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L’Evangile de Matthieu

La conversion de Matthieu ne se distingue pas comme un événement particulièrement significatif, tout comme celles d’André ou de Jacques...

En bref

L’Évangile selon Matthieu est l’œuvre de l’apôtre, ancien collecteur d’impôts de Capernaüm, désigné par les Douze pour consigner leur témoignage collectif. Il veut montrer aux Juifs que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, en reliant précisément les Écritures aux actes et aux paroles de Jésus.

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30 min
Références
32
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
29/03/2025
Mise à jour
03/03/2026
Personnages

Matthieu · Jésus · Pierre · Jean · André · Jacques · Hérode Antipas

Lieux

Capernaüm · Galilée · lac de Tibériade

Périodes

Ministère de Jésus · Premier siècle · Époque romaine · Deuxième siècle

Mots-clés

Évangile de Matthieu · Matthieu apôtre · collecteur d'impôts · Capernaüm · Messie · prophéties · rédaction évangélique · apôtres · peuple juif · témoignage apostolique

Notions

autorité apostolique · accomplissement des prophéties · rédaction collaborative · messianité de Jésus · canon évangélique · travail de documentation · preuve scripturaire · intellectuel des Douze

Références bibliques

Matthieu 9.9

Résumé

Cet article (ANN008) constitue une annexe dédiée à l'Évangile de Matthieu, s'inscrivant dans une série plus large consacrée aux quatre Évangiles. L'auteur propose une approche à la fois historique, biographique et théologique pour mieux comprendre qui était Matthieu, pourquoi il a rédigé son Évangile, et quelles étaient ses intentions littéraires et spirituelles. L'article commence par situer Matthieu parmi les douze apôtres. Contrairement à Pierre ou Jean, qui occupent une place centrale dans les récits néotestamentaires, Matthieu n'apparaît que de manière épisodique dans les textes bibliques. Sa conversion, relatée brièvement dans les Évangiles synoptiques, ainsi que le banquet qu'il offrit à Capernaüm après son appel, sont présentés non pas comme des événements majeurs en eux-mêmes, mais comme des éléments visant à établir l'autorité de celui qui allait mettre par écrit le témoignage apostolique sur Jésus le Messie. L'auteur insiste sur le fait que l'intention de l'article n'est pas de mener une analyse académique exhaustive, mais plutôt de mettre en lumière certains aspects encore débattus, notamment ceux liés aux conditions de rédaction de l'Évangile. Selon l'analyse proposée, la rédaction de l'Évangile de Matthieu serait le fruit d'un travail collaboratif entre les apôtres. Matthieu, perçu comme l'intellectuel du groupe, aurait été désigné pour consigner par écrit les souvenirs collectifs des Douze. Il aurait utilisé ses propres notes ainsi que celles de ses compagnons pour composer ce récit structuré et argumenté. La section consacrée à Matthieu en tant qu'homme offre un portrait socio-culturel intéressant. Matthieu était collecteur d'impôts à Capernaüm, en Galilée, travaillant vraisemblablement pour les autorités romaines et peut-être également pour Hérode Antipas, qui taxait notamment la pêche sur le lac de Tibériade. Ce poste impliquait une relation de confiance avec l'occupant romain, suggérant que Matthieu provenait d'une famille bien établie, entretenant des liens avec les autorités en place. Cette origine aisée lui aurait permis de bénéficier d'une éducation soignée. Sur le plan linguistique, Matthieu maîtrisait l'araméen, probablement l'hébreu, et certainement le grec, langue indispensable pour exercer ses fonctions de percepteur dans un environnement multiculturel. Cette maîtrise des langues, combinée à une habitude naturelle d'écrire et de documenter, faisait de lui le candidat idéal pour entreprendre la rédaction d'un Évangile destiné à convaincre. L'axe central de la démarche rédactionnelle de Matthieu est clairement identifié par l'auteur : il s'agissait d'établir un lien explicite entre les prophéties de l'Ancien Testament et les actes accomplis par Jésus. L'Évangile de Matthieu se présente ainsi comme une démonstration argumentée, destinée en priorité au peuple juif, pour prouver que Jésus est bien le roi Messie annoncé par les Écritures. Ce positionnement explique la structure particulière de cet Évangile, avec ses nombreuses citations prophétiques et sa généalogie davidique en ouverture. L'article renvoie également à d'autres ressources disponibles sur le site, notamment le chapitre général sur les Évangiles, l'annexe ANN049 sur les objectifs des apôtres, ainsi que les annexes consacrées aux Évangiles de Marc, Luc et Jean. Cette interconnexion entre les ressources témoigne d'une approche pédagogique structurée et progressive, visant à accompagner le lecteur dans une compréhension globale et cohérente des textes évangéliques. En conclusion, cet article offre une introduction accessible et bien documentée à l'Évangile de Matthieu, en combinant des éléments biographiques sur l'auteur, une réflexion sur le contexte de rédaction, et une mise en perspective théologique de l'intention de l'œuvre. Il s'adresse à un public désireux de mieux comprendre les fondements historiques et spirituels du premier Évangile canonique.

