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Le discours d’Etienne devant le Sanhédrin

Face au sanhédrin, Étienne prononce un long discours qui traverse les moments décisifs de l'histoire d'Israël. Son objectif : montrer que cette histoire trouve son accomplissement dans le salut offert par Jésus-Christ...

En bref

Devant le Sanhédrin à Jérusalem vers 34-35 ap. J.-C., Étienne prononce le plus long discours des Actes. En retraçant l'histoire d'Israël depuis Abraham, il montre que les envoyés de Dieu ont toujours été rejetés, culminant dans le rejet du Messie. Loin de se défendre, Étienne devient l'accusateur de ses juges, s'inscrivant dans la lignée des prophètes et du Christ.

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16 min
Références
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Livres cités
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Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
21/06/2026
Mise à jour
23/06/2026
Personnages

Étienne · Moïse · Abraham · Joseph · Salomon · Jésus de Nazareth · Luc

Lieux

Jérusalem

Périodes

34-35 ap. J.-C. · Église primitive · Premier siècle

Mots-clés

discours d'Étienne · Sanhédrin · Actes des Apôtres · histoire d'Israël · Moïse · rejet des prophètes · Jésus-Christ · histoire du salut · Étienne martyr · Luc

Notions

histoire du salut · rejet des envoyés de Dieu · interprétation théologique de l'histoire · continuité Ancien Testament et Nouveau Testament · inversion accusé-accusateur · prophétisme · fidélité à la Parole · accomplissement messianique · résistance au Saint-Esprit

Références bibliques

Actes 7.1-53 · Actes 6.15 · Actes 7.25-28 · Actes 7.39-41 · Actes 7.51 · Actes 7.53 · Luc 1.1-4

Résumé

Le discours d'Étienne devant le Sanhédrin, rapporté en Actes 7.1-53, constitue le plus long discours du livre des Actes. Luc lui accorde une place littéraire exceptionnelle, signe de l'importance théologique qu'il lui attribue dans le développement de son récit. Prononcé à Jérusalem vers l'an 34 ou 35, ce discours intervient alors qu'Étienne comparaît devant le Sanhédrin, accusé de blasphème contre la Loi et le Temple. L'argumentation d'Étienne s'articule autour d'une idée directrice centrale : l'histoire d'Israël est marquée par un rejet systématique des envoyés de Dieu. En retraçant les grandes étapes de cette histoire, depuis Abraham jusqu'à Salomon, Étienne montre que les hommes choisis par Dieu pour accomplir sa volonté ont invariablement été incompris, contestés ou persécutés par ceux à qui ils étaient envoyés. Joseph fut rejeté par ses frères, Moïse fut contesté par son propre peuple, les prophètes furent persécutés. Cette longue succession d'oppositions trouve son aboutissement logique et tragique dans le rejet du Messie lui-même, Jésus de Nazareth. Le discours ne constitue donc pas une simple rétrospective historique, mais une véritable interprétation théologique de l'histoire du salut. La figure de Moïse occupe une place centrale et délibérée dans ce discours. Étienne y consacre la plus grande partie de son développement, mettant particulièrement en lumière les épisodes révélant le rejet du grand législateur par son propre peuple. Il rappelle que celui que Dieu avait choisi pour délivrer Israël fut d'abord méconnu et repoussé par ses frères (Actes 7.25-28), puis que la génération sortie d'Égypte, malgré les prodiges accomplis dans le désert, se détourna de lui pour retomber dans l'idolâtrie lors de l'épisode du veau d'or (Actes 7.39-41). Ce développement répond indirectement aux accusations portées contre Étienne : loin de blasphémer contre Moïse, c'est lui qui en saisit le mieux la place dans l'histoire du salut, tandis que ses accusateurs reproduisent l'infidélité des générations passées. Un des aspects les plus frappants de ce discours réside dans le renversement des rôles qui s'y opère progressivement. Étienne ne cherche pas véritablement à assurer sa défense ni à obtenir son acquittement. À l'image des prophètes de l'Ancien Testament, il apparaît davantage préoccupé par la fidélité au message reçu que par son propre sort. Après avoir retracé l'histoire d'Israël, il interpelle directement les membres du Sanhédrin en des termes d'une grande violence prophétique : « Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d'oreilles ! Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit ; ce que vos pères ont été, vous l'êtes aussi » (Actes 7.51). Puis il conclut : « Vous qui avez reçu la Loi d'après des commandements d'anges, et qui ne l'avez point gardée ! » (Actes 7.53). Ainsi, celui qui comparaît comme accusé devient l'accusateur de ses juges, qui se retrouvent à leur tour placés sous le jugement de la Parole de Dieu. Cette inversion rappelle plusieurs scènes évangéliques dans lesquelles Jésus lui-même, tout en étant jugé, dévoile la responsabilité de ses accusateurs. Étienne apparaît ainsi dans la lignée directe des prophètes de l'Ancien Testament et du Christ, partageant leur sort autant que leur mission. Son discours illustre de manière saisissante la continuité entre l'histoire d'Israël et l'Église naissante, et met en lumière la nature profonde du conflit entre l'Évangile et les autorités religieuses de Jérusalem. Sur le plan de la méthode historique, Luc précise que ces événements ont eu lieu à Jérusalem et que les informations rapportées proviennent de sa source unique. Fidèle à la méthode annoncée au début de son Évangile (Luc 1.1-4), il a vraisemblablement retenu les éléments les plus significatifs du discours plutôt que d'en reproduire l'intégralité. Le fait que le visage d'Étienne apparaissait « comme le visage d'un ange » aux membres du conseil (Actes 6.15) pourrait expliquer en partie pourquoi l'accusé fut autorisé à développer aussi longuement son argumentation.

