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La nomination des Sept et l'organisation de l'Église primitive

Ce passage décrit la première crise interne à laquelle fut confrontée l'Église de Jérusalem et la manière dont les apôtres y répondirent en instituant les Sept chargés de ce ministère...

En bref

Actes 6,1-7 relate la première crise interne de l'Église de Jérusalem, liée à la distribution inégale aux veuves. Pour y remédier, les Douze proposent de nommer sept hommes remplis du Saint-Esprit et de sagesse. Cette décision fondatrice distingue les ministères tout en affirmant leur complémentarité, et s'accompagne d'une croissance remarquable de la communauté chrétienne naissante.

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28 min
Références
43
Livres cités
1
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
19/06/2026
Mise à jour
23/06/2026
Personnages

Luc · Étienne · Philippe · les Douze · les apôtres · Joseph Barsabbas · Matthias · Judas Iscariote

Lieux

Jérusalem

Périodes

fin de l'année 33 · début de l'année 34 · Église primitive

Mots-clés

nomination des Sept · Actes des Apôtres · Église primitive · diacres · Jérusalem · ministère · organisation ecclésiale · Saint-Esprit · veuves · apôtres

Notions

organisation ecclésiale · répartition des ministères · service diaconal · imposition des mains · croissance de l'Église · unité communautaire · tension interne · ministère de la Parole · investiture apostolique · complémentarité des charismes

Références bibliques

Actes 6.1-7 · Actes 4.1-3 · Actes 5.17-18 · Actes 6.1 · Actes 6.2 · Actes 6.3 · Actes 6.4 · Actes 6.5 · Actes 2.42 · Actes 1.13 (+ 1, voir l'index)

Résumé

Cet article, portant la référence ADA025, analyse le passage des Actes des Apôtres 6,1-7, qui relate la nomination des Sept et les premiers pas de l'organisation institutionnelle de l'Église primitive de Jérusalem. Situé historiquement à la fin de l'année 33 ou au début de l'année 34, ce récit constitue l'un des moments fondateurs de la vie ecclésiale chrétienne naissante. Luc rapporte ici la première crise interne significative que traversa la communauté de Jérusalem. Cette crise ne découlait pas d'un désaccord théologique ou doctrinal, mais d'une tension pratique liée à la distribution quotidienne de vivres destinée aux veuves. Les veuves hellénophones, c'est-à-dire issues du milieu grec ou hellénisé, se plaignaient d'être négligées au profit des veuves hébraïphones. Cette situation révélait les défis structurels posés par la croissance spectaculaire et rapide de la communauté chrétienne, confrontée pour la première fois à une difficulté interne après avoir fait face à l'opposition extérieure des autorités religieuses juives. Face à cette tension, les Douze apôtres prirent une décision organisationnelle d'importance capitale. Ils estimèrent qu'il n'était ni convenable ni souhaitable pour eux de délaisser le ministère de la Parole et la prière afin de se consacrer personnellement à l'administration de l'assistance matérielle. Cette prise de position ne traduisait aucun mépris envers le service diaconal, mais exprimait une nécessaire répartition des responsabilités au sein de l'Église. Les apôtres entendaient demeurer fidèles à leur vocation première : la proclamation de l'Évangile et l'intercession, dans la continuité de l'enseignement apostolique souligné dès le début en Actes 2,42. La solution proposée consista à demander à l'assemblée de désigner sept hommes dignes de confiance pour assumer la charge de cette distribution. Les critères de sélection retenus sont particulièrement révélateurs de la vision spirituelle de l'Église primitive : les candidats devaient jouir d'une bonne réputation auprès de tous, être remplis du Saint-Esprit et faire preuve de sagesse pratique. Il est significatif que Luc insiste davantage sur les qualités spirituelles que sur les simples compétences administratives ou organisationnelles. Cela démontre que, dans la perspective de la communauté primitive, le service des plus démunis était lui-même considéré comme un véritable ministère spirituel, nécessitant la présence et l'action du Saint-Esprit. Luc prend soin de consigner les noms des sept hommes choisis par l'assemblée, comme il l'avait fait pour les Douze. Cette précision littéraire reflète l'importance historique et ecclésiologique que l'auteur accordait à ces personnages. Parmi les Sept figurent notamment Étienne et Philippe, dont les Actes montreront rapidement qu'ils exercèrent également un ministère de prédication et d'évangélisation d'une grande portée, bien au-delà de leur mission initiale de service aux tables. Cette réalité illustre la complémentarité entre service matériel et service spirituel, et montre que la distinction des fonctions n'impliquait pas une hiérarchie de valeur entre elles. La nomination des Sept s'accompagna d'un geste solennel : les apôtres prièrent et imposèrent les mains sur eux, signe de leur investiture officielle et de leur envoi en mission. Ce rite d'ordination primitif atteste la conscience qu'avait l'Église de la gravité et du caractère sacré de cet acte organisationnel. Le récit se conclut par une note éditoriale typiquement lucanienne soulignant la bénédiction divine qui accompagna cette réorganisation : la Parole de Dieu se répandait, le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem, et même un grand nombre de sacrificateurs obéissaient à la foi. Cette conclusion confirme la conviction théologique centrale de Luc selon laquelle une bonne organisation ecclésiale, loin de freiner la mission, en constitue au contraire un support indispensable. En définitive, cet épisode illustre de manière exemplaire comment l'Église primitive sut répondre à une crise interne avec discernement, en alliant fidélité aux priorités spirituelles, sens pratique de l'organisation et profond respect de la dignité de chaque ministère. La nomination des Sept demeure un modèle fondateur pour la réflexion ecclésiologique sur la gouvernance et le service dans la communauté chrétienne.