Pour plus d'informations

Introduction

Parmi les douze apôtres, Pierre et Jean tiennent une place de premier plan dans les textes bibliques. Les autres sont moins fréquemment cités, ne faisant l’objet que de brèves mentions éparses. La conversion de Matthieu ne se distingue pas comme un événement particulièrement significatif, tout comme celles d’André ou de Jacques. Il apparaît donc que les renseignements sur Matthieu visent surtout à nous introduire l’auteur de l’Évangile.

En réalité, ces quelques passages relatant la conversion de Matthieu et le banquet qu’il donna par la suite à Capernaüm visent uniquement à renforcer l’autorité de celui qui allait consigner par écrit les récits des actions du Messie Jésus.

Ainsi, nos informations sur Matthieu sont très limitées et insuffisantes pour élaborer sa biographie. Nous pouvons néanmoins tirer quelques conclusions, notamment en ce qui concerne ses capacités intellectuelles.

I. L’Evangile de Matthieu

Notre intention n’est pas de mener une analyse académique approfondie de l’Évangile de Matthieu. Plutôt que de répéter des écrits largement connus, nous souhaitons mettre en lumière certains aspects qui suscitent encore des discussions aujourd’hui en raison d’un manque de preuves concrètes.

Dans l’annexe ANN049 : Les objectifs des Apôtres, et dans le chapitre : Les Evangiles, nous examinons les motifs qui, selon notre analyse, ont conduit les douze apôtres à charger Matthieu de la rédaction du premier Évangile.

En résumé, Matthieu, souvent perçu comme l’intellectuel des douze, a été chargé de la tâche ardue de consigner par écrit le témoignage des Apôtres.

Selon nos conclusions, il s’agit d’un travail collaboratif, et Matthieu s’appuie sur les notes établies avec ses amis. Nous croyons qu’il est l’un des initiateurs de ce projet. Matthieu a pour habitude de tout mettre par écrit et semble certainement comprendre mieux que ses pairs l’importance de documenter ces années passées auprès du Maître.

Il maîtrise l’araméen et probablement l’hébreu, ainsi que le grec, indispensable pour son rôle de percepteur. Écrire est pour lui instinctif, comme une seconde nature.

Matthieu fait face à un véritable défi avec la multitude d’informations disponibles. Comment condenser tous ces événements, chacun étant exceptionnel à sa manière ?

Il est crucial de faire une sélection pour produire un récit qui soit bref, clair et surtout persuasif. En utilisant ses notes et avec l’aide de ses amis, il établira une liste représentative des miracles accomplis par le Messie Jésus. Il puisera dans cette liste pour composer son texte.

L’axe central de son récit était de tisser le lien entre les prophéties et les actes de Jésus, le Messie. Ce texte est donc conçu comme une preuve destinée au peuple juif, montrant que Jésus est véritablement le roi Messie annoncé dans les écritures saintes.

II. Matthieu, l’homme

Matthieu, l’auteur de l’Évangile qui prendra son nom dès le deuxième siècle, est en fait ce collecteur d’impôts de Capernaüm qui a été appelé à devenir Apôtre, faisant partie des douze.

Il est donc un témoin direct des événements qu’il va décrire. En fait, il consignera non seulement ses propres souvenirs, mais également ceux de ses amis.

Matthieu exerce ses fonctions au centre des impôts de Capernaüm, en Galilée, probablement pour les Romains et peut-être aussi pour Hérode, qui prélève directement les taxes sur la pêche dans le lac de Tibériade.

L’obtention d’un tel poste témoigne d’une confiance mutuelle entre l’occupant romain et le bénéficiaire. Il paraît clair que le père de Matthieu devait entretenir des relations étroites avec ces autorités.

Matthieu vient d’une famille aisée, ce qui a facilité son parcours académique et sa carrière.

Il maîtrise le grec, la langue du commerce, ainsi que l’araméen pour communiquer avec ses concitoyens et probablement l’hébreu, la langue religieuse de l’époque. Il écrit couramment et est à l’aise avec les chiffres. Le trésorier idéal pour le groupe, mais Judas l’Iscariot semble déjà occuper ce poste.

