Caïphe a été investi du titre de Grand Prêtre en 18 après J.-C. par le préfet de Judée, Valérius Gratus, et a occupé ce poste pendant environ deux décennies. Précédemment, Valérius Gratus avait nommé puis révoqué quatre Grands Prêtres, dont Anne, le beau-père de Caïphe. Anne a exercé ses fonctions de l’an 6 à l’an 15, et a été suivi par Ishmael, Eléazar et Simon, chacun occupant le poste pendant environ trois ans.
Il était clairement établi que le Grand Prêtre devait se soumettre à l’autorité du préfet romain. Caïphe, ayant bien compris ces conditions, entretenait de bonnes relations avec Ponce Pilate. Bien que les Romains accordaient une certaine autonomie aux peuples qu’ils avaient conquis, ils demeuraient néanmoins les maîtres incontestés. Un ancien Grand Prêtre conservait son titre à titre honorifique. Ces Grands Prêtres appartenaient à des familles reconnues, riches et influentes, et résidaient dans les quartiers hauts de Jérusalem, à proximité du temple. Les habitants les plus pauvres vivaient dans la partie basse de la ville. C’est ce qui explique la facilité et la rapidité avec lesquelles Jésus, le Messie, a pu être présenté devant Anne, puis devant Caïphe après son arrestation.
Selon Jean 11.47-50, les chefs des prêtres et les pharisiens ont rassemblé le sanhédrin et ont exprimé leur inquiétude face aux nombreux signes miraculeux accomplis par Jésus. Ils craignaient que si Jésus continuait à agir ainsi, tous croiraient en lui et les Romains viendraient détruire leur ville et leur nation. Caïphe, qui était grand-prêtre cette année-là, leur a alors conseillé qu’il était préférable qu’un seul homme meure pour le peuple, plutôt que de voir toute la nation disparaître.
La position de Caïphe, et par extension celle d’une grande majorité du Sanhédrin, était claire. Il était inconcevable de remettre en cause leurs institutions, comme le faisait Jésus. Il fallait donc que cet Homme disparaisse. Leur système, qui leur permettait de vivre, de s’enrichir, d’occuper des postes de pouvoir et de résider dans de magnifiques demeures sur les hauteurs de Jérusalem, devait-il être remis en cause par un Homme ? Il est évident que le sort de Jésus était scellé.
Caïphe et Ponce Pilate ont dirigé le pays pendant une dizaine d’années, soit toute la période du mandat de Ponce Pilate. Ils ont tous deux été destitués à la même époque. Ponce Pilate a été nommé préfet de Judée en 26 après J.-C., sous le règne de l’empereur Tibère. Il a occupé ce poste pendant environ dix à onze ans. Il a été destitué et renvoyé à Rome à la fin de 36 ou au début de 37 après J.-C., pour une raison inconnue, par le proconsul de Syrie Lucius Vitellius, afin de s’expliquer devant l’empereur. Après son arrivée à Rome, l’histoire perd sa trace.
Joseph, dit Caïphe, a été nommé grand-prêtre du Temple de Jérusalem en 18 après J.-C. par le préfet romain de Judée Valerius Gratus. Il a occupé ce poste pendant près de 20 ans. Caïphe a été destitué à la fin de 36 ou au plus tard en avril 37 après J.-C. par le légat de Syrie Lucius Vitellius. Après sa destitution, l’histoire perd sa trace.
Il est donc raisonnable de conclure que ces deux hommes se connaissaient bien et qu’en dépit de leurs divergences, ils parvenaient facilement à trouver des compromis.