Consultation

Textes bibliques

Actes
Actes des apôtres 7.1-53 (Louis Segond S21)

Le grand-prêtre dit: «Est-ce exact?»

Etienne répondit: «Mes frères et pères, écoutez! Le Dieu de gloire est apparu à notre ancêtre Abraham lorsqu'il était en Mésopotamie, avant qu'il ne s'installe à Charan, et lui a dit:Note7.3 Quitte… montrerai: citation de Genèse 12.1.Note7.6-7 Ses descendants… ce lieu-ci: citation de Genèse 15.13-14, 16.

Quitte ton pays et ta famille et va dans le pays que je te montrerai.

Il a alors quitté le pays des Chaldéens et est allé habiter à Charan. De là, après la mort de son père, Dieu l'a fait passer dans le pays que vous habitez maintenant.

Il ne lui a donné aucun héritage dans ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il a promis de lui en donner la possession, ainsi qu'à sa descendance après lui, alors même qu'il n'avait pas d'enfant.

Voici ce que Dieu a dit: Ses descendants séjourneront dans un pays étranger; on les réduira en esclavage et on les maltraitera pendant 400 ans.

Cependant, la nation dont ils seront esclaves, c'est moi-même qui la jugerai, dit Dieu. Après cela, ils sortiront et ils me serviront dans ce lieu-ci.

Puis Dieu a donné à Abraham l'alliance de la circoncision; ainsi, Abraham a eu pour fils Isaac et l'a circoncis le huitième jour, Isaac a fait de même pour Jacob, et Jacob pour les douze patriarches.

»Les patriarches, jaloux de Joseph, l'ont vendu pour qu'il soit emmené en Egypte, mais Dieu était avec lui

et l'a délivré de toutes ses détresses. Il lui a donné la sagesse et la grâce devant le pharaon, le roi d'Egypte, qui l'a établi gouverneur de l'Egypte et de toute sa maison.

Il est alors survenu une famine dans toute l'Egypte et en Canaan. La détresse était grande et nos ancêtres ne trouvaient pas de quoi manger.

Jacob a appris qu'il y avait du blé en Egypte et il y a envoyé nos ancêtres une première fois.