Marc et Luc l’appellent Lévi.

Nous avons peu de détails sur la conversion de Matthieu, mis à part que Jésus l’a appelé alors qu’il travaillait au péage de Capernaüm. Il est probable qu’ils se soient déjà rencontrés auparavant et que Matthieu ait été convaincu par les enseignements de Jésus au moment de cet appel.

Nous savons qu’il a organisé un grand banquet en l’honneur du Messie Jésus, conviant tous ses amis et collègues.

Bien qu’il figure parmi les 12 Apôtres, il reste une personnalité modeste et peu célèbre, ne se distinguant que par la rédaction de l’Évangile auquel son nom est attaché.

Les noms des auteurs attribués aux Évangiles que nous connaissons aujourd’hui n’apparaîtront qu’à partir du deuxième siècle, dans le but de simplifier leur étude.

Matthieu figure sur les diverses listes des Apôtres. Sa dernière mention se trouve dans Actes des apôtres 1.13.

Une fois décidée la rédaction de leur témoignage, Matthieu s’est naturellement imposé comme le meilleur choix. Il est le seul à posséder les compétences intellectuelles nécessaires pour mettre par écrit leur récit.

Bien que Matthieu ait assisté directement aux événements qu’il décrit, il n’a pas choisi seul les faits à noter. Il semble qu’un brouillon ait été élaboré par le groupe, puis utilisé principalement par Matthieu pour sa rédaction. Pierre et Marc s’en serviront également.

III. Le résultat de son travail

L’objectif de Matthieu se découvre facilement à la lecture de son texte. Il cherche à démontrer que ce Jésus, qu’il a fréquenté pendant 3,5 ans, est effectivement le Messie annoncé par les prophètes, le Roi des Juifs.

Il va donc faire des parallèles entre la vie de Jésus et la description du Messie Roi dans les livres des Prophètes juifs. Ces références, cette généalogie de Joseph, le choix des histoires qu’il va nous raconter, concourent ensemble à démontrer, à des personnes connaissant bien la loi de Moïse, donc à des Juifs en premier, que l’homme crucifié le 1er avril 33 est bien celui que tous attendaient, le Schilo.

Son livre n’est en conséquence pas une biographie, mais un plaidoyer en faveur de la messianité de Jésus.

Nous devons reconnaitre que d’autres auparavant s’étaient présentés, au peuple, comme le Messie, mais se sont révélés être des imposteurs, c’est pourquoi Matthieu va nous démontrer, preuve à l’appui, que ce Jésus est bien, et lui seul, le vrai Messie, le Roi des Juifs.

Tous les rois Juifs devaient être des descendants de la famille de Juda et donc de David, Matthieu va nous rapporter la généalogie de Joseph. En tant que père adoptif de Jésus, Joseph apportait l’héritage de sa descendance, si bien que pour chaque Juif, Jésus pouvait prétendre au titre de roi.

Matthieu va noter entre 32 fois et 50 fois les prophéties de l’Ancien Testament selon la précision de la citation que l’on accepte. Nous pouvons même aller jusqu’à 53 citations directes et 76 allusions.

En analysant toutes les références à l’ancien Testament dans les quatre Évangiles, d’après le Dictionnaire Biblique Westphal nous avons :

50 citations et 437 réminiscences ou allusions dans Matthieu,

23 citations et 204 réminiscences dans Marc,

25 citations et 474 réminiscences dans Luc et

15 citations et 364 réminiscences dans Jean.

Nous remarquons que Matthieu se dégage largement quant au nombre d’allusions à des prophéties.

Pour résumer, Matthieu a rédigé un texte s’appuyant largement, sur des écrits des Prophètes juifs, dans le simple but de prouver que Jésus est véritablement le Messie annoncé. Il s’adresse à des Juifs, et rédige son texte, dans la seule langue comprise par cette population, l’Araméen. Une traduction grecque, peut-être réalisée par lui-même, lui succédera rapidement.

Il convient de rappeler que Matthieu n’avait aucun modèle à suivre pour cette entreprise. Il est souvent considéré comme le pionnier dans la rédaction de ce qui deviendra l’Évangile.

IV. Les particularités du texte de Matthieu

L’auteur du premier Evangile emploie certaines formes linguistiques, qui ont un lien avec la royauté, davantage que ses amis.

