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Le meurtre d'Etienne

Les paroles d’Étienne susciteront une réaction haineuse, et les dirigeants du sanhédrin pousseront la foule à se retourner contre lui...

En bref

Analyse du récit de la lapidation d'Étienne (Actes 7.54-60), premier martyr chrétien. L'article examine la colère du Sanhédrin, le caractère juridiquement irrégulier de l'exécution, la vision du Christ glorifié accordée à Étienne, et le parallèle théologique établi par Luc entre la passion du disciple et celle de Jésus. La présence de Saul annonce la suite du récit apostolique.

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41 min
Références
69
Livres cités
10
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
22/06/2026
Mise à jour
23/06/2026
Personnages

Étienne · Saul · Jésus · membres du Sanhédrin · Luc

Lieux

Jérusalem

Périodes

Église primitive · années 34-35 après J.-C. · domination romaine en Judée

Mots-clés

Étienne · lapidation · martyr · Sanhédrin · Actes des Apôtres · Saul · premier martyr · vision · Fils de l'homme · Saint-Esprit

Notions

martyre chrétien · vision céleste · Fils de l'homme à la droite de Dieu · amour des ennemis · procédure judiciaire juive · parallèle passion Jésus-Étienne · sommeil de la mort · espérance de la résurrection · peine capitale sous Rome · lapidation

Références bibliques

Actes 7.54-60 · Actes 7.51-53 · Actes 7.55 · Actes 7.58 · Actes 7.59 · Actes 7.60 · Actes 23.6-10 · Psaumes 35.16 · Psaumes 37.12 · Psaumes 110.1 (+ 15, voir l'index)

Résumé

L'article ADA029 analyse le récit de la mort d'Étienne tel que rapporté dans les Actes des Apôtres (7.54-60), en le situant dans son contexte historique, juridique et théologique. Cet épisode constitue le point culminant de la confrontation entre ce disciple de Jésus et les membres du Sanhédrin, qui réagissent avec une violente colère après avoir entendu ses reproches. Luc décrit cette hostilité par l'expression 'ils grinçaient des dents contre lui', image empruntée à la littérature psalmique de l'Ancien Testament, évoquant une haine profonde et viscérale. L'article examine d'abord la question juridique posée par cette exécution. Sous la domination romaine, les autorités juives ne disposaient plus normalement du droit d'exercer la peine capitale sans l'accord du pouvoir impérial, comme l'illustre le procès de Jésus. L'absence de jugement formel et de sentence officielle conduit les commentateurs à interpréter la mort d'Étienne davantage comme une explosion de violence collective que comme l'aboutissement d'une procédure judiciaire régulière. Bien que certains éléments extérieurs évoquent les prescriptions légales de la Torah — Étienne est conduit hors de la ville conformément au Deutéronome, et les témoins déposent leurs vêtements avant la lapidation — ces apparences légales ne dissimulent pas le caractère précipité et désordonné des événements. Au cœur de cette violence, Étienne reçoit une vision extraordinaire : rempli du Saint-Esprit, il contemple 'la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu'. Cette vision confirme les déclarations que Jésus avait lui-même formulées devant le Sanhédrin lors de son propre procès, et s'inscrit dans la tradition royale du Psaume 110. Pour Luc, celui que les autorités religieuses rejettent et condamnent est précisément celui que Dieu a exalté à sa droite. Le détail de Jésus 'debout' a suscité diverses interprétations théologiques, certains y voyant un signe d'accueil ou d'approbation envers son martyr, bien que le texte ne précise pas explicitement la signification de cette posture. L'article met en lumière le parallèle soigneusement construit par Luc entre la passion d'Étienne et celle de Jésus. Les deux dernières prières du martyr — 'Seigneur Jésus, reçois mon esprit' et 'Seigneur, ne leur impute pas ce péché' — font directement écho aux paroles de Jésus sur la croix dans l'évangile de Luc. Ce rapprochement littéraire et théologique présente Étienne comme le premier disciple à marcher fidèlement sur les traces de son Maître, mettant concrètement en pratique l'enseignement sur l'amour des ennemis. Il apparaît ainsi comme le premier martyr chrétien, figure fondatrice d'une longue tradition de témoignage au prix de la vie. Luc choisit également de ne pas dire qu'Étienne 'mourut', mais qu''il s'endormit', formule récurrente dans les Écritures pour désigner la mort des croyants. Cette métaphore du sommeil souligne l'espérance de la résurrection et la conviction que la mort n'est pas la fin ultime pour ceux qui appartiennent au Christ, une perspective développée notamment dans les écrits pauliniens et johanniques. Enfin, l'article signale la mention discrète mais significative d'un jeune homme nommé Saul, aux pieds duquel les témoins déposent leurs vêtements. Cette apparition annonce le rôle considérable que Saul de Tarse jouera dans la suite du récit des Actes, d'abord comme persécuteur de l'Église, puis comme son plus grand missionnaire. La présence de Saul à cette exécution constitue ainsi un lien narratif important préparant la suite de l'histoire apostolique. Dans l'ensemble, cet article offre une analyse rigoureuse et nuancée d'un passage fondateur pour la compréhension du martyre chrétien primitif, en articulant les dimensions historiques, juridiques, christologiques et éthiques du récit lucanien.

