Le concubinage à l'époque de Jésus était totalement réprouvé. Comme le montre l'épisode de la Samaritaine au puits de Sychar en Samarie Jean 4.1, les relations hors mariage étaient sévèrement jugées. Selon le Talmud, un texte central du judaïsme, le mariage était autorisé pour une jeune fille dès l’âge de 12 ans et pour un garçon dès 13 ans, avec l'accord des parents nécessaire jusqu'à 18 ans.
Au temps de Jésus, en général, les hommes se mariaient souvent un peu plus tard que les femmes, généralement dans la vingtaine, surtout s'ils étaient des étudiants de la Torah ou des artisans devant établir une certaine stabilité économique. Les femmes, en revanche, se mariaient plus jeunes, souvent à l'adolescence, typiquement autour de 14 et 16 ans. Ces âges pouvaient varier en fonction de facteurs sociaux, économiques et familiaux.
Il n'est pas pertinent de comparer nos pratiques actuelles à celles de cette société juive du 1er siècle. À cette époque, l'union libre était assimilée à une vie dissolue et l'avortement, à une abomination. La femme samaritaine précédemment évoquée, en raison de ses multiples unions, était considérée comme dépravée et rejetée par sa communauté, au point que personne n'osait lier amitié ou même la fréquenter.
Le mariage formait la base fondamentale de la société. La nouvelle cellule familiale, composée du couple, maintenait des liens étroits avec les parents, surtout à leur vieillesse.
Trois étapes marquaient l'union d'un couple : la promesse, les fiançailles, et enfin, le mariage proprement dit. La promesse, bien que rompable facilement, engageait l'homme et la femme à fonder une famille. Les fiançailles, durant une année, étaient irrévocables et leur rupture exposait la jeune fille à des punitions sévères, similaires à celles réservées aux femmes adultères.
Le mariage était le seul cadre autorisant la sexualité, et la procréation était vue comme une bénédiction de Yahvé, tandis que la stérilité était perçue comme une malédiction divine.
À 25 ans, un homme était généralement déjà chef de famille, et une femme mariée de cet âge, sans enfant, était considérée comme stérile. Les enfants avaient la responsabilité de subvenir aux besoins de leurs parents âgés, faisant d'une descendance nombreuse une garantie contre la pauvreté et la mendicité à la vieillesse.
Cette vision explique pourquoi la stérilité était synonyme de malédiction. Sans descendance, un couple âgé, incapable de subvenir physiquement à ses besoins, était souvent condamné à une vie de précarité.
La parabole des 10 vierges, rapportée par Matthieu 25.1, illustre la phase finale du mariage et ses réjouissances, un bonheur partagé avec famille et amis, comme le démontre également le récit des noces à Cana en Galilée par Jean 2.1.
Enfin, le récit de Jean 8.3, sur la femme prise en flagrant délit d'adultère souligne la sévérité de la loi de l'époque, tout en soulevant des questions sur l'inégalité de traitement entre les sexes.