–Le Fils de David

Mathieu nous présente Jésus comme le roi des Juifs, le fils de David, à 9 reprises il reprend cette expression (Matthieu 1.1 ; Matthieu 9.27 ; Matthieu 12.23 ; Matthieu 15.22 ; Matthieu 20.30 ; Matthieu 20.31 ; Matthieu 21.9 ; Matthieu 21.15 et Matthieu 22.42).

Marc ne reprendra que 3 fois cette même forme (Marc 10.48 ; Marc 10.48 ; et Marc 12.35).

Luc notera aussi 3 fois cette formule (Luc 18.38 ; Luc 18.39 ; et Luc 20.41). Il évoquera aussi le trône de David (Luc 1.32). Quant à Jean il n’emploiera pas cette locution.

Pour Matthieu l’important est que le Messie Jésus est bien le roi d’Israël le fils de David et celui d’Abraham.

–La ville natale de David, Bethléem

Il inscrira cette occurrence 5 fois dans son récit (Matthieu 2.1 ; Matthieu 2.5 ; Matthieu 2.6 ; Matthieu 2.8 ; Matthieu 2.16). Marc ne citera pas ce village tandis que Luc le notera qu’à deux reprises (Luc 2.4 ; Luc 2.15) et Jean une seule fois (Jean 7.42).

–Le trône de Sa gloire

Il est le seul à utiliser cette expression à deux reprises (Matthieu 19.28 et Matthieu 25.31). Il notera aussi 2 fois le trône de Dieu (Matthieu 5.34 et Matthieu 23.22) que Luc reprendra à une seule reprise (Luc 1.32). Marc et Jean n’utilise même pas ce terme, trône.

–Le royaume

Jérusalem est appelée uniquement par Matthieu, la ville sainte (Matthieu 4.5), La citée du grand roi (Matthieu 5.35) ou la ville du royaume, ce terme revient 52 fois dans son récit.

Il est le seul, dans tout le Nouveau Testament, à utiliser l’expression : « royaume des cieux », qu’il notera à 32 reprises sans compter les 4 fois où il utilise la forme : « royaume de Dieu » !

A titre de comparaison Marc utilise à 19 reprises le terme « royaume » avec 7 fois la forme « royaume de Dieu » que Luc reprendra 33 fois sur ses 40 occurrences de ce terme, tandis que jean la reprend à 2 reprises sur ses 5 cas d’utilisation du mot royaume.

Nous remarquons ce lien très marqué entre le Messie Jésus et le royaume des cieux ou de Dieu, dans l’Evangile de Matthieu. Il est donc Roi !

–le rappel des citations des prophètes

Nous avons déjà abordé ces références dans le chapitre précédent. Le texte de Matthieu se présente comme un plaidoyer solidement construit sur de nombreuses allusions à la Torah et aux livres prophétiques. Le lecteur juif est en mesure de comprendre aisément cet argumentaire et d’accepter plus facilement sa conclusion : Jésus est le Messie.

V. La chronologie des évènements dans le récit de Matthieu

En comparant le récit de Matthieu avec celui de Marc, qui semble être le plus similaire, nous observons des différences notables dans la série d’événements. Effectivement, Matthieu ne suit pas strictement l’ordre chronologique des faits, contrairement à Marc, qui respecte davantage cette succession selon notre étude.

Considérons les chapitres 5 et 7 de Matthieu, qui incluent diverses leçons du sermon sur la montagne. En les comparant avec Luc 6.20-49, on observe quelques différences résultant de leurs différentes façons de raconter les faits.

Le treizième chapitre de Matthieu illustre parfaitement son style d’écriture, car il rassemble plusieurs paraboles pour les examiner minutieusement. Matthieu a tendance à privilégier une analyse approfondie des événements plutôt qu’un récit purement chronologique.

Il faut se rappeler que Matthieu, Marc, Luc et Jean n’ont pas écrit une biographie de Jésus selon les normes actuelles. Leur but était de soutenir leur argumentation en relatant des événements historiques.

VI. La date de rédaction de l’Évangile de Matthieu

Nous ne prévoyons pas de répéter les arguments exposés dans les sections antérieures.

Veuillez lire l’annexe ANN049 : Les objectifs des apôtres, ainsi que le chapitre sur les Évangiles.

Ainsi, notre position est sans ambiguïté : Matthieu rédige son Évangile en premier, avant l’année 46, période correspondant au retour de Marc après son voyage avec l’Apôtre Paul et son cousin Barnabas. Pierre, assisté de Marc, s’attelle rapidement à une seconde version destinée aux non-Juifs, vers 46 ou 47. Ce nouveau texte sera une simple adaptation de celui de Matthieu, destiné aux gentils.