Consultation

Textes bibliques

Actes
Actes des apôtres 6.1-7 (Louis Segond S21)

A cette époque-là, alors que le nombre des disciples augmentait, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux parce que leurs veuves étaient négligées lors des distributions quotidiennes.

Les douze convoquèrent l'ensemble des disciples et dirent: «Il ne convient pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables.

C'est pourquoi, frères et sœurs, choisissez parmi vous sept hommes de qui l'on rende un bon témoignage, remplis d'Esprit [saint] et de sagesse, et nous les chargerons de ce travail.

Quant à nous, nous continuerons à nous consacrer à la prière et au ministère de la parole.»

Cette proposition plut à toute l'assemblée. Ils choisirent Etienne, un homme plein de foi et d'Esprit saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un non-Juif d'Antioche converti.

Ils les présentèrent aux apôtres et ils posèrent les mains sur eux en priant.

La parole de Dieu se propageait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem et une grande foule de prêtres obéissaient à la foi.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Ville de Jérusalem

Date : fin de l'année 33 ou début 34

Mode opératoire : Nous suivons Luc dans son second ouvrage

Note sur le mode opératoire : Ces informations se trouvent uniquement chez Luc

Carte Jérusalem et sa région

Luc relate la première crise interne que connut l'Église de Jérusalem et expose la solution mise en œuvre par les apôtres avec la désignation de sept hommes chargés de veiller à la bonne administration de l'assistance quotidienne.

1- La première crise interne de l'Église

Luc rapporte ici la première crise interne importante que connut l'Église de Jérusalem ainsi que les mesures adoptées par les apôtres pour y remédier. La nomination des Sept constitue une étape importante dans l'organisation de la communauté chrétienne naissante et dans la préservation de son unité.

La croissance rapide du nombre des disciples entraînait inévitablement l'apparition de nouvelles difficultés. Après avoir été confrontée à l'opposition des autorités religieuses (Actes des apôtres 4.1-3 ; Actes des apôtres 5.17-18), l'Église devait désormais faire face à des tensions provenant de son propre sein. Ces difficultés ne relevaient pas de divergences doctrinales, mais d'une question pratique liée à la distribution quotidienne destinée aux veuves (Actes des apôtres 6.1).

