 9.9 · Ésaïe 62.11 · Jean 12.16

Résumé

L'article CTD011 aborde une prétendue contradiction biblique soulevée par le site islamland.com (référence numéro 36), portant sur le nombre d'animaux utilisés lors de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. La question posée est la suivante : Jésus est-il monté sur un seul animal ou sur deux ? D'un côté, les évangiles de Marc (11.7) et de Luc (19.34-35) mentionnent un seul animal, un ânon, sur lequel les disciples placèrent leurs vêtements avant d'y faire monter Jésus. De l'autre côté, l'évangile de Matthieu (21.7) évoque deux animaux : une ânesse et son ânon, sur lesquels les disciples disposèrent également leurs vêtements. L'article démontre que cette divergence apparente n'est pas une véritable contradiction, mais une différence de focalisation narrative et théologique entre les évangélistes. Marc et Luc concentrent leur récit sur l'essentiel : Jésus monte sur un ânon pour entrer à Jérusalem, accomplissant ainsi la prophétie messianique. Leur objectif est de mettre en valeur cet accomplissement sans s'attarder sur des détails secondaires. Matthieu, quant à lui, écrit principalement pour un public juif et cherche à établir de manière explicite et littérale le lien avec les Écritures de l'Ancien Testament. Il fait référence à la prophétie de Zacharie 9.9 (« Voici, ton roi vient à toi, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse »), ainsi qu'à Ésaïe 62.11. En mentionnant les deux animaux, Matthieu rend compte de façon plus précise du contexte prophétique, incluant la présence de l'ânesse aux côtés de son petit. L'article précise que la mention des deux animaux chez Matthieu ne signifie aucunement que Jésus aurait monté les deux simultanément ou successivement. Le texte indique que les disciples placèrent leurs vêtements sur les deux animaux et « le firent asseoir dessus ». Cette expression, analysée avec soin, peut se référer aux vêtements placés sur les animaux plutôt qu'aux animaux eux-mêmes, indiquant que Jésus s'assit sur l'ânon recouvert de manteaux. Cette interprétation est cohérente avec les récits de Marc et de Luc. Un autre élément d'explication pratique est avancé : l'ânon, étant jeune et encore dépendant de sa mère, aurait été plus facilement guidé et conduit en étant accompagné de l'ânesse. La présence de l'ânesse répondait donc à une nécessité logistique, même si elle n'était pas la monture de Jésus. Ce détail concret est retenu par Matthieu précisément parce qu'il enrichit la correspondance avec la prophétie vétérotestamentaire. L'article souligne également que les disciples, en exécutant les instructions de Jésus, agissaient dans l'obéissance immédiate sans percevoir sur le moment la pleine portée prophétique de leurs actes. Ce n'est que plus tard qu'ils comprirent la signification de cet événement, comme le rapporte Jean 12.16. En conclusion, l'auteur établit clairement qu'il n'existe aucune contradiction entre les récits évangéliques. Jésus n'est monté que sur un seul animal, l'ânon, comme l'attestent Marc et Luc. La mention des deux animaux chez Matthieu constitue un apport complémentaire et théologiquement motivé, destiné à mettre en évidence l'accomplissement précis des prophéties messianiques. Chaque évangéliste présente le même événement avec des intentions narratives et théologiques qui lui sont propres, ce qui explique les différences de détail sans engendrer de contradiction réelle. L'article renvoie également à l'annexe ANN010 sur les deux généalogies pour des informations complémentaires, et s'inscrit dans une série consacrée à l'examen des prétendues contradictions bibliques.

Pour plus d'informations

Introduction

Voici la dixième question ou contradiction présentée sur le site www.islamland.com, référencée sous le numéro 36 (Citation adaptée pour des raisons de clarté).

Jésus est monté sur combien d’animaux ?

1) : Un, un ânon (Marc 11.7 et Luc 19.35). Et ils amenèrent à Jésus l’ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et firent monter Jésus.

2) : Deux, un ânon et une ânesse (Matthieu 21.7). Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, mirent sur eux leurs vêtements et le firent asseoir dessus.

Notre réponse :

Regardons les textes en question.

La question du nombre d’animaux utilisés lors de l’entrée de Jésus à Jérusalem repose sur une divergence apparente entre les récits évangéliques : Marc et Luc mentionnent un seul animal, un ânon (Marc 11.7 ; Luc 19.35), tandis que Matthieu évoque une ânesse et son petit (Matthieu 21.7). Une analyse attentive montre cependant qu’il ne s’agit pas d’une contradiction, mais d’une différence de focalisation narrative.

Les récits de Marc et de Luc se concentrent sur l’élément essentiel de la scène : Jésus est monté sur un ânon. Leur objectif est de mettre en évidence l’accomplissement de la prophétie messianique, sans s’attarder sur des détails secondaires. Matthieu, en revanche, s’adresse prioritairement à un public juif et souligne davantage le lien explicite avec les Écritures. Il mentionne ainsi la présence de deux animaux afin de rendre compte de manière plus littérale de la prophétie : « Voici, ton roi vient à toi […] monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse » (Zacharie 9.9 ; cf. Esaïe 62.11).

La mention des deux animaux chez Matthieu ne signifie pas que Jésus ait monté successivement ou simultanément les deux, mais qu’ils étaient tous deux présents. Le texte précise que les disciples placèrent leurs vêtements sur eux et « le firent asseoir dessus » (Matthieu 21.7). Cette expression peut être comprise comme se référant aux vêtements plutôt qu’aux animaux eux-mêmes, indiquant que Jésus s’assit sur l’ânon recouvert de manteaux. Cette lecture est cohérente avec les récits parallèles de Marc et de Luc, qui ne mentionnent que l’ânon comme monture effective.

Par ailleurs, la présence de l’ânesse peut s’expliquer par des considérations pratiques : l’ânon, probablement jeune et encore dépendant de sa mère, aurait été plus facilement conduit en étant accompagné de celle-ci. Ce détail, bien que secondaire pour certains évangélistes, est retenu par Matthieu en raison de son intérêt pour l’accomplissement précis de la prophétie.

Enfin, l’ensemble des récits converge sur un point central : Jésus entre à Jérusalem en accomplissant délibérément les Écritures messianiques. Les disciples, quant à eux, semblent agir dans l’obéissance immédiate sans nécessairement percevoir sur le moment la portée prophétique de leurs actes (Jean 12.16).

En conclusion, Jésus est monté sur un seul animal, l’ânon, conformément au témoignage convergent de Marc et de Luc. La mention de deux animaux chez Matthieu constitue un apport complémentaire, destiné à souligner l’accomplissement des prophéties. Il n’y a donc aucune contradiction entre les récits, mais une présentation différenciée d’un même événement, selon les intentions théologiques et narratives propres à chaque évangéliste.

Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/ctd011-lanon-et-lanesse/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.