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La repentance

Le Pasteur Daniel Guillet a aimablement autorisé la publication de son étude, laquelle analyse en profondeur la véritable nature de la repentance...

En bref

Ce WordPress se concentre sur 'ANN103 - La repentance', examinant le mot 'repentance' sous ses origines latine et grecque. Il souligne l’importance de la repentance, comme prêché par Jean le Baptiste, et son rôle fondamental dans la vie chrétienne. Le processus de repentance implique un profond changement de pensée et d’attitude, étant vital pour le salut.

Lecture
10 min
Références
8
Livres cités
7
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
25/11/2024
Mise à jour
08/03/2026
Personnages

Jean le Baptiste · Pasteur Daniel Guillet

Lieux

Jourdain

Périodes

époque de Jean le Baptiste

Mots-clés

repentance · Jean le Baptiste · salut · changement

Notions

repentance · salut · changement

Références bibliques

Matthieu 27.3 · 2 Corinthiens 7.8 · Actes 28.6 · Romains 12.2

Résumé

L'article 'ANN103 - La repentance' explore le thème de la repentance en profondeur, en examinant ses origines linguistiques et son importance théologique. La discussion commence par Jean le Baptiste, qui, selon les Évangiles, soulignait que la repentance était essentielle pour le baptême, un concept souvent mal compris par son auditoire. Jean insistait sur le fait que l'appartenance au peuple juif ne suffisait pas et que la repentance était cruciale. Ensuite, l’article analyse l'étymologie du mot 'repentance', qui provient du verbe latin 'paenitere', signifiant être mécontent ou regretter, indiquant un manque ou une insatisfaction qui pousse l'individu vers le salut. Le texte se penche aussi sur le grec du Nouveau Testament, où le mot 'metanoô' signifie littéralement 'penser après', évoquant un changement d'avis ou de mode de vie. La pleine signification embrasse un changement dynamique de métamorphose et de transformation. Ce changement est au cœur de la foi chrétienne car il reflète le passage personnel nécessaire vers le salut. L'article aborde comment ce concept reste pertinent aujourd'hui, soulignant que la réflexion après coup, 'meta', est essentielle pour l'évolution spirituelle. Enfin, le texte fait référence à diverses écritures bibliques pour illustrer l'adoption de la repentance dans la tradition chrétienne.

Pour plus d'informations

Introduction

Nous avons abordé ce sujet en discutant des défis rencontrés par Jean le Baptiste. De nombreuses personnes venaient se faire baptiser dans les eaux du Jourdain, mais plusieurs d'entre elles ne percevaient pas la repentance comme une condition préalable au baptême. Jean-Baptiste leur a rappelé avec fermeté que l'appartenance au peuple juif n'était pas une condition suffisante pour être éligible au baptême.

Cette repentance est-elle également pertinente de nos jours ?

Le Pasteur Daniel Guillet a aimablement autorisé la publication de son étude, laquelle analyse en profondeur la véritable nature de la repentance. Nous avons organisé son texte en plusieurs paragraphes et ajouté des titres afin d'en faciliter la lecture et la publication.

I. Comment définir ce terme : repentance ?

Voilà un mot qui fait couler beaucoup d’encre et dont on propose de multiples traductions !

Qu’en est-il au juste ? Pour beaucoup, ce mot est dépassé voire vieillot. Pourtant, quand on considère son étymologie, on constate qu’elle est extrêmement suggestive. Notre mot français repentance vient en effet du verbe latin « paenitere » qui veut dire : « être mécontent », « avoir du regret ». Si on veut affiner cette étymologie, il convient de se référer à la tournure impersonnelle de ce verbe : « me paenitet » qui signifie : « je n’ai pas assez de…, je ne suis pas content de… ». En latin classique, « me paenitet » devient : « j’ai du regret…je me repens ».

Il est vraiment intéressant d’examiner aussi les mots de la même famille : le nom commun « penuria » qui a donné « pénurie » en français (mot qui évoque une disette extrême) et l’adverbe « paene » qui veut dire : « presque ». On le sait bien, l’insatisfaction provient précisément du fait que l’on est « presque » heureux, « presque » en paix, on pourrait même ajouter : « presque » sauvé. Tant que le manque se fait sentir, on ne vit pas d’une manière épanouie. Mais cette insatisfaction est finalement le moteur de la repentance qui est le passage obligé pour expérimenter le salut.