La deuxième fois, Joseph s'est fait reconnaître par ses frères et le pharaon a ainsi appris quelle était son origine.

Puis Joseph a envoyé chercher son père Jacob et toute sa famille, composée de 75 personnes.

Jacob est descendu en Egypte, où il est mort, ainsi que nos ancêtres.

Leurs corps ont été transportés à Sichem et déposés dans le tombeau qu'Abraham avait acheté à prix d'argent aux fils d'Hamor à Sichem.

»Le temps où devait s'accomplir la promesse que Dieu avait faite à Abraham approchait, et le peuple a grandi et augmenté en nombre en EgypteNote7.18 Jusqu'à… Joseph: citation d'Exode 1.8.

jusqu'à la venue d'un autre roi, qui n'avait pas connu Joseph.

Ce roi s'en est pris avec perfidie à notre peuple et a maltraité nos ancêtres au point de leur faire abandonner leurs enfants pour qu'ils ne survivent pas.

»A cette époque est né Moïse, qui était beau aux yeux de Dieu. Il a été nourri trois mois chez son père

et, quand il a été abandonné, la fille du pharaon l'a adopté et l'a élevé comme son fils.

Moïse a été formé avec toute la sagesse des Egyptiens; il était puissant en paroles et en actes.

»Il était âgé de 40 ans lorsqu'il a eu à cœur de rendre visite à ses frères, les Israélites.Note7.27-28 Qui t'a établi… hier: citation d'Exode 2.14.

Il en a vu un qu'on maltraitait, a pris sa défense et, pour venger l'homme malmené, a frappé l'Egyptien.

Ses frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par son intermédiaire, pensait-il, mais ils ne l'ont pas compris.

Le jour suivant, il est venu au milieu d'eux alors que certains se battaient et il a essayé de ramener la paix en leur disant: ‘Vous êtes frères! Pourquoi vous faites-vous du mal l'un à l'autre?’

Mais celui qui maltraitait son prochain l'a repoussé en disant: Qui t'a établi chef et juge sur nous?

Veux-tu me tuer comme tu as tué l'Egyptien hier?

A cette parole, Moïse a pris la fuite et est allé habiter dans le pays de Madian, où il a eu deux fils.

»C'est 40 ans plus tard qu’un ange [du Seigneur] lui est apparu dans le désert du mont Sinaï, dans la flamme d'un buisson en feu.Note7.30 Un ange… en feu: citation d'Exode 3.2.Note7.32 Je suis… Jacob: citation d'Exode 3.6.Note7.33-34 Retire… Egypte: citation d'Exode 3.7-8, 10.

Voyant cela, Moïse a été étonné de cette apparition; comme il s'approchait pour regarder, la voix du Seigneur s'est fait entendre:

Je suis le Dieu de tes ancêtres, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Moïse, tout tremblant, n'osait pas regarder.

Le Seigneur lui a dit: Retire tes sandales, car l'endroit où tu te tiens est une terre sainte.

J'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte, j'ai entendu ses gémissements et je suis descendu pour le délivrer. Maintenant, vas-y, je t'enverrai en Egypte.

»Ce Moïse qu'ils avaient renié en disant: Qui t'a établi chef et juge? c'est lui que Dieu a envoyé comme chef et libérateur avec l'aide de l'ange qui lui était apparu dans le buisson.Note7.35 Qui t'a établi chef et juge: citation d'Exode 2.14.Note7.37 Le Seigneur… moi: citation de Deutéronome 18.15.

C'est lui qui les a fait sortir d'Egypte en accomplissant des prodiges et des signes miraculeux en Egypte, à la mer Rouge et au désert pendant 40 ans.

C'est ce Moïse qui a dit aux Israélites: [Le Seigneur notre] Dieu fera surgir pour vous, parmi vos frères, un prophète comme moi.

C'est lui qui, lors de l'assemblée au désert, était avec l'ange qui lui parlait sur le mont Sinaï et avec nos ancêtres; il a reçu des oracles de vie pour nous les transmettre.