Dans la perspective de Luc, cette crise ne remet pas en cause l'unité de l'Église, mais révèle les défis que pose son développement rapide. Ainsi, la croissance spectaculaire de la communauté exigeait une organisation plus adaptée à ses besoins.

2- La priorité du ministère de la Parole

Les Douze comprirent qu'il n'était ni souhaitable ni convenable de délaisser le ministère de la Parole pour se consacrer eux-mêmes à l'administration de cette assistance matérielle (Actes des apôtres 6.2). Cette déclaration ne traduit aucun mépris à l'égard de ces tâches, mais souligne la nécessité d'une répartition des responsabilités au sein de l'Église.

Les apôtres entendaient persévérer dans la prière et dans le ministère de la Parole (Actes des apôtres 6.4). Cette double priorité rappelle l'importance accordée dès les débuts de l'Église à l'enseignement apostolique (Actes des apôtres 2.42). Dans la perspective de Luc, la proclamation de la Parole demeure l'une des missions essentielles confiées aux apôtres.

Loin d'opposer le service spirituel au service matériel, le récit montre au contraire leur complémentarité. Le bon fonctionnement de la communauté exigeait que chacun puisse exercer le ministère qui lui avait été confié.

3- Les qualités requises des Sept

Les hommes choisis devaient répondre à des critères particulièrement exigeants. Ils devaient jouir d'une bonne réputation, être remplis du Saint-Esprit et faire preuve de sagesse (Actes des apôtres 6.3).

Il est remarquable que Luc mette davantage l'accent sur les qualités spirituelles que sur les compétences administratives. Aux yeux des apôtres, le service des plus démunis constituait lui aussi un véritable ministère nécessitant l'action du Saint-Esprit.

Le fait que ces hommes soient reconnus comme étant remplis de l'Esprit montre que cette réalité produisait des effets visibles dans leur conduite, leur sagesse et leur témoignage. Ainsi, dans l'Église primitive, les responsabilités pratiques n'étaient nullement considérées comme secondaires ou purement matérielles.

4- Les Sept et les Douze

Comme il l'avait déjà fait pour les Douze (Actes des apôtres 1.13), Luc prend soin de conserver les noms des sept hommes désignés par l'assemblée (Actes des apôtres 6.5). Cette précision témoigne probablement de l'importance qu'il accordait à ces hommes appelés à jouer un rôle majeur dans les premiers développements de l'Église.

Il est intéressant de constater que Joseph Barsabbas, proposé avec Matthias lors du remplacement de Judas Iscariote (Actes des apôtres 1.23), ne figure pas dans cette liste. Cette absence s'explique vraisemblablement par le fait que les critères de sélection n'étaient pas les mêmes et que les responsabilités confiées aux Sept différaient de celles du ministère apostolique.

Par ailleurs, le livre des Actes montrera rapidement que certains d'entre eux, notamment Étienne et Philippe, exerceront également un important ministère de prédication et d'évangélisation (Actes des apôtres 6.8-10 ; Actes des apôtres 8.5-6). Le récit suggère ainsi que leur activité ne se limitait pas à la seule administration de l'assistance aux veuves.

5- Une nouvelle phase de croissance

Luc conclut cette section en mentionnant une nouvelle phase de croissance de l'Église. La Parole de Dieu continuait à se répandre et le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem (Actes des apôtres 6.7).

L'auteur ajoute qu'une grande foule de prêtres obéissait elle aussi à la foi (Actes des apôtres 6.7). Cette remarque est particulièrement significative. Alors même que les principaux sacrificateurs et les sadducéens s'efforçaient de faire taire les apôtres (Actes des apôtres 4.1-3 ; Actes des apôtres 5.17-18), de nombreux prêtres, familiers du Temple et des Écritures, reconnaissaient en Jésus le Messie annoncé par les prophètes.