Nous reconnaissons l’existence de multiples points de vue, souvent sérieux, concernant ce sujet. Cependant, pour le moment, il ne s’agit que de suppositions.

Nous ne pourrons apporter une réponse définitive et précise à cette question qu’après la découverte de documents datant du milieu du premier siècle. Jusque-là, nous devons nous résigner à des conjectures.

Nous considérons que notre démonstration est la plus réaliste et la plus pragmatique.

VII. La priorité de Matthieu

Nous reconnaissons que de nombreux spécialistes contemporains défendent la priorité de l’Évangile de Marc. Cela signifie qu’ils considèrent Marc comme le premier Évangile, sur lequel les autres ont été fondés.
Notre analyse nous conduit, au contraire, à considérer que Matthieu a rédigé son Evangile en premier. C’est d’ailleurs cette thèse qui prévalait jusqu’à la fin du XVIII -ème siècles. Ce sont des exégètes protestants qui, à cette époque, ont remis en cause cette théorie.

Lire le chapitre : Les Évangiles.

L’antériorité de Matthieu confirme que l’ordre des Évangiles dans nos Bibles est chronologique. Nous avons déjà expliqué dans le chapitre sur les Evangiles, les raisons qui nous conduisent à l’envisager.

Effectivement, parmi les douze membres du groupe, Matthieu était le seul, en raison de ses capacités intellectuelles, à pouvoir rédiger leur témoignage.

C’est seulement après une première lecture du résultat de son travail que l’Apôtre Pierre se rend compte que ce document est compliqué à comprendre pour un Gentil. Matthieu a trop utilisé de références aux écrits juifs et au judaïsme, inconnu des nouveaux convertis étrangers au monde juif.

À ce stade, il comprend qu’une autre version est nécessaire et envisage la création d’un nouveau texte. Avec Marc, ils revisitent le récit de Matthieu en supprimant de nombreuses références à l’Ancien Testament.

Ils aspirent à un texte clair et universel, compréhensible en premier lieu pour les Grecs, mais également pour tous les étrangers par la suite.

Lire l’annexe ANN015 : L’Évangile de Marc.

Conclusion

Nous remarquons que les informations sur Matthieu sont rares et ont pour seul but de présenter celui qui écrirait le premier récit des actes du Messie Jésus.

La priorité de son récit que nous envisageons découle simplement des informations trouvées dans nos Évangiles et du climat de persécution vécu par les apôtres.

Cette antériorité a été largement acceptée durant 19 siècles sans opposition significative, jusqu’à ce que des intellectuels protestants proposent que l’Évangile de Marc soit le premier. Bien que cette nouvelle théorie présente un certain intérêt, elle apparaît difficilement plausible à la lumière de notre analyse du contexte politique du premier siècle.

Matthieu s’adresse à ses compatriotes juifs en utilisant une argumentation claire et accessible pour ce public familier du Judaïsme. Par la suite, dans le but d’atteindre un auditoire plus large, Matthieu ou ses proches proposeront une version grecque de cet écrit.

Nous croyons également que les aptitudes intellectuelles de Matthieu l’ont incité, au sein du groupe des douze, à suggérer et à soutenir l’idée de rédiger leur témoignage. Ce projet fait également partie du plan divin pour donner un caractère universel au message du Messie Jésus.

Lexique
Le lac de Génésareth
Le lac de Génésareth, également connu sous le nom de mer de Galilée, lac de Tibériade ou lac de Kinneret, est un plan d'eau important en Israël, mentionné à plusieurs reprises dans les Évangiles. Situation : Le lac de Génésareth est situé dans la région nord d'Israël, en Galilée, près des hauteurs du Golan. INF087
Parabole ou métaphore
Le nombre de parabole dans les Evangiles varie considérablement en fonction des différents chercheurs. Certaines sont définies directement dans le texte où nous trouvons que le Messie Jésus annonce une parabole. INF181
Le Pentateuque
Le Pentateuque, composé des cinq premiers livres bibliques, est essentiel pour les traditions juives et chrétiennes. Il raconte la création, la libération des Hébreux avec Moïse, et contient lois et récits fondateurs. INF032
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La tradition prophétique juive repose sur les écrits et enseignements des prophètes, messagers de Dieu choisis pour guider le peuple d'Israël. Elle se caractérise par la critique sociale, l'appel à la justice, la dénonciation de l'idolâtrie et des messages d'espoir eschatologique. Les grands prophètes comme Isaïe, Jérémie et Ézéchiel ont profondément influencé la théologie juive, la littérature biblique et les valeurs éthiques universelles. INF063
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/ann008-levangile-de-matthieu/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.