»Nos ancêtres n'ont pas voulu lui obéir, mais ils l'ont repoussé et, dans leur cœur, ils se sont tournés vers l'EgypteNote7.40 Fais-nous… devenu: citation d'Exode 32.1.Note7.42-43 M'avez-vous… au-delà de Babylone: citation d'Amos 5.25-27.

en disant à Aaron: Fais-nous des dieux qui marchent devant nous! En effet, ce Moïse qui nous a fait sortir d'Egypte, nous ignorons ce qu'il est devenu.

A ce moment-là, ils ont fait un veau, ils ont offert un sacrifice à l'idole et se sont réjouis de ce que leurs mains avaient fabriqué.

Alors Dieu s'est détourné d'eux et les a laissés adorer les corps célestes, comme cela est écrit dans le livre des prophètes: M'avez-vous offert des victimes et des sacrifices pendant 40 ans au désert, communauté d'Israël?

Vous avez porté la tente de Moloc et l'étoile de votre dieu Remphan, ces images que vous avez faites pour les adorer! Aussi, je vous déporterai au-delà de Babylone.

»Dans le désert, nos ancêtres avaient la tente du témoignage; celui qui parlait à Moïse lui avait ordonné de la faire d'après le modèle qu'il avait vu.Note7.49-50 Le ciel… tout cela: citation d'Esaïe 66.1-2.

Nos ancêtres l'ont reçue et l'ont introduite, sous la conduite de Josué, dans le pays conquis sur les nations que Dieu a chassées devant eux; et elle y est restée jusqu'à l'époque de David.

David a trouvé grâce devant Dieu et a demandé la permission de trouver une habitation pour le Dieu de Jacob,

mais c'est Salomon qui lui a construit un temple.

Cependant le Très-Haut n'habite pas dans des temples faits par la main de l'homme, comme le dit le prophète:

Le ciel est mon trône, et la terre mon marchepied. Quelle maison pourrez-vous me construire, dit le Seigneur, ou quel endroit pourra être mon lieu de repos?

N'est-ce pas ma main qui a fait tout cela?

»Hommes réfractaires, incirconcis de cœur et d'oreilles! Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit; vous êtes bien comme vos ancêtres.

Lequel des prophètes vos ancêtres n'ont-ils pas persécuté? Ils ont tué ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, et c'est lui que vous avez fait maintenant arrêter et dont vous êtes devenus les meurtriers,

vous qui avez reçu la loi par l'intermédiaire des anges et qui ne l'avez pas gardée!»

Détails techniques

Lieu : Ville de Jérusalem

Date : l'année 34 ou 35

Mode opératoire : Nous suivons Luc dans son second ouvrage

Note sur le mode opératoire : Ces informations se trouvent uniquement chez Luc

Carte Jérusalem et sa région

Face au sanhédrin, Étienne prononce un long discours qui traverse les moments décisifs de l'histoire d'Israël. Son objectif : montrer que cette histoire trouve son accomplissement dans le salut offert par Jésus-Christ.

1- Le plus long discours des Actes

Luc consacre une place exceptionnelle au discours d'Étienne, qui constitue le plus long discours rapporté dans le livre des Actes. Cette importance littéraire montre que l'évangéliste lui attribue une signification particulière dans le développement de son récit.

La place considérable accordée à cette intervention laisse supposer qu'Étienne eut la possibilité de s'exprimer longuement devant le Sanhédrin. Luc avait déjà souligné que son visage apparaissait aux membres du conseil « comme le visage d'un ange » (Actes des apôtres 6.15). Cette remarque pourrait expliquer, au moins en partie, pourquoi l'accusé fut autorisé à développer aussi largement son argumentation.

Toutefois, comme pour les autres discours des Actes, il est probable que Luc n'a pas cherché à reproduire l'intégralité des paroles prononcées. Fidèle à la méthode qu'il expose au début de son Évangile, il semble avoir retenu les éléments qu'il jugeait les plus significatifs (Luc 1.1-4).