II. Quels secrets recèle le grec du Nouveau Testament ?

Venons-en maintenant au mot grec du Nouveau Testament. C’est un mot très complet qui met à la fois l’accent sur l’origine de la repentance et la repentance elle-même. Le verbe « metanoô » veut dire littéralement : « penser après », d’où « changer d’avis, regretter ».

La notion de changement se trouve dans le préfixe et adverbe « meta ». En français, l’usage de cet adverbe s’observe dans les mots composés comme « métamorphose », « métabolisme », « métaphore » etc.

Le texte grec du Nouveau Testament comporte des verbes comme « metameloumai » : avoir du remords, d’où se repentir (Matthieu 27.3, 2 Corinthiens 7.8) ; « metaballo » : changer d’avis (Actes des apôtres 28.6) ; « metamorphoô » : être transformé (Romains 12.2) ; « metastrephô » : se transformer (Actes des apôtres 2.20, Jacques 4.9) ; ou encore « metatithèmi : être transporté ; être changé » (Hébreux 7.12 et Jude 1.4). Dans tous ces verbes, l’idée de changement est directement ou indirectement affirmée.

III. Cependant, une notion plus délicate émerge également

Toutefois, le verbe « metanoô » (se repentir) et le nom « metanoia » (repentance), ont une étymologie plus subtile au départ : celle-ci met en valeur l’attitude qui consiste à penser ou à réfléchir après. « Après » : tel est le sens général de l’adverbe « meta ». Le philosophe Démocrite (460-370 avant J.-C.) a été l’un des premiers à utiliser le verbe « metanoô » dans ce sens-là.

On tient de lui cette phrase : « Penser après (metanoô) ne convient pas à un homme sage. Il serait préférable qu’il réfléchisse avant (pronoô)». C’est effectivement une bonne manière de voir les choses.

Mais pour ce qui est de la repentance, l’approche est différente, puisque la réflexion intervient après un mal-être, une insatisfaction, une prise de conscience du péché. C’est grâce à un dégoût de soi-même qu’on est poussé à venir auprès du Seigneur et à regretter un passé de péché et de misère qui n’a fait que nourrir cette insatisfaction.

IV. Les trésors du langage grec

Le verbe « metanoô » et le nom « metanoia » sont manifestement plus riches qu’il n’y paraît.

Dans les versions récentes de la Bible, on traduit « metanoia » par « changement de mentalité », « changement d’état d’esprit », « changement radical ». Ce n’est certes pas faux, mais en traduisant ainsi, on escamote tout ce qui a pu se passer en amont.

Or, il ne faut pas s’attacher à la seule conséquence de la repentance. Il est bon également de prendre en compte ce qui la suscite. On ne peut pas ignorer la notion de regret dans la repentance, pas plus qu’on ne peut ignorer l’acte précis de la conversion qui la génère.

Conclusion

En résumé, les mots grecs « metanoô » et « metanoia » contiennent plusieurs appels :

-Un appel à une prise de conscience du péché avec toute l’insatisfaction et le regret qui en découlent : cela concerne tout ce qui s’est passé avant.

-Un appel à une réparation (demande de pardon, œuvres dignes de la repentance, exercice de la foi en Jésus-Christ et en son œuvre de rédemption à la croix) : cela concerne tout ce qui se passe pendant.

-Un appel à un changement : cela concerne tout ce qui va se passer après.

Tout bien pesé, notre mot « repentance » prend en compte ces différentes dimensions et il a l’énorme avantage d’être suggestif et complet.

Parmi ses autres qualités, il en est une qu’on ne pourra jamais lui contester : c’est qu’il bénéficie d’une valeur historique incontestable, puisque depuis des siècles, dans tous les milieux chrétiens, le mot « repentance » fait partie du vocabulaire de la conversion. N’ayons donc pas honte de ce mot !

Cette étude a été réalisée par le Pasteur Daniel GUILLET. Nous le remercions pour son aimable participation.

Lexique
Parabole ou métaphore
Le nombre de parabole dans les Evangiles varie considérablement en fonction des différents chercheurs. Certaines sont définies directement dans le texte où nous trouvons que le Messie Jésus annonce une parabole. INF181
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/ann103-la-repentance/, exportée le 01/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.