Marc reste discret dans sa rédaction. Lorsqu’il évoque la maison où se déroulera le dernier repas du Seigneur, il ne mentionne pas explicitement qu’il s’agit de la maison de Marie, sa mère.
Au lieu de cela, il fournit des détails qui maintiennent une certaine confidentialité quant à l’emplacement du lieu. Cette discrétion contraste avec le second livre de Luc, qui divulgue clairement tous les détails.
Cette différence nous amène à penser que le livre des Actes des Apôtres, rédigé par Luc, a été publié à une époque où les témoins ne risquaient plus d’être persécutés, ce qui n’est pas le cas lors de la rédaction du récit de Marc.
Nous constatons que Luc dans son Evangile, même s’il est écrit plus tardivement que celui de Marc prend encore des précautions pour décrire la maison de Marie alors que dans son second ouvrage, il révèle tous les détails.
Cet épisode nous rappelle le récit de Marc 11.1-7, où nous observons la connaissance surnaturelle du Messie Jésus. Dans notre cas, la prudence était de mise, car les autorités religieuses cherchaient des informations sur le groupe des apôtres dans le but de les arrêter également Marc 14.11, Jean 11.57.
Ce témoignage, attribué à l’apôtre Pierre et cité par Marc puis repris par Luc, nous laisse supposer qu’il s’agit de la maison de Marie, la mère de Marc. Marc, vivant dans cette demeure, aurait pu suivre discrètement les événements du repas, le départ du groupe et être présent lors de l’arrestation finale. Il ne pouvait révéler ouvertement qu’il s’agissait de la maison de sa mère, mais les détails ne pouvaient provenir que d’un proche, témoin direct des événements.
La crainte des autorités religieuses juives était palpable. Trop de détails pourraient permettre aux autorités de localiser le lieu de réunion, mettant ainsi en danger Marie, sa mère, ainsi que ses serviteurs. Cette maison deviendra par la suite un lieu de rassemblement pour les disciples en quête de refuge.
La résurrection du Messie Jésus et le discours de Pierre à la Pentecôte ont sûrement été des éléments déclencheurs de l’engagement personnel de Marc. Il a donc été témoin des derniers moments de la vie terrestre du Messie Jésus et présent lors de la Pentecôte, cette réunion se tenant, selon toute vraisemblance, dans cette même maison. Il est peu probable que les disciples disposaient de plusieurs grandes maisons à Jérusalem. L’hypothèse de cette unique maison, celle de Marie, mère de Jean surnommé Marc, devient logique et nous aide à comprendre le déroulement des événements lors du dernier repas de la Pâque.
Marie, la mère de Jean-Marc, était bien connue du Messie Jésus et des disciples, ce qui a facilité l’introduction de son fils dans ce groupe. Judas Iscariote était également présent dans cette maison, mais il n’y a pas mené les soldats pour l’arrestation du Messie Jésus.
Il semble que Judas ne souhaitait pas dénoncer ses anciens camarades, mais uniquement le Messie Jésus. Par son suicide, il a échappé aux interrogatoires des autorités religieuses juives, qui souhaitaient éradiquer ce mouvement naissant en persécutant les disciples et leurs soutiens.
Les disciples se cachaient, et ce jeune homme, Marc, a fui, laissant sa tunique entre les mains de ses agresseurs. Nous étions au printemps, en pleine nuit, et tous dormaient, si bien que Marc n’a pas dû avoir trop froid et surtout, a échappé de justesse à la capture.
Marie, la mère de Jean surnommé Marc, possédait donc une maison à Jérusalem, devenue un point de ralliement pour les apôtres. Elle était suffisamment grande pour accueillir un nombre conséquent de disciples, 120 étant présents le jour de la Pentecôte.
Située dans un quartier résidentiel de Jérusalem, cette demeure disposait de servantes et probablement de serviteurs, dont l’homme portant une cruche mentionnée en Marc 13.13.
Jean-Marc a donc grandi dans un milieu privilégié. Il est clair que Marie avait une confiance inébranlable en ses serviteurs et servantes, car accueillir les apôtres recherchés par les soldats romains n’était pas sans risque. Ils étaient probablement eux-mêmes disciples du Messie Jésus, comme le suggèrent les paroles de Rhode en Actes des apôtres 12.14-16.