2- Une interprétation de l'histoire du salut

L'argumentation d'Étienne repose sur une idée directrice particulièrement forte. En retraçant les grandes étapes de l'histoire d'Israël, depuis Abraham jusqu'à Salomon, il montre que les envoyés de Dieu ont fréquemment été incompris ou rejetés par ceux auxquels ils étaient destinés.

Joseph fut rejeté par ses frères, Moïse fut contesté par son peuple et les prophètes furent persécutés. Cette longue succession d'oppositions trouve son aboutissement dans le rejet du Messie lui-même, Jésus de Nazareth.

Le discours d'Étienne ne constitue donc pas une simple rétrospective historique. Il s'agit avant tout d'une interprétation théologique de l'histoire du salut, destinée à montrer la continuité entre l'infidélité des générations passées et l'attitude des contemporains de Jésus.

3- La place centrale de Moïse

La place considérable accordée à Moïse n'est nullement fortuite. Étienne consacre la plus grande partie de son discours à cette figure majeure de l'histoire d'Israël et met particulièrement en lumière les épisodes qui révèlent le rejet du grand législateur par son propre peuple.

Il rappelle notamment que celui qui avait été choisi par Dieu pour délivrer Israël fut d'abord méconnu et repoussé par ses frères (Actes des apôtres 7.25-28). Malgré les prodiges accomplis dans le désert, la génération sortie d'Égypte se détourna ensuite de lui pour revenir à l'idolâtrie lors de l'épisode du veau d'or (Actes des apôtres 7.39-41).

Par un remarquable renversement, celui qui est accusé de blasphémer contre Moïse apparaît au contraire comme celui qui en saisit le mieux la place dans l'histoire du salut.

4- L'accusé devient l'accusateur

Il est frappant de constater qu'Étienne ne cherche pas véritablement à assurer sa défense. Certes, il répond indirectement aux accusations portées contre lui concernant la Loi et le Temple, en manifestant sa parfaite connaissance des Écritures et son attachement à l'héritage d'Israël.

Toutefois, son objectif principal ne semble pas être d'obtenir son acquittement. À l'image des prophètes de l'Ancien Testament, il apparaît davantage préoccupé par la fidélité au message qu'il a reçu que par son propre sort.

Après avoir rappelé les grandes étapes de l'histoire d'Israël, il s'adresse directement aux membres du Sanhédrin :

« Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d'oreilles ! Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit ; ce que vos pères ont été, vous l'êtes aussi » (Actes des apôtres 7.51).

Il ajoute :

« Vous qui avez reçu la Loi d'après des commandements d'anges, et qui ne l'avez point gardée ! » (Actes des apôtres 7.53).

Ainsi, celui qui comparaît comme accusé devient progressivement l'accusateur de ses juges, lesquels se retrouvent à leur tour placés sous le jugement de la Parole de Dieu.

5- Étienne dans la lignée des prophètes et du Christ

Cette inversion rappelle plusieurs scènes des Évangiles dans lesquelles Jésus lui-même, tout en étant jugé, dévoile la responsabilité spirituelle de ses adversaires.

Comme son Maître, Étienne ne se contente pas de répondre aux accusations portées contre lui. Son discours ressemble davantage à une prédication prophétique qu'à une plaidoirie destinée à obtenir un acquittement.

Luc semble ainsi présenter Étienne dans la continuité des prophètes de l'Ancien Testament et dans les traces du Christ lui-même. L'accusé devient le témoin fidèle qui proclame la vérité sans compromis devant les plus hautes autorités religieuses du judaïsme.

6- L'effet du discours

Les paroles d'Étienne étaient d'une grande sévérité et ne pouvaient qu'exaspérer des hommes déjà hostiles à son témoignage. Dans le contexte tendu de cette comparution, une réaction violente de certains membres du conseil apparaît compréhensible.