Consultation

Détails techniques

Lieu : Ville de Jérusalem

Date : l'année 34 ou 35

Mode opératoire : Nous suivons Luc dans son second ouvrage

Note sur le mode opératoire : Ces informations se trouvent uniquement chez Luc

Carte Jérusalem et sa région

Les paroles d’Étienne susciteront une réaction haineuse, et les dirigeants du sanhédrin pousseront la foule à se retourner contre lui.

1- La colère du Sanhédrin et la lapidation d'Étienne

Le récit d'Actes des apôtres 7.54-60 marque le point culminant de la confrontation entre Étienne et ses accusateurs. Après avoir entendu les reproches adressés par le disciple aux membres du Sanhédrin (Actes des apôtres 7.51-53), ceux-ci sont saisis d'une violente colère. Luc décrit leur réaction en affirmant qu'ils « grinçaient des dents contre lui » (Actes des apôtres 7.54), expression qui évoque une hostilité profonde déjà connue dans l'Ancien Testament (Psaumes 35.16 ; Psaumes 37.12).

Le récit laisse l'impression que les événements échappent progressivement à tout contrôle. Bien que le Sanhédrin fût composé de sensibilités diverses (Actes des apôtres 23.6-10), une même fureur semble désormais unir les adversaires d'Étienne.

Comme lors du procès de Jésus, les autorités religieuses paraissent influencer la foule plutôt que suivre une procédure parfaitement régulière (Matthieu 27.20-24 ; Marc 15.11). Sous la domination romaine, les Juifs ne disposaient plus normalement du droit d'exécuter une sentence capitale sans l'accord du pouvoir impérial (Jean 18.31). L'absence de jugement formel ou de sentence officielle conduit plusieurs commentateurs à considérer la mort d'Étienne davantage comme une explosion de violence collective que comme l'aboutissement normal d'une procédure judiciaire.

2- Une exécution aux apparences légales

Étienne est conduit hors de la ville, conformément aux prescriptions de la Loi (Deutéronome 17.5). Les témoins déposent leurs vêtements (Actes des apôtres 7.58), rappelant la disposition selon laquelle les témoins devaient être les premiers à exécuter la sentence (Deutéronome 17.7).

Toutefois, si certains éléments rappellent les prescriptions légales, le récit laisse plutôt entrevoir une action précipitée et irrégulière. L'application extérieure de certaines coutumes ne suffit pas à dissimuler le caractère violent et désordonné des événements.

3- La vision du Fils de l'homme glorifié

Au cœur même de cette violence, Étienne, rempli du Saint-Esprit (Actes des apôtres 7.55), contemple « la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu ».

Cette vision confirme les déclarations de Jésus devant le Sanhédrin lors de son propre procès (Marc 14.62) et rappelle la promesse royale du Psaumes 110.1. Dans la perspective de Luc, celui que les autorités religieuses rejettent est précisément celui que Dieu a exalté.

Le détail selon lequel Jésus est vu « debout » a parfois été interprété comme l'expression de son accueil ou de son approbation envers son témoin fidèle (Apocalypse 3.21). Une telle interprétation demeure toutefois hypothétique, le texte lui-même ne précisant pas la signification de cette attitude.

4- Étienne à l'image de son Maître

Dans sa passion, Étienne prie :

« Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Actes des apôtres 7.59)

et :

« Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (Actes des apôtres 7.60).

Ces paroles rappellent celles de Jésus sur la croix (Luc 23.34 ; Luc 23.46 ; Psaumes 31.6). Luc établit ainsi un parallèle particulièrement frappant entre le Maître et son disciple.

Comme Jésus, Étienne manifeste une confiance totale en Dieu et prie pour ses bourreaux. Il apparaît ainsi comme le premier martyr chrétien marchant sur les traces du Seigneur et mettant en pratique l'amour des ennemis enseigné par Jésus (Matthieu 5.44).

5- « Il s'endormit »

Luc ne dit pas qu'Étienne mourut, mais qu'« il s'endormit » (Actes des apôtres 7.60).

Cette manière de parler se retrouve fréquemment dans les Écritures pour désigner la mort des croyants (1 Rois 2.10 ; 1 Thessaloniciens 4.13-14). Elle souligne l'espérance de la résurrection et la certitude que la mort ne constitue pas la fin ultime pour ceux qui appartiennent au Christ (Jean 11.11 ; Jean 11.25-26).

6- La présence de Saul

Luc mentionne que les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Saul (Actes des apôtres 7.58) et précise qu'il approuvait cette exécution (Actes des apôtres 8.1).