Luc n'établit pas explicitement de lien de causalité entre la résolution de la crise évoquée dans les versets précédents et cette nouvelle progression du christianisme. Il est néanmoins remarquable que, dans son récit, les difficultés rencontrées par l'Église ne semblent jamais compromettre durablement son développement. Au contraire, les oppositions extérieures comme les tensions internes apparaissent régulièrement suivies de nouveaux progrès de la Parole de Dieu (Actes des apôtres 2.47 ; Actes des apôtres 5.14 ; Actes des apôtres 6.7 ; Actes des apôtres 12.24 ; Actes des apôtres 19.20).

Dans la perspective de Luc, cette progression constante manifeste la fidélité de Dieu à l'égard de son peuple et l'accomplissement du programme annoncé par le Christ avant son ascension (Actes des apôtres 1.8). Ainsi, l'un des thèmes majeurs du livre des Actes apparaît une nouvelle fois : malgré les oppositions et les obstacles, la Parole de Dieu poursuit sa progression conformément au dessein divin.

(Actes des apôtres 1.8) ; (Actes des apôtres 2.47) ; (Actes des apôtres 5.14) ; (Actes des apôtres 6.7) ; (Actes des apôtres 12.24) ; (Actes des apôtres 19.20) – La progression de l'Évangile

(Actes des apôtres 1.13) ; (Actes des apôtres 6.5) – Les Douze et les Sept

(Actes des apôtres 1.23) – Joseph Barsabbas et Matthias

(Actes des apôtres 2.42) ; (Actes des apôtres 6.4) – La prière et le ministère de la Parole

(Actes des apôtres 4.1-3) ; (Actes des apôtres 5.17-18) – L'opposition des autorités religieuses

(Actes des apôtres 6.1) – La plainte des Hellénistes

(Actes des apôtres 6.2) – La répartition des responsabilités

(Actes des apôtres 6.3) – Les qualités requises des Sept

(Actes des apôtres 6.5) – La nomination des Sept

(Actes des apôtres 6.7) – La croissance de l'Église et la conversion des prêtres

(Actes des apôtres 6.8-10) ; (Actes des apôtres 8.5-6) – Le ministère d'Étienne et de Philippe

Le choix des Sept
Une foule de prêtres
Joseph Barsabbas un serviteur oublié

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le choix des Sept
Le choix des Sept en Actes des apôtres 6.1-7 constitue une étape importante dans l'histoire de l'Église primitive. Ce passage révèle à la fois la croissance remarquable de la communauté chrétienne, les difficultés qu'elle rencontre et la sagesse avec laquelle les apôtres répondent à cette première crise interne. INF362
Sadducéens
Les Sadducéens étaient un groupe aristocratique et sacerdotal du judaïsme antique (200 av. J.-C. – 70 ap. J.-C.), contrôlant le Temple de Jérusalem et le Sanhédrin. Ils acceptaient uniquement le Pentateuque, niaient la résurrection des morts et l'existence des anges. Présents quinze fois dans le Nouveau Testament, ils jouèrent un rôle clé dans la condamnation de Jésus, notamment à travers Caïphe et Anne. Leur disparition coïncide avec la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF001
Une foule de prêtres
« La parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de prêtres obéissaient à la foi. » Cette remarque montre que l'Évangile ne touchait pas seulement le peuple, mais commençait également à pénétrer certains milieux religieux traditionnellement associés au Temple. INF363
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Actes 6.1-7 · Actes 4.1-3 · Actes 5.17-18 · Actes 6.1 · Actes 6.2 · Actes 6.3 · Actes 6.4 · Actes 6.5 · Actes 2.42 · Actes 1.13 · Actes 1.23

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://www.schilo.org/ada025-la-nomination-des-sept-et-lorganisation-de-leglise-primitive/, exportée le 26/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.