Toutefois, il nous est impossible d'évaluer avec précision l'effet produit par ce discours sur les consciences de ceux qui l'entendirent. Tous les membres du Sanhédrin ne partageaient peut-être pas le même degré d'hostilité.

La présence de Saul lors de la lapidation (Actes des apôtres 7.58) montre que ce témoignage fut porté devant celui qui deviendrait plus tard l'apôtre Paul. Si rien ne permet d'affirmer que le discours d'Étienne joua un rôle direct dans sa conversion, il est difficile d'imaginer qu'un événement d'une telle intensité n'ait laissé aucune trace dans la mémoire du futur apôtre.

7- Un tournant majeur dans les Actes

Nous ne nous attarderons pas ici sur le contenu détaillé du discours, qui fera l'objet d'une étude particulière dans l'annexe intitulée : « Le discours d'Étienne ».

Signalons simplement que cette intervention constitue l'un des sommets théologiques du livre des Actes. L'hostilité atteint désormais son paroxysme et tout indique que les événements vont progressivement échapper à tout contrôle.

La comparution devant le Sanhédrin, qui n'avait peut-être pas pour objectif initial une condamnation capitale, semble dégénérer au chapitre suivant en une explosion de violence collective.

Dans la perspective de Luc, le témoignage d'Étienne marque un tournant majeur dans l'histoire de l'Église. Sa mort provoquera la dispersion des croyants et contribuera, paradoxalement, à l'expansion de l'Évangile au-delà de Jérusalem, conformément au programme missionnaire annoncé par Jésus (Actes des apôtres 1.8 ; Actes des apôtres 8.1-4).

(Actes des apôtres 1.8) ; (Actes des apôtres 8.1-4) – La dispersion des croyants et l'expansion de l'Évangile

(Actes des apôtres 6.15) ; (Luc 1.1-4) – Le cadre du discours d'Étienne et la méthode de Luc

(Actes des apôtres 7.25-28) ; (Actes des apôtres 7.39-41) – Moïse rejeté par son peuple

(Actes des apôtres 7.51) ; (Actes des apôtres 7.53) – L'accusation portée contre le Sanhédrin

(Actes des apôtres 7.58) – La présence de Saul lors de la lapidation d'Étienne

Comment Luc a t il pu recueillir des informations aussi précises sur cette comparution
Le discours d’Etienne
Le sanhédrin
Les synagogues de Jérusalem

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le discours d’Etienne
Le discours d'Étienne (Actes des apôtres 7.2-53) constitue le plus long discours rapporté dans les Actes des Apôtres et probablement l'un des plus remarquables sur les plans littéraire et théologique. À première vue, il peut apparaître comme une simple rétrospective de l'histoire d'Israël. INF371
La lapidation
La lapidation d'Étienne (Actes des apôtres 7.57-60) est le premier martyre chrétien rapporté en détail dans les Actes des Apôtres. Cet épisode soulève plusieurs questions historiques et juridiques. INF373
Le pays de Canaan
Le pays de Canaan, correspondant à l'actuel Israël, Palestine, Liban et parties de Jordanie et Syrie, est décrit comme 'le plus beau de tous les pays' dans la Bible. Peuplé par les Cananéens, Amorites, Hittites et Philistins, il constitue la terre promise au peuple hébreu. Deux étapes séparées de 470 ans marquent sa conquête : l'arrivée d'Abraham, puis la conquête de Josué après la captivité en Égypte et l'errance au désert. INF011
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Les synagogues de Jérusalem
Les synagogues de Jérusalem constituent un élément important du contexte de Actes des apôtres 6.1-7, car elles permettent probablement de mieux comprendre l'origine du conflit entre Hébreux et Hellénistes ainsi que l'organisation des premiers chrétiens. Au premier siècle, Jérusalem ne possédait pas une seule synagogue, mais probablement plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines. INF365
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/ada028-le-discours-detienne-devant-le-sanhedrin/, exportée le 01/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.