Plus tard, Paul reconnaîtra lui-même avoir persécuté l'Église (Actes des apôtres 22.20 ; Actes des apôtres 26.9-11 ; 1 Corinthiens 15.9 ; Galates 1.13). Il est possible que le souvenir du témoignage d'Étienne ait contribué à marquer profondément sa conscience. Toutefois, rien ne permet d'affirmer avec certitude que cet événement joua un rôle direct dans sa conversion sur le chemin de Damas (Actes des apôtres 9.1-6).

7- Le premier martyr chrétien

Sur le plan ecclésial, Étienne inaugure l'histoire du martyre chrétien. Son témoignage illustre déjà la logique paradoxale de la croix : ce qui apparaît comme une défaite devient, dans le dessein de Dieu, un instrument de progrès pour l'Évangile.

La persécution qui suivra sa mort entraînera la dispersion des croyants et favorisera la diffusion du message chrétien au-delà de Jérusalem (Actes des apôtres 8.1-4), conformément au programme missionnaire annoncé par Jésus (Actes des apôtres 1.8).

Ainsi, dans la perspective de Luc, la mort du premier martyr ne marque pas l'échec de l'Église naissante, mais l'ouverture d'une nouvelle étape dans l'accomplissement du dessein de Dieu.

(Actes des apôtres 1.8) ; (Actes des apôtres 8.1-4) – La dispersion des croyants et l'expansion de l'Évangile

(Actes des apôtres 7.51-53) ; (Actes des apôtres 7.54) – La colère du Sanhédrin contre Étienne

(Actes des apôtres 7.55) ; (Marc 14.62) ; (Psaumes 110.1) ; (Apocalypse 3.21) – La vision du Fils de l'homme glorifié

(Actes des apôtres 7.58) ; (Actes des apôtres 8.1) – La présence de Saul lors de la lapidation

(Actes des apôtres 7.59) ; (Luc 23.46) ; (Psaumes 31.6) – La remise de l'esprit au Seigneur

(Actes des apôtres 7.60) ; (Luc 23.34) ; (Matthieu 5.44) – Le pardon des ennemis

(Actes des apôtres 22.20) ; (Actes des apôtres 26.9-11) ; (1 Corinthiens 15.9) ; (Galates 1.13) ; (Actes des apôtres 9.1-6) – Saul, persécuteur puis apôtre

(Actes des apôtres 23.6-10) – Les divisions au sein du Sanhédrin

(Deutéronome 17.5) ; (Deutéronome 17.7) – Les prescriptions relatives à la lapidation

(Jean 11.11) ; (Jean 11.25-26) ; (1 Rois 2.10) ; (1 Thessaloniciens 4.13-14) – Le sommeil des croyants et l'espérance de la résurrection

(Jean 18.31) ; (Matthieu 27.20-24) ; (Marc 15.11) – Les autorités juives et la question de la peine capitale

(Psaumes 35.16) ; (Psaumes 37.12) – La haine des méchants contre le juste

La condamnation d’Etienne
La lapidation
Parole de vie entre conversion et révolte

Lexique
Les autorités juives
Les autorités qui ordonnent l'arrestation de Pierre et Jean en Actes des apôtres 4.1-3 constituent un ensemble de responsables religieux particulièrement influents. Luc mentionne trois groupes distincts : les sacrificateurs, le commandant du Temple et les sadducéens. INF380
La condamnation d’Etienne
C'est une question importante, car le récit de la mort d'Étienne soulève un véritable problème historique et juridique. La réponse n'est pas totalement certaine et plusieurs hypothèses ont été proposées. INF372
La lapidation
La lapidation d'Étienne (Actes des apôtres 7.57-60) est le premier martyre chrétien rapporté en détail dans les Actes des Apôtres. Cet épisode soulève plusieurs questions historiques et juridiques. INF373
Parole de vie : entre conversion et révolte
La Parole de vie agit avec des effets contrastés, révélant et le cœur et la responsabilité personnelle. En résumé : la Parole de vie met à nu les cœurs et appelle chacun à une réponse libre et responsable. INF374
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Actes 7.54-60 · Actes 7.51-53 · Actes 7.55 · Actes 7.58 · Actes 7.59 · Actes 7.60 · Actes 23.6-10 · Psaumes 35.16 · Psaumes 37.12 · Psaumes 110.1 · Psaumes 31.6 · Deutéronome 17.5 · Deutéronome 17.7 · Matthieu 27.20-24 · Matthieu 5.44 · Marc 15.11 · Marc 14.62 · Jean 18.31 · Jean 11.11 · Jean 11.25-26 · Luc 23.34 · Luc 23.46 · 1 Rois 2.10 · 1 Thessaloniciens 4.13-14 · Apocalypse 3.21

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/ada029-le-meurtre-detienne/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.